Les villes africaines cherchent leur modèle de développement

Kigali, une ville en pleine transformation. [@gateteviews/Twitter]

L’urbanisation du continent africain va s’accélérer au cours des 25 prochaines années. Pour s’adapter, les villes africaines pourront piocher dans l’expérience des villes européennes.

472 millions de personnes vivent déjà dans des villes en Afrique et ce chiffre va doubler ces 25 prochaines années, souligne un rapport de la Banque mondiale sur le développement des villes africaines. Malgré cette croissance rapide, et contrairement à d’autres régions de la planète, les villes d’Afrique subsahariennes demeurent fermées sur le monde.

Selon le rapport, les villes grandissent à mesure que la productivité augmente dans le secteur de l’agriculture et que la population quitte les zones rurales pour s’installer en ville. L’industrie de la manufacture en ville créée des liens commerciaux avec le monde, mais dans le cas de l’Afrique, ce lien est très faible.

En effet, au lieu de produire des biens et des services commercialisables à l’exportation, les villes africaines produisent des biens et des services consommés dans les villes même, explique Somik Vinak Lall, économiste en charge du développement territorial et spatial à la Banque mondiale.

« Le manque d’investissement est un défi, mais cela ne change pas le postulat de base selon lequel déménager en ville est une bonne chose », a-t-il indiqué lors d’une réunion d’un groupe d’experts sur le développement de l’Afrique organisée le 13 juin à Bruxelles par la présidence maltaise.

L’économiste a mentionné deux exemples de développement urbains réussis en dehors de l’Afrique : Schangai et Ho Chi Minh, où le nombre croissant d’habitants est lié au nombre croissant d’infrastructures. Ces villes sont devenues connues au niveau mondial pour les produits qui y sont fabriquées, comme l’industrie du textile et du vêtement par exemple.

« Syndrome hollandais »

« En Afrique, la situation est plus limitée, paradoxalement, car les pays africains ont découvert les ressources nationales », explique-t-il. Le boom des matières premières a causé le « syndrome hollandais », un phénomène économique qui relie l’exploitation de ressources naturelles au déclin de l’industrie manufacturière locale. L’entrée de devises étrangères provoque une appréciation de la devise, ce qui rend les autres produits du pays moins compétitif sur le marché de l’exportation.

Au Rwanda, les autorités ont fait beaucoup de travaux, ont rendu des terrains disponibles et ont assigné les droits de propriété correctement, explique-t-il. « Ils ne font pas ça petit à petit, mais de manière coordonnée », précise Somik Vinaj Lall, ajoutant que le résultat avait été une croissance économique remarquable ces dernières années.

Autre exemple du représentant de la Banque mondiale : l’Éthiopie. Le pays a en effet mis en place un secteur industriel performant en suivant les politiques d’urbanismes adéquates.

Tweet de Mike Sonko : L’Éthiopie a introduit le 1er système de stationnement intelligent d’Afrique. Je me rends à Addis Abeba pour en apprendre davantage.

 

Tweet de KenyanWallStreet : Les 10 meilleures et 10 pires villes d’Afrique en termes de croissance de l’emploi. Kigali et Lusaka sont en tête.

Quant à son impression après les discussions avec ses collègues et homologues européens, le spécialiste explique que sa première idée était que les secteurs privé et informel devraient être encouragés, en tant que partenaires importants dans le développement urbain en Afrique.

« La création d’emploi ne relève évidemment pas du gouvernement », mais le rôle du secteur public est de créer des incitations pour le secteur privé. « Ça vaut la peine d’y penser dans un contexte où l’on cherche des stratégies d’urbanisation pour l’Afrique », estime-t-il.

Une deuxième idée développée avec ses homologues européens est la nécessité de renforcer les institutions et les investissements dans les infrastructures de manière urgente. « Si vous ne parvenez pas à mettre en place de bonnes institutions de gestion des terres, le retour sur les infrastructures ne sera pas très élevé, surtout en termes de social », assure-t-il.

En termes d’actions concrètes, le représentant de la Banque mondiale a souligné le potentiel des programmes de partenariat jumelés, qui fonctionnent notamment dans le cadre logistique, comme pour l’approvisionnement en eau.

« Cela pourrait être d’une grande valeur en Afrique aujourd’hui », conclut-il.

La gestion des déchets s'exporte d'Edegem à San Jeronimo

Édition spéciale. La ville belge d’Edegem et la municipalité de San Jeronimo, au Pérou, collaborent depuis plusieurs années sur le compostage des déchets alimentaires. Un projet qui pourrait permettre au marché de Vinocanchón d’obtenir un label vert. 

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