Éradiquer l’extrême pauvreté est à notre portée

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Les investissements africains et européens doivent être fait dès aujourd’hui pour garantir le développement de l’Afrique pour les 50 prochaines années.

Dorine Nininahazwe est représentante auprès de l’Union africaine de l’ONG ONE, une organisation international de campagne et de plaidoyer qui lutte contre l’extrême pauvreté et les maladies évitables particulièrement en Afrique. 

En finir avec l’extrême pauvreté d’ici à 2030, c’est l’objectif ambitieux que la communauté internationale s’est fixé. L’extrême pauvreté, c’est en définition vivre avec moins de l’équivalent de 1,90 $ par jour, mais c’est en réalité bien plus complexe que cela. L’extrême pauvreté prive aussi ceux qui la subissent d’un accès à l’éducation ou à des infrastructures sanitaires de qualité, les empêche de subvenir à leurs besoins les plus basiques, et finalement, leur enlève toute opportunité d’atteindre leur plein potentiel. Aujourd’hui, 767 millions de personnes vivent encore sous le seuil d’extrême pauvreté en Afrique, et le combat contre ce fléau est loin d’être terminé. Mais en cette journée mondiale de l’Afrique, nous ne pouvons que reconnaître les progrès remarquables réalisés par le continent pour l’éliminer.

L’extrême richesse progresse encore en 2017

Selon un rapport d’Oxfam, 2017 enregistre une hausse historique du nombre de milliardaires.

 

Lors du plus grand rassemblement des dirigeants africains au dernier sommet de l’Union africaine, 44 pays africains sur 55 ont signé le texte d’une nouvelle zone de libre-échange continentale africaine, un accord historique après des années de négociations. Cette mesure rendra les économies africaines plus compétitives, stimulera le commerce intra-africain et diminuera les milliards dépensés pour acheter des biens en dehors du continent. En outre, les chefs d’État ont approuvé la vision du président rwandais Paul Kagamé sur la façon dont une Union africaine réformée pourrait contribuer à la prospérité du continent, et ont convenu que l’Afrique devrait être en charge de son propre destin.

Avec tout le potentiel que l’Afrique détient, il est maintenant temps de passer à l’action. Le continent est à l’aube d’une formidable transformation démographique, qui fera de l’Afrique le continent le plus jeune du monde d’ici à 2050. La jeunesse africaine est son plus grand atout : investir dans cette population grandissante maximiserait ses chances de tirer profit de ce dividende démographique. Pour cela, le continent devra créer 22,5 millions de nouveaux emplois tous les ans. Les pays africains ont clairement défini les domaines nécessitant des investissements accrus, comme l’éducation, la santé, l’emploi et l’émancipation des jeunes, ainsi que le renforcement de leur participation citoyenne et leur représentation au sein des gouvernements. De même, stimuler les investissements stratégiques dans l’agriculture pourrait créer des millions de nouveaux emplois, accroitre la rentabilité et combattre la malnutrition.

A cet instant critique, l’Afrique a besoin du soutien de ses partenaires les plus proches, en particulier européens. C’est pourquoi les négociations sur le prochain budget à long terme de l’Union européenne, le cadre financier pluriannuel (CFP), doivent garantir 40 milliards d’euros supplémentaires d’aide extérieure de l’UE par rapport au dernier budget. Avec un nouveau budget d’aide courant de 2020 à 2027 qui cible les régions qui en ont le plus besoin et donne la priorité aux secteurs essentiels, l’Union européenne a une opportunité unique d’accompagner l’Afrique et de l’aider à cultiver le potentiel de sa jeunesse en plein essor. Les deux continents pourraient ainsi ensemble contribuer à un incroyable développement de la croissance économique mondiale. C’est ce qu’on appelle un investissement gagnant-gagnant.

L'UE réorganise son aide au développement

La place de l’aide au développement dans le nouveau budget de l’UE ainsi que la réorganisation de ses instruments de mise en oeuvre inquiètent les ONG.

Les investissements des années à venir, tant africains qu’européens, détermineront la trajectoire du développement de l’Afrique pour les 50 prochaines années. Ils pourront positionner le continent vers la réalisation de l’« Afrique que nous voulons » (« Africa We Want »), un acteur et partenaire mondial fort, uni et influent, tel qu’envisagé dans l’Agenda 2063, le programme de l’Union africaine pour transformer le continent au cours des 50 prochaines années. Avec ses économies à croissance rapide, ses populations urbaines en plein essor, ses industries culturelles et créatives florissantes et son utilisation innovante des nouvelles technologies, l’Afrique inspire par son énergie et son enthousiasme. Investir en Afrique maintenant, ce n’est pas seulement la bonne chose à faire, c’est le meilleur investissement que l’Europe puisse faire.

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