L’Autorité européenne de sécurité des aliments prend les poussins sous son aile

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Un nouveau rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) cherche des solutions pour éviter le broyage des poussins mâles, comme le sexage dans l’oeuf.

La très sérieuse Autorité européenne de sécurité des aliment vient alimenter la controverse grandissante sur l’extermination en masse de milliers de poussins mâles, une pratique répandue dans l’agriculture industrielle.

L’exécutif européen a prévu de s’appuersur les conclusions de cette étude dans le cadre de discussions avec l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) afin d’harmoniser les procédures concernant le « bien-être » animal à l’abattoir.

Les poussins mâles grandissent plus lentement que les femelles et sont considérés comme inutiles – d’un point de vue commercial – par l’industrie de l’élevage, car on ne les utilise pas pour la production de viande. Des millions d’oisillons sont donc tués peu après la naissance, broyés ou gazés.

Une pratique décriée par les militants de la cause animale qui la considèrent comme immorale. La problématique est devenue un sujet brûlant en Allemagne où un tribunal allemand a jugé légal l’extermination des poussins mâles.

Ailleurs en Europe, la macération — une technique d’euthanasie proche du broyage — des poussins est au cœur des débats. Paris a d’ailleurs annoncé que cette pratique deviendrait illégale d’ici à 2021.

De son côté, la Suisse a déjà mis en place des mesures visant à interdire le « broyage » de ces oiseaux nouveau-nés.

Des dangers particuliers en lien avec la macération ont été mis en lumière par l’EFSA, mais le rapport signale également de nombreux risques propres à chaque méthode pratiquée pour se débarrasser des poussins.

Le document liste et définit ainsi 35 dangers, la plupart associés avec les techniques d’étourdissement et d’exsanguination.

Le personnel chargé de l’abattage est à l’origine de 29 de ces risques, dont 28 sont liés au manque de compétences requises, ou à la fatigue.

Mais, seulement 11 de ces risques sont assortis de mesures préventives.

Le rapport souligne en outre que le stress, la chaleur, la soif, la faim, la douleur, la peur et l’anxiété sont autant de facteurs, indépendants de la méthode de mise à mort, qui contribuent à la souffrance de ces condamnés juvéniles, et ce, avant qu’ils soient tués.

La question se pose alors : l’interdiction de la macération est-elle suffisante pour protéger le bien-être des poussins mâles ?

Nico Cué: « Il faut repenser nos modes de vie et nos modes de production »

L’UE doit lancer « une initiative forte » sur la transition écologique et sociale après les élections européennes, avec l’appui de la Banque Centrale Européenne (BCE) dont les objectifs doivent être révisés, selon Nico Cué, candidat à la présidence de la Commission.

L’EFSA propose un train de mesures permettant d’atténuer ce supplice. Par exemple, la technologie permettant d’éviter le massacre  d’animaux excédentaires ou l’abattage des oiseaux dits « inutiles » devrait être mise en avant à petite et grande échelle.

Énormément de progrès techniques ont été accomplis ces dernières années en matière de sexage in-ovo.

Dans un entretien avec Euractiv Allemagne, le Dr Ludger Breloh, PDG de la société Seleggt GmbH, a dressé le tableau la méthode déployée par son entreprise pour déterminer le sexe de l’oisillon avant l’éclosion de l’œuf, avançant que cette technologie offrait une « solution envisageable » au problème soulevé.

Après sélection des œufs en fonction de leur genre, ceux non retenus peuvent être transformés en nourriture pour bétail, et ce avant qu’ils n’éclosent, éliminant ainsi le massacre de millions de poussins.

Il a ajouté que de nombreuses nouvelles méthodes de sexage in-ovo étaient actuellement étudiées à travers le monde.

Selon Florian Anthes, représentant de l’Association allemande des volailles, « ces méthodes paveront l’avenir du secteur avicole. Reste à savoir quand elles entreront sur le marché ».

Ces nouveautés scientifiques sont les premières d’une série de changements sur le bien-être des animaux à l’abattoir réclamées par la Commission européenne. L’EFSA s’exprimera sur les cochons en mars 2020, sur le bétail en juin 2020 et les autres espèces feront l’objet d’un rapport en décembre 2020.

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