L’industrie des spiritueux rechigne à mieux renseigner ses étiquettes

Les représentants de l’industrie rencontreront Vytenis Andriukaitis, le commissaire européen pour la santé et la sécurité alimentaire, le 12 mars pour présenter leur proposition. [Shutterstock]

Les producteurs d’alcool envisagent de donner des informations en ligne et non sur les bouteilles. Ce qui irrite les représentants des consommateurs.

Les représentants de l’industrie des spiritueux doivent rencontrer le commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire, le 12 mars.

« Une fois que nous recevrons la proposition, la Commission entamera immédiatement l’examen de la proposition d’autoréglementation. Nous l’évaluerons à la lumière du règlement concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires et du rapport de la Commission », a déclaré le porte-parole de la Commission. « Conformément à sa stratégie pour mieux-légiférer, l’exécutif européen assurera la transparence du processus d’évaluation de la proposition du secteur des spiritueux. »

Si la Commission estime que la proposition n’est pas satisfaisante, elle lancera une analyse d’impact pour examiner les autres options envisageables, conformément aux principes du mieux-légiférer.

La « flexibilité » sera un élément essentiel de la proposition de l’industrie, ce qui signifie que les fabricants auront deux possibilités : mettre les informations directement sur l’étiquette du produit et en ligne ou les mettre seulement en ligne.

Selon l’industrie, l’étiquetage en ligne donne plus d’informations nutritionnelles aux consommateurs car l’espace disponible est plus important.

Les ONG de défense des consommateurs, en revanche, estiment que l’étiquetage en ligne n’est pas suffisant ou même trompeur, car tous les consommateurs n’ont pas nécessairement accès à Internet. « Près de 35 % des Européens de l’ouest ne possèdent pas de smartphone, ce qui empêche l’utilisation de codes QR », a déclaré Aleksandra Kaczmarek, membre de l’Alliance politique européenne sur l’alcool (Eurocare), à Euractiv.

Déjà 3 ans de retard pour l'étiquetage de l'alcool

La Commission européenne a présenté sa proposition sur l’étiquetage des alcools avec deux ans de retard. Elle donne un an à l’industrie pour élaborer une proposition d’« autorégulation ».

Interrogé sur la position de la Commission sur l’étiquetage en ligne, le porte-parole de l’UE a répondu : « les besoins et les attentes des consommateurs devraient être les principaux moteurs de l’industrie ». Des sources ont indiqué à Euractiv que si l’étiquetage en ligne était optionnel dans la proposition, il devrait être analysé en fonction des besoins et des attentes des consommateurs.

Selon un rapport de la Commission, les « consommateurs sont particulièrement désireux de recevoir pour les boissons alcoolisées, les mêmes informations sur les ingrédients et les valeurs nutritionnelles qui sont actuellement fournies pour les autres denrées alimentaires et boissons ».

Cependant, l’avis des consommateurs sur l’étiquetage en ligne n’est pas encore clair.

Arunas Vinciunas, le chef de cabinet de Vytenis Andriukaitis, a été interrogé sur la position de la Commission sur l’étiquetage en ligne lors d’un événement Euractiv le 24 janvier. Il a répondu en demandant au public combien d’entre eux lisaient les informations en ligne pour les produits qu’ils achetaient. Très peu d’entre eux ont levé la main.

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