Protéines et boissons énergisantes : les aliments pour sportifs veulent des règles européennes

Les règles sur les aliments destinés aux sportifs varient d'un État à l'autre. [Chun Kit To/Flickr]

Quatre associations demandent d’harmoniser les règles des aliments pour sportifs en UE.

La Commission européenne avait en 2016 adopté un rapport sur les aliments destinés aux sportifs, et reconnu que le sport était clairement devenu populaire au sein des populations.

« Par conséquent, les personnes pratiquant une activité sportive ne peuvent plus être caractérisées comme un groupe de consommateurs spécifique, mais plutôt comme une groupe cible de la population dans son ensemble, protégé par un degré approprié de législation horizontale », indique le rapport, qui souligne par ailleurs que de tels produits ciblent de plus en plus la population globale.

Le rapport poursuit en disant que les règles horizontales de l’UE en matière d’alimentation fournissent des garanties nécessaires pour ces produits en termes de sécurité alimentaire, de composition, d’information du consommateur et de sécurité juridique.

Pourtant, selon l’industrie, le cadre actuel ne garantit pas un usage approprié de ces aliments pour les consommateurs, et les différentes interprétations de la loi européenne au niveau national « créent des barrières au commerce entre États membres ».

En d’autres termes, l’industrie estime que la diversité des règles nationales menace le fonctionnement du marché unique européen.

« Cela créé des fardeaux opérationnels et fait obstacle à l’innovation des entreprises », indique le communiqué des associations, qui ajoutent que cela entrave l’accès des consommateurs à des produits équivalents ou égaux dans tous les États membres.

Le rapport de l’exécutif européen reconnaît que les aliments destinés aux sportifs peuvent inclure des spécificités que la Commission doit prendre en compte dans l’application et la mise en œuvre des règles horizontales.

Les quatre associations de l’industrie soutiennent toutefois que pour l’instant « de telles mesures n’ont pas été prises ».

Les États membres aux manettes

Roger Clarke, président de l’association Specialised Nutrition Europe (SNE), a expliqué que les aliments destinés aux sportifs étaient spécifiquement créés pour répondre aux besoins nutritionnels des athlètes lors d’une performance ou lors de la récupération.

Si un cadre réglementaire harmonisé n’est pas mis en place, « les consommateurs n’auront pas accès aux informations dont ils ont besoin pour consommer ces aliments de manière sûre et appropriée », estime-t-il.

Un porte-parole de la Commission a souligné que le droit européen permettait aux États membres d’adopter des règles nationales dans des domaines non harmonisés au niveau européen, à condition que ces mesures soient compatibles avec les règles en vigueur sur la libre-circulation des biens.

« Ces mesures doivent être justifiées et proportionnelles à l’objectif à atteindre […] elles doivent être déclarées à la Commission, qui évaluera leur compatibilité avec le droit européen », a ajouté le porte-parole, contacté par Euractiv.

Contexte

Plus d'information