Dmitri Medvedev salue l’opposition hongroise aux sanctions européennes contre le pétrole et les personnalités religieuses

Le patriarche Kirill de Moscou et de toute les Russies au service de la fête de Pâques orthodoxe à la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, en Russie, le 23 avril 2022. [EPA-EFE/ALEXANDER ZEMLIANICHENKO / POOL]

L’ancien président russe et actuel vice-président du Conseil de sécurité de la fédération de Russie, Dmitri Medvedev, a salué l’opposition du Premier ministre hongrois Viktor Orbán à la proposition d’embargo pétrolier et de sanctions de l’UE visant le chef de l’Église russe.

Selon la proposition de la Commission d’une «  interdiction complète de tout le pétrole russe  » dans les six mois et des produits pétroliers raffinés d’ici la fin de l’année, la Hongrie et la Slovaquie peuvent continuer à s’approvisionner auprès de Moscou jusqu’à la fin de 2023 dans le cadre des contrats existants. Non contente de cela, la Hongrie a déclaré qu’elle s’opposait totalement à l’interdiction.

Qualifiant de «  folles  » les sanctions contre les personnalités religieuses, Medvedev a réagi en déclarant qu’Orbán avait pris «  une mesure courageuse dans une Europe sans voix  ».

« Apparemment, les dirigeants les plus sensés des pays de l’UE sont fatigués d’avancer tranquillement vers le précipice en même temps que l’ensemble du troupeau européen stérilisé mené à l’abattoir par un berger américain  », a-t-il écrit sur sa chaîne Telegram.

La ligne rouge de la Hongrie

Lors de son intervention radiophonique hebdomadaire, M. Orbán a déclaré que la capacité de son pays à opposer son veto et à bloquer des dossiers devait être maintenue sur les questions les plus importantes pour la Hongrie, «  sinon nous perdrons complètement tous nos amis et partenaires au sein de l’Union européenne  ».

La Hongrie rejette les allégations ukrainiennes selon lesquelles le Kremlin l’aurait prévenue de la guerre

La Hongrie a qualifié de « fake news » les allégations d’un haut responsable ukrainien selon lesquelles Budapest aurait été prévenue par Vladimir Poutine de son intention d’envahir l’Ukraine et envisagerait même d’annexer une partie du territoire de son voisin.

Toutefois, le dirigeant hongrois a ajouté que son pays «  a clairement indiqué dès le départ qu’il y aurait une ligne rouge : ils ne doivent pas aller aussi loin car nous ne pouvons pas être d’accord avec eux sur ce point — il s’agit de l’embargo énergétique  », a-t-il déclaré.

Mais M. Orbán a un autre grief, celui des sanctions contre le chef de l’Église orthodoxe russe, auxquelles il s’oppose.

Décrivant la question de l’inscription des chefs religieux sur une liste comme étant «  encore plus importante en principe » que l’embargo pétrolier, M. Orbán a déclaré que la Hongrie « ne soutiendra pas l’inscription des chefs religieux sur une liste de sanctions. Cela affecte la question de la liberté religieuse des communautés en Hongrie, et cela est sacro-saint.  »

Selon le recensement de 2011, 0,14 % des 10 millions d’habitants de la Hongrie sont membres de l’Église orthodoxe.

Le patriarche Kirill de Moscou, allié du Kremlin, a démenti l’agression russe en Ukraine.

«  Nous ne voulons pas entrer en guerre avec qui que ce soit. La Russie n’a jamais attaqué personne. C’est étonnant quand un pays grand et puissant n’a jamais attaqué personne. Il a seulement défendu ses frontières  », a déclaré le chef religieux le 3 mai lors d’une liturgie à Moscou.

EURACTIV a demandé à la Commission européenne de préciser si elle considérait que les sanctions à l’encontre des chefs religieux portaient atteinte à la liberté de religion, mais aucune réponse n’a été reçue au moment de la publication.

Subscribe to our newsletters

Subscribe