Le club des banques de développement se concentre sur le climat

Le directeur général de l'AFD Remy Rioux a pris la présidence d'IDFC le 15 octobre.

Le patron de l’Agence française de développement, Rémy Rioux, a pris pour deux ans les rênes d’IDFC, un club de 23 banques de développement représentant 3000 milliards de dollars. Objectif: mettre tous les investissements au service de l’agenda pour le développement durable.

Trouver des solutions pour atteindre les objectifs de développement durable, mais aussi ceux de l’Accord de Paris sur le climat : c’est la mission que se sont assigné les membres de l’International Development Finance Club (IDFC), un groupe de 23 banques nationales, régionales et internationales de développement.

Ces poids lourds du financement du développement se sont rassemblés depuis 2011 et pèsent 3 000 milliards de dollars, et 630 milliards de dollars de financement par an,  dont 100 milliards pour le climat. « Le poids financier de ce réseau est 4 à 5 fois celui de l’ensemble des banques multilatérales comme la Banque mondiale ou la Banque européenne d’investissement », explique  Alexis Bonnel, de l’Agence française de développement (AFD).

L’AFD, la KfW allemande, mais aussi les banques africaines de développement (BOAD et DBSA) ou la CDB chinoise font ainsi cause commune au sein de ce club pour porter leur message au sein des grandes discussions internationales, où  malgré leur poids financier considérable, elles n’ont que peu voix au chapitre. Seules manquent à l’appel les grandes banques anglo-saxonnes, au modèle financier orienté sur les dons, et non sur les prêts.

Nouvelle présidence 

Mi-octobre, c’est le patron de l’AFD, Rémy Rioux qui a pris la présidence d’IDFC pour un mandat de deux ans, après six ans de présidence allemande. L’ancien directeur de cabinet de Pierre Moscovici affiche clairement son ambition pour les 24 mois à venir. « La politique de développement, ce n’est plus de faire rayonner la France ! Nous ne sommes plus dans cette approche. Il s’agit plutôt de considérer ensemble  les biens communs, comme le climat » a-t-il expliqué.

COP 22 : la question des financements climat repoussée à 2018

La COP 22 s’est achevée le 18 novembre à Marrakech sans que la question des financements climatiques n’ait été tranchée, au grand dam des pays en voie de développement.

Le climat, qui est une des principales priorités de l’AFD, fait aujourd’hui figure d’enjeu commun. L’ensemble de grandes banques de développement prend peu à peu le pli, en verdissant  les investissements. « Actuellement, 50% des projets financés par l’AFD ont un impact favorable sur le climat. Et d’ici 2020, l’AFD doit devenir 100% compatible avec l’accord de Paris ».

Pendant son mandat, Rémy Rioux compte accentuer le mouvement, notamment sur le volet de la finance climat. « Les financiers ne sont pas dans la COP. C’est toute la difficulté des négociations du volet financier », explique-t-il. « C’est pourquoi les réunions parallèles à la COP sont très importantes pour faire se rencontrer les financiers, et ce sera le cas à l’initiative de l’IDFC, en marge de la COP23 » poursuit-il.

Réussite de l’Accord de Paris

« La réussite de l’accord de Paris viendra en grande partie des acteurs financiers. Je souhaite faire du club une force nouvelle aux côtés des organisations internationales pour la mise en œuvre des Objectifs de développement durable », souligne le nouveau président d’IDFC.

Les objectifs de développement durables adoptées par la communauté internationale en 2015, l’ont été « sans mode opératoire », regrette Alexis Bonnel. « Et la communauté financière, et surtout celle des banques de développement doit avancer sur ce sujet».

Parmi les chantiers prioritaires de Rémy Rioux figure également celui de la définition du financement de l’adaptation, une des pierres angulaires de la réussite de l’Accord de Paris sur le climat. Mais aussi des initiatives sur l’éducation et le développement urbain.

Club d’intérêt, IDFC pourrait aussi évoluer vers une force de frappe financière commune. En effet, un fonds commun au club pour accélérer des cofinancements entre les banques de développement est à l’étude. « Même si aujourd’hui il est un peu tôt pour connaitre le montant du fonds pour être efficace » explique Rémy Rioux.

L’ambition d’IDFC dans la lutte contre le réchauffement climatique aura rapidement l’occasion d’être mise à l’épreuve dès la COP23 qui se tiendra à Bonn, en Allemagne, du 6 au 17 novembre. Mais aussi à l’occasion du Sommet climat prévu à Paris le 12 décembre et organisé par Emmanuel Macron.

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