La République tchèque envisage sa sortie du charbon pour 2038

La commission tchèque chargée du dossier « charbon » recommande aux autorités du pays d’en envisager la sortie d’ici à 2038. EPA-EFE/FILIP SINGER [EPA-EFE/FILIP SINGER]

La commission tchèque chargée du dossier « charbon » recommande aux autorités du pays d’en envisager la sortie d’ici à 2038. Les groupes de défense de l’environnement, en faveur de 2033 comme date butoir, ont été mis en minorité à l’issue du vote, poussant certains d’entre eux à se retirer de la commission en signe de protestation. Un article d’Euractiv République tchèque.

Lors de la réunion de la commission tchèque chargée de la sortie du charbon organisée vendredi 4 décembre, une majorité de membres présents ont voté pour abandonner le combustible fossile d’ici à 2038, à l’instar de l’Allemagne.

Les recommandations émises par l’organisme ne sont pas juridiquement contraignantes et font désormais l’objet de discussions au sein du parlement tchèque.

Karel Havlíček, ministre tchèque de l’Industrie, du Commerce et des Transports, connu pour son scepticisme à l’égard des ambitions environnementales du bloc, a qualifié de « compromis » les conclusions tirées lors de la réunion.

« Au vu de nos capacités, nos ressources financières et nos engagements aux objectifs climatiques européens à l’horizon 2030 et 2050, la sortie du charbon pour 2038 est envisageable, sur le plan du calendrier et de la forme », a indiqué l’homme politique également coprésident de la commission chargée de la sortie du charbon.

Son homologue à l’Environnement et autre co-président, Richard Brabec s’est lui aligné sur le souhait des groupes environnementaux en soutenant un abandon pour 2033, un souhait repoussé par la majorité.

Le gouvernement allemand approuve la loi sur l’abandon progressif du charbon

Mercredi 24 juin, le gouvernement allemand a mis la touche finale à sa loi sur la suppression progressive du charbon, dans l’espoir qu’elle soit adoptée par le Bundesrat avant la pause estivale. Un article d’Euractiv Allemagne.

De son côté, le ministère du Travail ne s’est pas non plus prononcé en faveur d’une sortie pour 2038, car les répercussions engendrées sur le marché du travail demeurent imprécises.

La « commission charbon » rassemble des représentants du gouvernement, de la filière charbonnière et énergétique ainsi que des ONG environnementales. Le géant énergétique tchèque, ČEZ a approuvé la date butoir de 2038, car d’après lui les centrales à charbon mettront toutes la clé sous la porte au fil des vingt prochaines années de toute façon.

Cependant, des critiques se sont fait entendre du côté des groupes de défense de l’environnement, pour qui la temporalité de la décision est absurde.

« La sortie du charbon pour 2038 nous a été vendue comme étant un compromis. Néanmoins, il est impossible de conclure des compromis avec la réalité », a maintenu Jiri Koželouh, membre d’Amis de la Terre République tchèque et de la commission charbon. « Plusieurs études montrent qu’un retrait progressif du charbon est envisageable d’ici à 2030. Le gouvernement doit rejeter les recommandations formulées par la commission et lui demander de présenter une alternative socialement acceptable, économiquement viable et climatiquement responsable », a-t-il poursuivi.

Vendredi (4 décembre), M. Koželouh et le représentant de Greenpeace au sein de la commission charbon Jan Rovenský ont annoncé qu’ils quittaient le groupe, soulignant leur mécontentement face aux processus décisionnels.

Plus fondamentalement, les climatologues ont noté que la commission charbon a pris sa décision sans une véritable étude d’impact.

Les membres de la commission charbon ont été présentés avec la résolution provisoire le 3 décembre, soit la veille de la réunion, a déploré le responsable tchèque d’Amis de la Terre. De plus, il n’y a pas de réel calendrier pour la sortie du charbon, ont appuyés les ONG, avançant que toute décision devrait donc être prise ultérieurement.

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Tandis que les centrales à charbon produisent environ 40 % de l’électricité tchèque à l’heure actuelle, le prochain bouquet énergétique du pays devrait s’axer largement sur le renouvelable et le nucléaire. D’ailleurs, la centrale nucléaire de Dukovany devrait accueillir un nouveau bloc sur son site, mais celui-ci ne devrait pas voir le jour avant 2036.

Toutefois, les groupes environnementaux martèlent que le pays devrait être sorti du charbon d’ici à 2030 afin de respecter l’accord de Paris.

Dans ce contexte, le groupe de réflexion Ember a conclu que si la République tchèque investissait dans les énergies renouvelables de la même façon que les autres États membres de l’UE, un abandon charbonnier d’ici à 2030 était possible.

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