« Nous ne pouvons pas laisser les inégalités alimentaires s’installer en Europe »

La qualité des aliments n’est pas la même en Europe occidentale qu’en Europe centrale et de l’Est, affirme l’eurodéputée Daciana Sârbu, qui appelle Bruxelles à davantage contrôler ces inégalités alimentaires. Une interview d’ Euractiv Roumanie

L’eurodéputée roumaine Daciana Sârbu (S&D) appartient au Parti social-démocrate. Elle est vice-présidente de la commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire du Parlement européen (ENVI).

En ce qui concerne la qualité des produits, ce qui est vendu en Europe occidentale est très différent de ce qui est vendu ailleurs. Qu’en pensez-vous ?

J’ai soulevé ce problème auprès de la Commission européenne puisqu’il est visible dans un certain nombre de pays, aux côtés de mon collègue  Pavel Poc (République tchèque, S&D,. Nous avons besoin d’une décision au niveau gouvernemental pour analyser et comparer les produits. J’entends souvent le même refrain, « peux-tu nous ramener tel type de shampoing de Bruxelles » et je réponds « mais on en a ici aussi » et puis « oui, mais ce n’est pas la même chose ».

Pourtant c’est le même emballage. Les fabricants sortent toute une flopée d’excuses, ils assurent que l’eau est différente ou que les goûts des gens varient. Une action à échelle européenne est donc nécessaire, un organe de contrôle de la qualité, une sorte d’agence. Et pour ce qui est de la Roumanie, nous avons besoin d’une étude comparative, semblable à celle menée en République tchèque, pour que nous puissions énoncer clairement nos arguments.

Les autorités roumaines ont annoncé qu’elles allaient entamer une analyse.

Selon les résultats de cette étude comparative, nous demanderons à la Commission d’agir. L’Europe est un marché libre, mais nous ne pouvons pas être dans une situation où à l’Est, on nous vend des produits de basse qualité, soit parce que les consommateurs sont moins sensibilisés soit parce que les prix sont bas.

Ce mois-ci, nous organiserons un débat avec des collègues d’autres pays au Parlement européen sur la qualité des produits et nous inviterons la Commission et les représentants des gouvernements nationaux, d’autres eurodéputés, des chercheurs et des associations de consommateurs.

La Roumanie se classe seconde en Europe en termes d’obésité infantile. Quelles sont les causes de ce mauvais résultat, d’après vous ?

D’abord, c’est la nutrition. Et puis le manque d’informations. Je pense que les futures mamans par exemple devraient recevoir un minimum de formation sur la manière de nourrir leurs enfants. D’autres pays proposent ce genre de cours où les mères apprennent à donner à leurs enfants une nourriture saine. Les mauvaises habitudes alimentaires font également partie des causes. Il est vrai que les facteurs économiques ne peuvent être ignorés, car malheureusement, les gens choisissent la nourriture qu’ils achètent selon son prix, ce qui entraine souvent des achats de produits de basse qualité. Je pense donc qu’il est temps d’encourager les producteurs locaux, car leurs produits sont frais, souvent moins chers et plus naturels.

Nous n’avons pas l’habitude d’aller à l’épicerie ou au marché ; alors nous finissons par aller au supermarché où tout est emballé. Nous ne savons pas lire les étiquettes, nous choisissons des produits selon leur emballage et nous en subissons les conséquences. D’un autre côté, l’obésité est un problème pour toute l’Europe et qui n’affecte pas seulement les enfants, mais aussi les adultes.

Récemment, le Parlement européen a adopté une résolution pour limiter les acides gras trans. Nous attendons désormais une  proposition de la Commission. Actuellement, l’UE n’impose pas de limites, mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de limiter la consommation d’acides gras trans à 1 % de la consommation journalière. Nous devons nous inspirer du Danemark, où les matières grasses et ces acides ont été limités à 2 % depuis 2013.

Les Danois affirment que des changements ont été observés deux après avoir fixé cette limite. Je suis aussi convaincue qu’il y a un lien entre les cas d’obésité et une faible consommation de ces acides gras trans.

Les pays européens inégaux devant l'obésité infantile

D’après un récent rapport, les familles ne sont pas en mesure de lutter contre l’obésité sans l’aide du gouvernement dans les pays européens

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