Après la France, le Nutri-Score pourrait s’exporter en Europe

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La France vient d’adopter un code couleur permettant de mieux informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des aliments. Et compte maintenant encourager l’utilisation du Nutri-Score au niveau européen.

La ministre de la Solidarité et de la Santé Agnès Buzyn et le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Stéphane Travert ont signé à Paris, ce mardi 31 octobre, l’arrêté officialisant l’étiquetage « Nutri-score » sur les produits alimentaires. Salué par UFC Que Choisir comme par les industriels volontaires, le dispositif établit un code de cinq couleurs sur les emballages : allant de vert pour un produit sain à orange foncé pour un produit riche en sucre, sel, oléagineux ou saturé en graisse.

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Le projet se base sur les travaux scientifiques menés par Serge Hercberg, chercheur à l’Eren, l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle, rattachée à l’Inserm, l’INRA et l’université Paris-XIII. L’évaluation des produits est réalisée par un algorithme, qui détermine le code couleur adapté au regard de leur composition. Il s’agit d’informer plus efficacement les consommateurs, alors que l’obésité touche 17% des Français.

Un système basé sur le volontariat

« Les industriels doivent désormais s’engager » rappelle Alain Bazot, président de l’association de consommateurs UFC que choisir, pour qui la signature de l’arrêté est un point de départ. « Beaucoup d’industriels, comme Nestlé ou Coca-Cola, refusent pour l’instant d’utiliser l’étiquetage Nutri-Score et ont développé un affichage concurrent beaucoup plus opaque » regrette-t-il. La publicité donnée au Nutri-Score devrait toutefois suffir à les convaincre.

L’arrêté signé par les ministres ne rend pas obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur les emballages. « La mise en œuvre de l’étiquetage est  fondée sur le volontariat des industriels. Nous avons souhaité promouvoir la coopération plutôt que la coercition » affirme Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Économie et des Finances. « Quand on impose une norme, les industriels contournent la norme », poursuit-il.

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Toujours est-il que l’étiquetage est déjà plébiscité par un grand nombre d’industriels, comme Danone, Fleury-Michon, ou Auchan. Le groupe, présent dans 8 pays de l’Union européenne, compte généraliser le dispositif au cours des prochains mois.

« de consommateurs à « consom’acteurs » »

« La balle est désormais dans le camp des consommateurs et des industriels » estime Michèle Rivasi, députée les Verts au Parlement de Strasbourg, qui avait porté un projet similaire sur le plan européen. « Les consommateurs disposent maintenant d’un étiquetage clair qui le permettra de connaître la qualité alimentaire des produits. Ils vont naturellement boycotter les produits des industriels qui refusent l’étiquetage » espère-t-elle.

Le Nutri Score pourrait d’ailleurs s’exporter ailleurs en Europe. Agnès Buzyn compte soumettre l’idée d’une généralisation de l’étiquetage à la Commission européenne. « Bonne chance ! », lui répond Michèle Rivasi, qui avait échoué à convaincre le Parlement européen de la pertinence du modèle en 2011. La députée européenne garde toutefois espoir : « la Commission européenne a été très surprise de voir que les industriels français s’emparaient aussi facilement du Nutri Score », confie-t-elle.

Aujourd’hui, les règles européennes en matière d’étiquetage laissent à la discrétion des Etats membres l’adoption d’un code graphique tel que le Nutri-score.