Marie-Christine Arnautu, élue FN : « Au Parlement, nous garderons toujours à l’esprit l’impact négatif de l’UE»

Marie-Christine Arnautu, eurodéputée FN

Marie-Christine Arnautu, eurodéputée FN

Elue eurodéputée FN dans le Sud Est, Marie-Christine Arnautu n’écarte pas de voter des amendements avec la gauche au Parlement européen. Mais promet que les élus de son parti garderont toujours à l’esprit « l’impact négatif de l’Union européenne »

Marie-Christine Arnautu fait partie des 19 nouveaux eurodéputés sur 23 du Front national arrivés à Strasbourg pour la session constitutive du Parlement européen. Élue dans la circonscription du Sud Est, cette parisienne a siégé au Conseil Régional d’Ile-de-France pendant près de 10 ans.

Votre arrivée à Strasbourg a déjà provoqué la polémique avec le refus de la délégation du FN de se lever lors de la diffusion de l’hymne européen. Pourquoi ce choix ?

Je pense que maintenant nous pouvons dire que le Front national a l’habitude de provoquer la polémique !

Marine Le Pen, la présidente du Front national a conseillé avant la plénière à la délégation de ne pas se lever, sans donner d’instruction formelle. Mais je pense que personne au sein de la délégation n’aurait eu le réflexe de faire autrement. Pour nous, l’hymne européen est un symbole qui ne correspond pas à tout ce pour quoi les électeurs français nous ont envoyés au Parlement européen.

Votre délégation, bien que renforcée, n’a pas réussi à constituer un groupe au sein du Parlement européen, faute de partenaire. Cela reste-t-il un objectif de la législature ?

Cela reste bien entendu d’actualité et nous restons très confiants sur la constitution de ce groupe.  Mais je ne peux pas vous dire s’il aura lieu dans quelques jours, quelques semaines ou quelques mois. Nous verrons au fur et à mesure ce qu’il advient des autres groupes parlementaires, dont certains membres pourraient être séduits par les positions de Marine Le Pen.

Parfois, il y a des mariages de raison, mais il faut tout de même respecter certains critères essentiels. Ce groupe ne se fera pas selon la logique de la calculette. Certaines déclarations du parti polonais KNP [avec qui une alliance a été envisagée] m’ont choquée, même s’il ne faut pas présager du futur.

Certains de vos alliés politiques au Parlement européen pourraient ne pas attendre une éventuelle création de groupe et se tourner vers d’autres partenaires comme le groupe eurosceptique de Nigel Farage, l’EFDD…

Je ne pense pas que ce sera le cas.

Quelles seront les priorités de votre délégation au cours des années à venir ?

Le travail au Parlement européen est très important, mais nous avons également un travail d’information à faire auprès de nos électeurs en circonscription, afin qu’ils comprennent l’impact réel des politiques menées par l’Union européenne sur leur vie.

Les eurodéputés de notre délégation garderont toujours à l’esprit, quelle que soit la commission parlementaire au sein de laquelle ils travailleront, l’impact négatif de l’Union européenne.

Le travail parlementaire à Bruxelles et à Strasbourg requiert de négocier avec les autres groupes politiques afin de rechercher des majorités. Le FN est-il prêt à collaborer avec des forces politiques d’autres bords ?

J’ai longtemps siégé au sein du Conseil régional d’Ile-de-France, où les élus FN n’ont jamais été sectaires dans leurs votes. L’inverse par contre n’est pas forcément vrai ! Je peux tout à fait voter pour des amendements de gauche, pour constituer une majorité en commission parlementaire par exemple. Je pense que ce type de vote se fera au sein de la délégation.

C’est une chance phénoménale d’être député européen et chacun au sein de la délégation fera au mieux pour accomplir ce mandat.

Propos recueillis par Cécile Barbière à Strasbourg

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