L’UE donne son feu vert à la première mise sur le marché d’un insecte comestible

Cette décision fait suite à une évaluation positive du risque que représente le ver de farine jaune - qui désigne les larves du coléoptère Tenebrio molitor - que l'agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendue en janvier. [SHUTTERSTOCK]

Les vers de farine jaunes séchés sont devenus le premier insecte comestible à obtenir le feu vert pour une autorisation de mise sur le marché dans l’UE après avoir reçu l’approbation des États membres dans une décision historique.

La première autorisation de mise sur le marché d’insectes destinés à la consommation humaine dans l’UE a été accordée lundi 3 mai par le comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux (scoPAFF), qui réunit des représentants des États membres et est présidé par un représentant de la Commission.

Cette décision fait suite à une évaluation positive du risque que représente le ver de farine jaune – qui désigne les larves du coléoptère Tenebrio molitor – que l’agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendue en janvier.

Cette évaluation scientifique du ver de farine jaune, soit sous forme d’insecte entier séché, soit sous forme de poudre, était requise après la demande soumise par la société française EAP Group Agronutris en 2018.

L’avis de l’EFSA a conclu que l’insecte était sûr dans les conditions d’utilisation proposées, mais a mis en évidence certaines préoccupations allergènes, en particulier chez les personnes ayant une allergie connue aux crustacés et aux acariens.

Premier feu vert de l'EFSA pour la consommation de vers de farine

Les vers de farine sont sans danger pour la consommation humaine selon un nouvel avis de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), ouvrant la voie à une première approbation à l’échelle de l’Union européenne (UE).

En conséquence, le panel de l’EFSA a recommandé que « des recherches soient entreprises sur l’allergénicité du ver de farine jaune ».

Après le feu vert des États membres, l’exécutif européen devrait maintenant rédiger et adopter dans les prochaines semaines une législation autorisant l’introduction de l’insecte sur le marché en tant que nouvel aliment.

Un nouvel aliment est défini comme un aliment qui n’était pas consommé de manière significative dans l’UE avant le 15 mai 1997, date à laquelle la première législation sur les nouveaux aliments est entrée en vigueur.

Cette catégorie d’aliments fait référence soit à des composés nouvellement synthétisés, dérivés de nouvelles sources ou produits à l’aide de nouvelles technologies, soit à des aliments traditionnellement consommés en dehors de l’UE.

Une mise à jour du règlement de l’UE sur les nouveaux aliments est entrée en vigueur en janvier 2018 dans le but de permettre aux entreprises alimentaires de commercialiser plus facilement et plus rapidement des aliments nouveaux et innovants sur le marché de l’UE tout en maintenant des niveaux élevés de sécurité alimentaire.

Depuis lors, l’EFSA a reçu 15 demandes de nouveaux aliments liés aux insectes, dont 11 sont entrées dans le processus d’évaluation de la sécurité et les quatre autres sont en cours de contrôle d’adéquation.

Un arrêt récent de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a déclaré que les insectes entiers doivent être considérés comme des nouveaux aliments au titre du règlement sur les nouveaux aliments de 2018, ce qui nécessite une approbation officielle en tant que telle.

Si les aliments à base d’insectes ont jusqu’à présent été un produit de niche, ils sont considérés comme une solution prometteuse aux défis de durabilité auxquels l’industrie alimentaire est confrontée, offrant une source durable de protéines qui peut être cultivée avec des ressources minimales.

Selon la Commission européenne, cette utilisation des insectes comme source alternative de protéines n’est pas nouvelle et les insectes sont régulièrement consommés dans de nombreuses régions du monde.

« C’est aux consommateurs de décider s’ils veulent manger des insectes ou non », indique une note sur la page web de l’exécutif européen.

La politique alimentaire phare de la Commission, la stratégie « de la ferme à la table » (F2F), soutiendra la création de « matières premières pour aliments des animaux et de denrées alimentaires durables et nouvelles », en citant les insectes parmi ces innovations potentielles.

Dans le cadre du programme de financement de l’innovation de l’UE, Horizon Europe, les protéines à base d’insectes sont considérées comme l’un des principaux domaines de recherche.

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