Le grillon, un aliment bon pour la planète et l’intestin

Le grillon, un aliment très sain. [shutterstock]

Manger des grillons bénéficie à la planète, mais aussi à la santé, selon une nouvelle étude qui se penche sur le microbiote intestinal. L’EFSA prépare une recommandation sur le sujet pour 2019.

Les grillons et autres insectes comestibles, riches en protéines, sont à la mode dans certains cercles d’Europe et d’Amérique du Nord. Une étude publiée par Scientific Reports vient de découvrir qu’en plus d’être un aliment sain à hautes doses, les grillons semblent permettre une réduction générale des inflammations dans le corps, grâce à une teneur en chitine et autres fibres bénéfiques à l’équilibre intestinal.

Un nouvel essai clinique, mené par le Nelson Institute for Environmental Studies de l’Université du Wisconsin-Madison, s’est penché sur les effets de la consommation des grillons sur le microbiote humain.

Dans cette étude, l’équipe de recherche a évalué les effets de la consommation de grillons sur la composition du microbiote intestinal. Vingt adultes en bonne santé ont participé à cette expérience alimentaire croisée de six semaines. Tous les jours, ils ont mangé 25 grammes de farine d’insectes sous forme de muffins ou de boissons.

« Les insectes comestibles sont considérés comme une excellente source de protéines et d’autres nutriments, mais ils fournissent également une source de fibres relativement peu étudiée, la chitine, qui pourrait influencer le microbiote intestinal », explique l’équipe de recherche.

La chitine est différente des fibres alimentaires que l’on trouve dans les aliments comme les fruits et les légumes et a notamment des applications dans la santé, l’administration des médicaments, l’agriculture, la thérapie génique, la technologie alimentaire, la nanotechnologie et la bioénergie.

Outre le fait que la consommation de ces farines s’est avérée toute à fait sûre, l’équipe a même constaté une augmentation des bactéries intestinales bénéfiques comme Bifidobacterium animalis, une souche qui a été associée à une fonction gastro-intestinale améliorée.

Les auteurs de l’étude soulignent toutefois que des recherches plus nombreuses et plus vastes sont nécessaires pour reproduire ces résultats et déterminer quelles composantes des grillons peuvent contribuer à améliorer la santé intestinale.

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Marché en explosion

L’entomophagie, consommation des insectes, existe depuis le début de l’histoire humaine partout dans le monde. Aujourd’hui encore, environ deux milliards de personnes consomment régulièrement des insectes. Ce nombre devrait croître à mesure que la demande en Amérique du Nord et en Europe augmente.

Selon la société d’études de marché Meticulous Research, le marché mondial des insectes comestibles devrait croître à un taux annuel de 23,8% pour atteindre 1,8 million d’euros en 2023.

Cela s’explique principalement par « l’accroissement de la population et la diminution des ressources alimentaires, la demande croissante d’aliments riches en protéines, le coût élevé des protéines animales, la durabilité environnementale, la valeur nutritionnelle élevée des insectes et le faible risque de transmission de maladies zoonotiques », indique son rapport de recherche.

Les analystes estiment toutefois que certains facteurs, comme les barrières psychologiques et éthiques, ou les allergies, pourraient freiner cette croissance

Le rapport cite une étude publiée par Global Market Insight, qui prévoit une augmentation de 43 % du marché européen- mené par l’Allemagne et la France –  des insectes comestibles d’ici 2024.

Tous les indicateurs sont donc au vert pour les insectes comestibles. Maïté Mercier, cofondatrice de la start-up bruxelloise Little Food, a déclaré à Euractiv que de nombreux projets de produits alimentaires à base d’insectes en Europe sont en attente de l’approbation de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

« Nous attendons une réponse début 2019 et nous pensons qu’elle sera positive », a-t-elle assuré.

En Europe, le règlement de l’UE sur les nouveaux aliments, entré en vigueur en janvier dernier, a étendu les catégories d’aliments nouveaux aux catégories spécifiques telles que les insectes, les vitamines et les minéraux, en plus des aliments issus de plantes, d’animaux, de micro-organismes et de cultures de cellules.

Le texte vise à améliorer les conditions afin que les entreprises du secteur alimentaire puissent facilement mettre sur le marché de l’UE des aliments nouveaux et innovants, tout en maintenant un niveau élevé de sécurité alimentaire pour les consommateurs européens.

« Si l’EFSA donne son accord, le marché européen des insectes comestibles s’ouvrira. Parce que non seulement les entreprises européennes commenceront à développer leurs activités en Europe, mais d’autres producteurs étrangers, comme au Canada, aux États-Unis ou en Thaïlande, exporteront également leurs produits sur le marché européen, donc nous devons être prêts », conclut Maïté Mercier.

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