Selon Abdou Diouf, le secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, il est essentiel pour la démocratie s’assurer que différentes langues sont représentées au sein des institutions de l’UE.
En s’adressant à EURACTIV France dans un entretien, M. Diouf a déploré le fait que le multilinguisme « s’étiole » dans les institutions européennes et a appelé à une mise en œuvre d’une «politique ambitieuse » afin de restaurer le pluralisme linguistique et de stopper la tendance vers une Europe unilingue.
Cette tendance est alimentée par une « mondialisation déséquilibrée et uniformisatrice » peu soucieuse de la diversité culturelle et linguistique, affirme M. Diouf, faisant référence à la tendance du monde des affaires vers « l’uniformisation linguistique et une pratique de plus en plus répandue de l’anglais ».
Mais si le projet européen est de continuer d’attirer le soutien de ses citoyens, alors leurs langues et leurs cultures doivent être représentées, puisque « la langue est indissociable de la démocratie », explique-t-il.
Se déclarant « ravi du volontarisme français du président Sarkozy », M. Diouf a décrit le président français comme un « ardent défenseur de la promotion de notre langue et de nos valeurs ». Il a néanmoins averti que l’ « on ne peut pas promouvoir ce qui est déjà suffisamment enraciné », expliquant qu’il est important d’encourager la francophonie dans de nouvelles régions et de maintenir les bastions existants dans le monde.
Une politique efficace en matière de multilinguisme « n’implique pas une croisade en faveur d’une seule langue mais bien de promouvoir et de favoriser le plein respect du principe du plurilinguisme et de la représentation des différentes langues au sein de l’Union européenne», affirme M. Diouf.
La Commission devrait publier sa nouvelle stratégie sur le multilinguisme en septembre 2008 (lire EURACTIV 19/02/08). Pour leur part, les institutions européennes examinent actuellement leurs régimes de traduction et d’interprétation dans le cadre d’un débat plus vaste sur le champ d’application et le coût de la politique en matière de multilinguisme – représentant actuellement 1,1 milliards d’euros ou 1% du budget de l’UE.
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