L’industrie refuse de mettre plus de gras dans ses barres protéinées

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Les taux de lipides et de protéines des susbsituts de repas doivent augmenter en octobre, suite à un vote du Parlement européen. Une mesure qui risquerait d’augmenter l’obésité , selon des industriels.

Les substituts alimentaires sont conçus pour aider à la perte de poids en remplaçant les repas par des boissons, smoothies ou barres à faibles calories.

Selon une recherche scientifique,  ils peuvent permettre de perdre du poids et de maintenir une corpulence saine à long terme. Selon l’industrie, leur consommation aurait un impact positif sur les maladies non transmissibles et liées à l’obésité comme le diabète, les problèmes de genoux, les maladies cardiovasculaires, et constituerait donc un bénéfice de santé publique.

En 2015, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié une opinion scientifique afin d’accroître le taux d’acides gras et de protéines dans les substituts alimentaires.

Ces produits doivent contenir « tous les nutriments indispensables » pour être « sans danger et adaptés » lorsqu’ils sont consommés en tant qu’unique source de nutrition, pendant plusieurs semaines, voire des mois, par des adultes en surpoids ou obèses lors de régimes hypocaloriques destinés à la perte de poids.

Les taux exigés sont plus élevés que ceux des produits fabriqués actuellement par l’industrie. Le Parlement a voté en faveur de leur augmentation à une très étroite majorité (345 contre 344) le 13 septembre.

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Produits rances

L’industrie soutient quant à elle que ces nouvelles exigences donneront aux substituts alimentaires « un goût désagréable, une texture rebutante, et qu’ils deviendront rances rapidement », estime Anthony Leeds, directeur du groupe industriel européen pour les régimes à très basses calories.

« L’Autorité européenne de sécurité des aliments a ouvertement reconnu que certaines de ses recommandations s’appuyaient sur la théorie plutôt que sur des preuves purement scientifiques. Cette loi n’est pas soutenue par des faits prouvant que les compositions actuelles sont dangereuses, et il n’existe aucune preuve scientifiques montrant que les futures modifications les rendraient plus sures pour les consommateurs », a-t-il déclaré.

Le directeur prévient aussi que la hausse des coûts de production se répercutera sur les consommateurs, qui pourraient ne plus se permettre ces produits. Par conséquent, « cela risque probablement d’aggraver le grave problème de santé publique qu’est l’obésité en Europe ».

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Les consommateurs se tourneront vers des régimes à la mode extrêmement restrictifs ou des chirurgies gastro-intestinales, qui sont disproportionnées et non règlementées, affirme l’industrie.

Julie Girling, eurodéputée britanniques du groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), est opposée au nouveau règlement. « Ces régimes à très faibles calories servent de substitut total à l’apport nutritionnel des individus – ils aident réellement les gens très obèses à perdre du poids et à éviter le diabète. Après 30 ans d’utilisation sans risque en Europe, ils sont toutefois amenés à disparaitre. C’est très préoccupant pour les personnes ayant sauvé leur vie et leur intégrité physique grâce à ces produits. »

Entre 30 et 70 % des adultes en Europe sont en surpoids et 10 à 30 % sont obèses, selon l’OMS. En outre, les coûts liés à l’obésité représentent 7 % des dépenses en santé publique.

L’industrie laitière satisfaite

Tout le monde n’est pas pessimiste : le secteur laitier européen se réjouit des nouvelles exigences de composition, affirmant qu’elles n’entraineront que de faibles hausses de coûts. La majorité des protéines contenues dans les substituts alimentaires proviennent du petit-lait, un produit dérivé de la production de fromage. Un taux de protéines plus élevé signifie donc plus de travail pour les producteurs de lait.

« L’opinion scientifique de l’EFSA conclut qu’un apport minimal journalier en protéines doit être assuré. Nous espérons vraiment que les eurodéputés soutiendront la motion soutenant les dernières preuves scientifiques », a déclaré Alexander Anton, responsable de l’association européenne de l’industrie laitière.

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