Des eurodéputés tirent la sonnette d’alarme sur l’étiquetage de l’alcool

Avec trois ans de retard, l'industrie a proposé des règles pour l'étiquetage de l'alcool qui ne convainquent pas. [Shutterstock]

Un groupe d’eurodéputés appelle la Commission à rejeter une proposition de l’industrie sur l’étiquetage de l’alcool, qui instaure un régime préférentiel pour les boissons alcoolisées. 

Seize eurodéputés des sociaux-démocrates (S&D), du Parti populaire européen (PPE) et des Verts/ALE ont récemment envoyé une lettre à plusieurs commissaires, dont le président Jean-Claude Juncker, sur le dossier de l’étiquetage de l’alcool.

Dans ce courrier, les élus européens affirment que la proposition de l’industrie sur l’étiquetage de l’alcool  est une « déception », et demandent à l’exécutif de ne pas se fonder sur cette proposition.

Les boissons alcoolisées sont actuellement exemptées de certaines parties du règlement relatif à l’information des consommateurs sur les aliments, qui exige que des informations nutritionnelles soient fournies par portion de 100 ml.

« La situation actuelle a créé des disparités sur le marché intérieur, où un producteur de lait a une charge administrative plus lourde qu’un producteur de vodka. Nous pensons que l’UE devrait permettre à tous les opérateurs économiques de jouer à armes égales et ne pas favoriser les producteurs d’une catégorie de marchandises », défendent les élus européens.

« Les institutions européennes devraient aligner les règles sur les boissons alcoolisées sur la réglementation de l’UE en matière d’information des consommateurs sur les aliments », ont-ils ajouté.

Les producteurs d’alcool défendent un étiquetage en ligne

Les informations sur le vin, la bière, les spiritueux et le cidre pourraient être indiquées en ligne plutôt que sur les bouteilles, propose l’industrie de l’alcool dans le cadre de la réforme européenne l’étiquetage.

En mars dernier, l’industrie de l’alcool a présenté une très attendue proposition d’autoréglementation sur l’étiquetage. La principale caractéristique de cette proposition était la flexibilité dont bénéficieraient les différents secteurs de l’alcool.

Le principe général est que les producteurs individuels pourront décider des informations qu’ils fourniront sur l’étiquette et en ligne. Certains, notamment les nombreuses PME et micro-entreprises qui produisent des boissons alcoolisées, ne fourniraient donc les informations en question que sur un site Internet.

Les eurodéputés ont critiqué les pressions exercées par l’industrie pour obtenir l’autorisation de donner des informations « hors étiquette ». Pour eux, cela revient à priver de nombreux consommateur des informations nutritionnelles nécessaires.

« L’information non indiquée sur l’étiquette priverait des millions d’Européens de leur droit de savoir ce qu’ils consomment. Moins de deux tiers des Européens utilisent des smartphones et la proposition d’introduire un site web, via des codes QR comme alternative à l’étiquetage devraient être rejetés par tout organisme public », affirment-ils.

En juin, le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, déclarait de fait à Euractiv que l’exécutif n’était « pas satisfait de la proposition ».

« Notre ligne d’action est claire et nous procédons à l’évaluation juridique [de la proposition]. À première vue, je ne suis pas satisfait de la proposition parce qu’elle n’est pas cohérente et qu’elle n’aborde pas certaines questions liées à l’information des consommateurs, or les consommateurs devraient être pleinement informés. Mais nous devons d’abord voir ce que diront nos avocats », avait-il expliqué.

L'industrie des spiritueux rechigne à mieux renseigner ses étiquettes

Les producteurs d’alcool envisagent de donner des informations en ligne et non sur les bouteilles. Ce qui irrite les représentants des consommateurs.

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