« Il faut un projet d’intégration unique de la Grande Eurasie »

Noursoultan Nazarbaïev. [Handout photo]

En amont de la rencontre Asie-Europe (ASEM) qui réunira 51 pays européens et asiatiques, le Président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, appelle à la création d’un large partenariat Asie-Europe.

Noursoultan Nazarbaïev est président du Kazakhstan depuis la création du poste, le 24 avril 1990.

Le Kazakhstan coopère avec les pays européens depuis plus d’un quart de siècle et un nouvel accord de partenariat et de coopération renforcé a été signé en 2015. Comment décririez-vous les relations entre le Kazakhstan et l’Union européenne depuis lors ?

L’approfondissement de la coopération avec l’Union européenne est une priorité stratégique du Kazakhstan. Cette interdépendance découle de nos intérêts mutuels et de nos valeurs communes, et tient également compte des défis qui exigent nos efforts conjoints.

Ma visite actuelle à Bruxelles (pour participer au sommet ASEM) coïncide avec le 25ème anniversaire des relations diplomatiques entre le Kazakhstan et l’Union européenne. Ces vingt-cinq dernières années, nous sommes parvenus à créer une base solide pour le développement dynamique de notre précieux partenariat. Actuellement, l’Union européenne est le principal partenaire commercial, économique et d’investissement du Kazakhstan.

Le président roumain propose une agence anti-terrorisme européenne

Le président roumain, Klaus Iohannis, s’est joint aux nombreux appels à l’établissement d’une agence anti-terrorisme européenne après une rencontre avec les dirigeants allemand, belge et luxembourgeois. Un article d’EURACTIV Roumanie.

Au cours des sept premiers mois de cette seule année, le chiffre d’affaires commercial avec l’UE a atteint plus de 18 milliards d’euros. C’est à peu près le même montant que l’année dernière (20 milliards d’euros).

En 2015, nous avons conclu un nouvel accord de partenariat et de coopération renforcé dans 29 domaines prioritaires, à savoir la sécurité internationale et régionale, le commerce, l’investissement, la promotion des infrastructures, ainsi que l’innovation, la culture, le sport et le tourisme.

L’Union européenne soutient la politique d’intégration du Kazakhstan sur les plans politique et économique, ainsi que les réformes de grande ampleur dans les domaines clés de la vie publique et sociale de notre pays.

Dans le cadre de notre partenariat avec l’Union européenne, je pense que ma vision de réunir l’Union économique eurasienne, la ceinture économique de la Route de la soie et l’Union européenne dans un projet d’intégration unique qui peut être appelé « Grande Eurasie », mérite une attention particulière.

Le dialogue entre l’UE et l’Union économique eurasienne (UEEA) devrait, en théorie, couvrir non seulement les aspects économiques, mais aussi les questions de sécurité. À ce propos, il serait intéressant de créer un espace de sécurité eurasiatique unique sous l’égide de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

L’UE et de l’OSCE pourraient par exemple réfléchir à la création d’une plateforme commune pour la collaboration économique et la sécurité.

Cette année, c’est déjà la troisième fois que le Kazakhstan participe à la rencontre Asie-Europe. Quel sera votre message pour ce sommet de l’ASEM ?

Notre pays est à cheval entre l’Asie et l’Europe. Il est donc très intéressant pour le Kazakhstan de mettre en pratique le concept fondamental de l’ASEM, qui consiste à renforcer la connexion entre États eurasiens.

Dans ce contexte, la République du Kazakhstan soulève la question de l’interaction entre les institutions multilatérales d’Europe et d’Asie. Je pense que le moment est venu d’organiser un forum des organisations régionales asiatiques et européennes sous les auspices de l’ASEM.

Nous demandons également à l’OSCE et à la Conférence sur l’interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA) de conjuguer leurs efforts. Je voudrais ici souligner l’importance de la confiance entre pays européens et asiatiques. Une des conditions sine qua non pour renforcer cette confiance est la gestion des crises et conflits passés et présents.

Il se trouve que nous avons mis en place une plateforme institutionnelle pour une telle plateforme. Le Centre financier international d’Astana, le Centre international pour les technologies vertes et les projets d’investissement, le Parc technologique international d’Astana Hub IT-Startups, l’Université Nazarbayev, ainsi qu’un certain nombre d’institutions culturelles importantes dont Astana Opera Theatre ou Astana Ballet, pourraient en faire partie.

Nouvelle route de la soie: le commerce au détriment de l’environnement

La nouvelle route de la soie inquiète: visant à améliorer les liaisons routières, ferroviaires et maritimes en Eurasie, ce mégaprojet chinois pourrait occasionner des dommages importants à l’environnement. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Nous sommes convaincus qu’un partenariat eurasiatique peut consolider le système mondial. Nous sommes prêts à contribuer activement au maintien de la stabilité et de la sécurité internationales.

Le Kazakhstan a été élu membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour 2017-2018. En quoi consistait la politique étrangère de votre pays dans le cadre de sa présidence du Conseil de sécurité de l’ONU ?

Malgré les difficultés, le Kazakhstan a dûment honoré ses obligations et atteint les principaux objectifs de la présidence. Lors de ma visite aux États-Unis le 18 janvier dernier, j’ai participé à une réunion thématique de haut niveau intitulée « Non-prolifération des armes de destruction massive : Renforcement de la confiance ».

Le Kazakhstan fait-il partie de l’Europe?

Le Kazakhstan se cherche une identité post-URSS. Entre ses traditions kazakh et turque, l’Europe et le multiculturalisme, le pays a du mal à choisir.

En outre, la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité des Nations unies sur une stratégie globale de prévention des conflits a été adoptée à New York. Il s’agit du premier document international politiquement contraignant du Conseil de sécurité, élaboré et adopté sous la direction du Kazakhstan.

Pour la première fois, notre pays a réussi à faire inclure dans le document non seulement l’alerte rapide, le déploiement préventif, la médiation, le maintien de la paix, la consolidation de la paix post-conflit, le renforcement des mesures en vue de la responsabilisation, mais aussi et surtout la non-prolifération des armes de destruction massive.

Actuellement, le terrorisme international demeure l’un des défis les plus importants et les plus graves pour la paix et la sécurité mondiales.

Lors de la 70e session de l’Assemblée générale des Nations unies, j’ai exprimé l’idée de créer une coalition mondiale des États contre le terrorisme sous la bannière de l’ONU. Pour bâtir cette coalition, le Kazakhstan a proposé d’élaborer un Code de conduite pour un monde sans terrorisme.

Je me permets de souligner que le 28 septembre 2018, lors de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations unies, plus de 70 États membres ont soutenu notre initiative et signé ce code.

Avant la fin de son mandat au Conseil de sécurité de l’ONU, le Kazakhstan a l’intention de parachever son travail et de continuer ses activités relatives au maintien de la paix et à la sécurité internationale.

À l’heure actuelle, on sent l’envie de mettre en place des processus d’intégration en Asie centrale. La région est presque en passe de devenir une zone de paix, de coopération et de sécurité. Quelles sont les succès du Kazakhstan dans ce domaine et quels sont les défis auxquels il est confronté ?

Je me réjouis du fait qu’au cours des deux dernières années, les liens interétatiques et interrégionaux aient atteint un tout autre niveau. Lors de la première réunion consultative d’Asie centrale qui s’est tenue en mars dernier à Astana, les chefs d’État ont défini les priorités fondamentales de la coopération à cinq, et esquissé des plans pour l’avenir.

Le Kazakhstan veut parler des armes nucléaires pour mieux les éliminer

« Je vis dans un des premiers pays à avoir renoncé à ses armes nucléaires », assure Karipbek Kuyukov, peintre et militant anti-nucléaire kazakh.

Je voudrais également attirer votre attention sur l’absence de toute « mentalité de bloc » au sein de ces initiatives. La paix et la prospérité dans cette région sont bénéfiques non seulement pour les pays qui la composent, mais aussi pour les principaux États non régionaux. À cet égard, nous avons noté, avec nos partenaires d’Asie centrale, la nécessité de renforcer encore les liens avec la Russie, la Chine et l’UE.

De manière générale, l’Asie centrale est une région qui offre des possibilités uniques, avec un potentiel important, jusqu’à présent inexploité. Assurer son développement durable, sa stabilité et sa prospérité est notre objectif commun, et il est tout à fait réalisable.

Pendant de nombreuses années, les yeux de la communauté internationale ont été rivés sur le conflit en Afghanistan. Comment le Kazakhstan peut-il contribuer à la stabilisation de ce pays ? Quelles mesures peuvent être prises pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme qui sévit dans la région ?

Bien sûr, il va de soi que l’instabilité en Afghanistan, la menace du terrorisme, de l’extrémisme et du trafic de drogue en provenance de son territoire touchent également le Kazakhstan, puisque nous sommes des pays voisins.

Notre pays a toujours contribué aux efforts de la communauté internationale pour aider à stabiliser la situation en Afghanistan. Nous avons chaque année fourni une aide financière, technique et humanitaire.

Particulièrement attentifs au développement du capital humain en Afghanistan, nous avons créé un programme d’éducation pour accueillir 1000 étudiants afghans dans les universités kazakhes, ce qui nous coûtera 50 millions de dollars.

De plus, en tant que président du Comité du Conseil de sécurité des Nations unies sur l’Afghanistan, nous nous employons à faire avancer des questions qui revêtent une importance particulière pour la paix, la sécurité, la stabilité et le développement de l’Afghanistan.

Face au terrorisme, Vincent Peillon veut plus d'Europe

Vincent Peillon a réagi mercredi 21 décembre à l’attentat sur le marché de Noël à Berlin. L’eurodéputé candidat à la primaire de la gauche estime que le plus d’Europe est la meilleure réponse à la menace terroriste. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

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