Entretien : les lobbies appellent à un registre européen unique des affaires publiques [FR]

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José Lalloum, président de l’Association des consultants en affaires européennes (EPACA), affirme dans un entretien à EURACTIV que le registre des affaires publiques proposé par le Commissaire chargé de la lutte anti-fraude, Siim Kallas, devrait être obligatoire et applicable à la Commission et au Parlement.

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici. 

La Commission compte lancer son registre de lobbyistes au printemps 2008 dans sa vaste initiative sur la transparence (lire notre Linksdossier). Le commissaire Kallas a indiqué que l’exécutif européen irait plus loin en créant son propre registre, avec ou sans la participation du Parlement (EURACTIV 10/10/07).  

Cependant, le président de l’EPACA souligne qu’« il serait certainement préférable d’élaborer un système applicable à toutes les institutions européennes », affirmant que cette initiative sur la transparence est trop faible car elle ne concerne que la Commission. « Si vous construisez une maison, vous faites en sorte qu’elle soit assez grande et solide pour votre famille et vos amis. Si c’est une petite maison construite avec des matériaux fragiles, alors personne ne viendra chez vous », a-t-il déclaré à EURACTIV.

De plus, selon M. Lalloum, si les institutions ne considèrent pas l’approche volontaire appliquée jusqu’à présent suffisante pour regagner la confiance des citoyens, alors l’EPACA privilégiera l’enregistrement obligatoire. Même si un tel système est « strict », il  estime qu’il serait meilleur « pour regrouper tout le monde » et garantir « un terrain d’égalité ».

Dans le cadre d’un système obligatoire, « les personnes de l’EPACA n’évolueront plus à découvert, alors que les autres progressent cachés », a-t-il déclaré. De plus, l’inscription au registre doit devenir obligatoire si les institutions souhaitent qu’il contienne des informations financières. « Un système volontaire demandant la révélation d’informations financières déformera obligatoirement le marché », a averti M. Lalloum.

M. Lalloum a également indiqué que les membres devaient être incités à s’inscrire dans un registre demandant la révélation d’informations financières, par exemple, en recevant un badge permettant l’accès au Parlement européen. Autrement, « il est évident que (…) on nous demande quelque chose d’impossible (…) sans aucun avantage.

Concernant l’exemption des cabinets d’avocats de révéler l’identité de leurs clients dans le registre, M. Lalloum a déclaré qu’un pied d’égalité était « essentiel », étant donné que les « cabinets d’avocats sont des concurrents des cabinets de conseil en affaires publiques dans le domaine de la représentation d’intérêts ».

Il a rejeté les allégations selon lesquelles les membres de l’EPACA pourraient eux-mêmes tenter de changer de catégorie pour devenir des cabinets d’avocats et éviter ainsi de révéler leurs sources de revenus. M. Lalloum a en revanche averti que « les avocats, affirmant que les règles ne devraient pas leur être applicables tant qu’ils sont impliqués dans des affaires de concurrence, conservent une grande marge de manœuvre et la possibilité de dissimuler leur activité ».

Enfin, concernant  une campagne organisée par un groupe d’ONG pour identifier les « pires lobbyistes » de Bruxelles, M. Lalloum a déclaré qu’il était difficile pour lui de convaincre ses clients qu’être nominé n’était pas une bonne chose. « J’espère que nous allons gagner », a-t-il commenté.

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