Viandes : Nathalie Loiseau veut une force d’inspection européenne

La ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau a de nouveau réclamé la création d’une « force européenne d’inspection sanitaire » pour mieux protéger les consommateurs après l’affaire de viande polonaise frauduleuse.

« Nous demandons depuis longtemps une force d’inspection sanitaire : les Européens ont le droit de savoir ce qu’il y a dans leur assiette, la qualité de l’air qu’ils respirent et de l’eau qu’ils consomment. Parce que les produits circulent, il faut donner à l’Union européenne une responsabilité qu’elle n’a pas encore », a-t-elle déclaré, invitée sur la radio privée RTL.

« L’Europe doit faire des progrès, c’est la raison pour laquelle il faut une responsabilité européenne, mais ce sont les États qui ont refusé que l’Europe inspecte les abattoirs », a-t-elle insisté.

« Aujourd’hui il n’y a pas assez d’Europe : ce sont les autorités sanitaires nationales qui ont la responsabilité de lutter contre les fraudes », a-t-elle poursuivi, en rappelant le scandale des « lasagnes » au cheval en France en 2013 dont le procès est en cours.

« Ça arrive maintenant en Pologne, c’est une raison de plus pour vouloir une Europe plus efficace. Nous demandons une force d’inspection sanitaire ».

Les autorités françaises ont assuré samedi soir que la totalité des près de 800 kg de viande polonaise écoulés frauduleusement, sans avoir été contrôlée, dans le pays avaient été localisés. Une partie du stock a déjà été commercialisée, parfois mélangée à d’autres viandes.

En Allemagne, l’idée d’un étiquetage obligatoire de la viande progresse

Selon un sondage publié par Greenpeace, nombre de grands vendeurs et producteurs de viande allemands verraient d’un bon œil l’instauration d’un étiquetage contraignant sur l’origine.

« En France, le système sanitaire fonctionne. S’agissant de l’UE, en 2013 la Chine a enregistré 40 000 scandales sanitaires, la même année, l’UE en comptait 40. C’est l’espace le mieux protégé au monde, même s’il faut toujours être plus exigeant ».

« C’est très exactement le sujet des (élections) européennes : pour qu’elle protège mieux les Européens, il y a des décisions à prendre et ça n’est pas en essayant de la détricoter, comme le dit Madame Le Pen, qu’on protègera mieux les Français », a-t-elle conclu.

Selon l’Inspection vétérinaire polonaise, 2,7 tonnes de cette viande ont été vendues dans treize pays membres de l’Union européenne –Allemagne, Espagne, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Suède–, tandis que 7 tonnes ont été distribuées dans une vingtaine de points de vente en Pologne.

L’affaire a été révélée par un journaliste polonais. Une équipe d’experts européens se rendra en Pologne la semaine prochaine pour évaluer la situation sur place.

La baisse de la consommation de viande est une tendance de fond

Coïncidence. Au moment où les ondes sont saturées de débats sur le bien-être animal, les Français continuent de réduire leur demande de produits carnés, révèle une étude du Crédoc. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

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