La future présidence autrichienne de l’UE veut insister sur les frontières

Sebastian Kurz [@EPA-EFE/FLORIAN WIESER]

Le Brexit, budget et sécurité seront les trois grandes priorités de la présidence autrichienne lors du second semestre de 2018. Un article d’Euractiv Allemagne, en direct de Vienne.

La présidence autrichienne de l’UE, qui débute le 1er juillet, constituera le dernier semestre complet avant les élections européennes.

Du 23 au 26 mai 2019, les citoyens des 27 États membres seront appelés à voter pour élire un nouveau Parlement. Le résultat fixera le cap de la prochaine Commission européenne et d’autres hauts postes dans les institutions de l’UE.

« Une Europe qui protège »

Ce calendrier serré signifie que les questions les plus importantes encore en suspens doivent être plus ou moins résolues dans la seconde moitié de 2018. L’accent sera mis sur le Brexit et sur les négociations autour du budget européen de sept ans qui commencera en 2021.

L’Autriche fera des propositions pour réformer l’UE. Le chancelier, Sebastian Kurz, le ministre des Affaires européennes, Gernot Blümel et la ministre des Affaires étrangères, Karin Kneissl, veulent aussi s’attaquer au problème de l’immigration illégale.

C’est sur cette thématique que s’est fait élire le Parti populaire autrichien de Sebastian Kurz (ÖVP) l’année dernière. « Nous voulons une Europe qui protège » est d’ailleurs le slogan de la présidence autrichienne.

Feuille de route de six mois

Du 1er juillet à fin décembre, 300 événements, 60 réunions du Conseil, dont 13 en Autriche, seront organisés, ainsi que quelques événements majeurs en lien avec le programme de travail. Le gouvernement viennois réserve un budget de 43 millions d’euros pour sa période aux commandes de l’UE.

Tout commencera le 6 juin à Bruxelles, quand tout le gouvernement autrichien viendra présenter en détail son programme pour la présidence de l’UE. Le 20 septembre, un sommet spécial sera organisé à Salzburg, qui sera dédié aux questions de sécurité.

Les 23 et 24 novembre, une conférence UE-Asie est prévue, dans le contexte des politiques du président américain Donald Trump et des avancées de la Chine en tant qu’acteur mondial.

Le sommet final des 13 et 14 décembre à Bruxelles sera suivi d’une présentation des principales décisions politiques prises durant les six mois.

Programme éclectique pour le prochain trio de présidences du Conseil

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Brexit et budget : deux points de friction

Une attention particulière sera accordée aux négociations sur le Brexit, menées par l’ancien commissaire européen, Michel Barnier.

Et les contraintes temporelles sont énormes, puisque le retrait du Royaume-Uni de l’UE doit être finalisé d’ici au 29 mars 2019. Avant cela, la ratification d’un accord final sur le Brexit par tous les parlements nationaux est nécessaire.

Une autre tâche herculéenne sera les négociations du cadre financier pluriannuel. Un accord à ce sujet n’est pas attendu durant le semestre autrichien, mais un certain nombre de décisions préliminaires devraient être prises.

Conférence sur la subsidiarité

Sebastian Kurz rappelle souvent l’importance d’une utilisation efficace et économique de l’argent du contribuable européen. En février 2017, lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, il avait déjà appelé à une « Europe qui se surprend elle-même et qui se concentre davantage sur les fondamentaux ». À cette époque, il proposait une approche de dérèglementation et de renationalisation des compétences.

Il souhaitait par exemple que les États membres, la Commission et le Parlement s’adonnent à un principe de subsidiarité dans lequel ils définissent la portée des actions des institutions européennes. Dans le même temps, les problèmes qui sont assez simples pour être résolus sur le terrain doivent être gérés par les pays eux-mêmes et donc être résolus au plus près des citoyens.

Cela signifie, entre autres, qu’à l’avenir, les autorités de Bruxelles produiraient moins de règlementations superflues qui induisent actuellement un coût de 120 milliards d’euros chaque année.

Une conférence sur la subsidiarité, pour aborder les différentes idées de réformes, n’est pas encore prévue, mais pourrait être programmée.

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Stopper l’immigration illégale

Un élément crucial du programme du sommet de Salzburg sera la politique sécuritaire. L’objectif, selon Sebastian Kurz, « est de se concentrer sur la protection des frontières plutôt que sur la répartition des réfugiés ».

Le chancelier insiste sur le fait que l’Italie et la Grèce ne devraient pas avoir à gérer cela seules. Dans le même temps, les pays qui s’opposent au système de répartition des réfugiés devraient y être intégrés à nouveau.

Une extension du mandat de l’agence européenne de protection des frontières, Frontex, devrait être discutée. « Si nous réussissons à juguler l’immigration illégale, l’UE sera plus en sécurité », insiste le gouvernement autrichien.

Stabilisation des Balkans occidentaux

L’Autriche veut aussi être à la hauteur de son rôle de ponts entre régions. Vienne coopère étroitement avec la Bulgarie, actuel détenteur de la présidence de l’UE, dans l’intégration des pays des Balkans occidentaux. Cette coopération sera marquée par une conférence à ce sujet le 17 mai à Sofia.

Stabiliser le sud-est de l’Europe en maintenant les espoirs d’adhésion à l’UE dans la région sera donc une thématique reprise par l’Autriche.

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