Consommer des céréales complètes réduit nettement le risque de décès prématurés

La consommation régulière de céréales complètes réduit grandement le risque de décès prématurés, selon un récent document de la FAO, l’agence onusienne chargée de l’alimentation. Pour promouvoir le recours à ces aliments au sein de l’UE, des lignes directrices communes devraient être édictées en 2022.

Lors d’un récent événement organisé à l’occasion de la Journée internationale des céréales complètes, Patrizia Fracassi, responsable de la nutrition et des systèmes alimentaires à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a évoqué les conclusions d’un document récent de l’institution portant sur les régimes alimentaires sains et durables. Selon ce dernier, la consommation de 50 grammes de céréales complètes par jour est associée à une « réduction de 19 à 24 % de la mortalité évitable (toutes causes confondues) chez les adultes ».

Plus important encore, a-t-elle ajouté, dans les 21 régions englobées par l’étude, une faible consommation de céréales complètes a été identifiée comme étant le « plus important facteur de risque de décès et de perte d’années de vie corrigées de l’inacapacité, une consommation inférieure à 50 grammes risquant de provoquer 3 millions de décès et 82 millions à l’échelle mondiale ».

« Ces conclusions montrent qu’il est nécessaire d’intégrer les céréales complètes dans un régime alimentaire sain et durable, conformément à l’objectif de développement durable qui vise à mettre fin à toutes les formes de malnutrition », a souligné Patrizia Fracassi.

Les céréales complètes désignent tout type de grain qui n’a pas été raffiné et conserve son enveloppe extérieure. Ces céréales sont plus riches en nutriments que les grains raffinés et offrent toute une série d’avantages pour l’environnement et la santé, ont relevé les intervenants.

Malgré des preuves solides attestant des bienfaits des céréales complètes pour la santé, leur consommation au sein de l’UE reste faible.

La politique alimentaire phare de l’UE, la stratégie « de la ferme à la table », souligne que si la consommation de viande rouge, de sucres, de sel et de graisses continue à dépasser les recommandations, la consommation de céréales complètes est « insuffisante ».

Tirer les leçons des expériences réussies 

L’un des principaux obstacles à l’augmentation de la consommation de céréales complètes dans l’UE est l’absence de définition claire, estime Gitte Laub Hansen, consultante de projet auprès de la Société danoise contre le cancer et de WholeEUGrain, un projet européen axé sur la promotion des céréales complètes.

Selon le « EU science hub », le service de la Commission européenne pour la science et la connaissance, les aliments à base de céréales complètes font l’objet de définitions différentes dans les différents États membres de l’UE et il n’existe pas de législation concernant leur étiquetage au niveau européen.

Cela dit, dans des pays comme le Danemark, la consommation de céréales complètes a augmenté grâce à l’instauration de directives claires sur ce qui constitue un produit à base de céréales complètes, associée à une intensive campagne de promotion.

La consommation de céréales complètes a ainsi atteint l’objectif de 75 grammes pour 10 mégajoules par jour chez la majorité des gens.

Combler le fossé en matière de santé

Cette augmentation de la consommation a en outre été observée dans l’ensemble du pays.

« Nous constatons qu’il existe de grandes inégalités sur le territoire européen », relève Gitte Laub Hansen. Alors, lorsque l’accent est mis sur l’amélioration de la consommation de céréales complètes, il faut prendre garde à ne pas creuser davantage le fossé des inégalités sociales en matière de santé, prévient-elle.

L’approche danoise a cependant permis au quartile inférieur des consommateurs de céréales complètes dans la population de doubler (au minimum) leur consommation.

« En réalité, nous sommes en train de réduire l’écart entre la partie de la population qui mange très sainement et celle qui mange moins sainement », ajoute-t-elle.

À l’heure actuelle, des études sont en cours pour étudier la meilleure façon de faire profiter d’autres pays européens de l’expérience danoise, ce qui passe par la mise en place de lignes directrices européennes communes en 2022.

L’étiquetage, un élément clé

L’étiquetage a également joué un rôle déterminant dans le succès de la campagne danoise.

« Nous savons que le logo joue un rôle clé dans cette affaire. Il est essentiel pour permettre aux consommateurs d’identifier les céréales complètes, mais il constitue également une incitation à l’égard de l’industrie, pour qu’elle développe de nouvelles formules et de nouveaux produits », ajoute Gitte Laub Hansen.

Un sacré défi, car de nombreux systèmes d’étiquetage alimentaire, tels que le Nutriscore, qui fait actuellement figure de leader en Europe, ne sont pas nécessairement adaptés aux céréales complètes.

« Nombre de ces algorithmes reposent sur la quantité de nutriments tels que les fibres, les protéines, le sucre, les graisses, et vous ne pouvez pas vous contenter de seulement faire passer un test de laboratoire à une tranche de pain pour voir combien de grammes de céréales complètes elle contient », souligne Kelly Toups, directrice de l’Oldways Whole Grains Council, qui œuvre à l’accroissement de la consommation de céréales compètes.

Elle plaide plutôt pour l’apposition d’une mention « céréales complètes » sur les produits, indiquant le nombre de grammes de ces céréales contenues dans l’aliment.

Cela peut être important pour les consommateurs qui cherchent à augmenter graduellement leur consommation de céréales complètes, souligne-t-elle.

« Nous constatons que beaucoup de nos consommateurs se fraient lentement un chemin vers une consommation toujours plus importante de céréales complètes », relève-t-elle, ajoutant que l’objectif est de s’assurer qu’il existe « quelque chose pour chacun, quel que soit l’endroit où il se trouve dans son parcours ».

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