Géorgie : l’envoyé spécial de Charles Michel revient bredouille

La crise politique s’est exacerbée en Géorgie le mois dernier à la suite d’une descente policière dans les bureaux du leader de l’opposition Nika Melia et de sa mise en détention. [EPA-EFE/ZURAB KURTSIKIDZE]

Après des semaines de négociations, l’envoyé spécial du Conseil européen est retourné à Bruxelles les mains vides alors qu’il tentait de trouver des solutions pour désengorger l’impasse politique en Géorgie.

La crise politique s’est exacerbée en Géorgie le mois dernier à la suite d’une descente policière dans les bureaux du leader de l’opposition Nika Melia et de sa mise en détention. Le pays s’enlisant un peu plus dans une impasse politique, l’ancien Premier ministre Giorgi Gakharia a décidé de poser sa démission le 18 février. Son remplaçant, Irakli Garibashvili, a certes été nommé cinq jours plus tard, mais la tension demeure palpable.

Le Premier ministre géorgien démissionne à la suite de la mise en détention du leader de l'opposition

La Géorgie s’enlise un peu plus dans la crise politique tandis que son Premier ministre Georgi Gakharia a démissionné jeudi (18 février) sur fond de désaccord concernant l’arrestation du leader de l’opposition.

Lors d’une conférence de presse faisant suite à un cycle de négociations long de 10 heures, l’envoyé spécial de Charles Michel, Christian Danielsson, a déclaré qu’il était parvenu à nouer certains accords avec les autorités géorgiennes, mais que de nombreux points restaient encore en suspens.

« Il revient aux leaders de trouver une solution à cette crise politique », a indiqué M. Danielsson, d’après Jam news.

Les partis au pouvoir et dans l’opposition se sont mutuellement accusés d’avoir fait échouer les pourparlers.

Après avoir prolongé son séjour à Tbilissi une première fois, le représentant européen retournera à Bruxelles pour faire part de ses conclusions à Charles Michel.

Le président du Conseil européen, qui représente les États membres de l’UE, a annoncé lors de sa visite en Géorgie au début du mois que le moment était venu « de passer de la facilitation à la médiation et, je le répète, de relancer le dialogue politique ». Dans ce contexte, il avait alors amorcé une série de réunions entre l’opposition et le parti au pouvoir Rêve géorgien.

« Ce processus devra porter sur différents éléments. La question de la réforme judiciaire et d’un système judiciaire indépendant et responsable constitue depuis de nombreuses années un volet important de notre coopération. Les citoyens géorgiens doivent pouvoir faire confiance à leur système judiciaire. Toute politisation de la justice est inacceptable et nous savons tous que certains cas concrets devraient être abordés », avait-il avancé.

La tenue d’élections anticipées, demandée par l’opposition et rejetée par Rêve géorgien, était l’un des points de discorde lors des discussions avec l’envoyé spécial européen.

Dans un communiqué, l’UE a fait savoir que la tenue d’élections parlementaires en automne « était équitable et que d’une manière générale les libertés fondamentales étaient respectées ».

Crise en Géorgie : amorce de négociations, sous l'égide de Charles Michel

Une réunion s’est tenue dans la capitale géorgienne, à laquelle ont participé le gouvernement et les partis d’opposition. « Ce soir je suis fier car un bon pas, un important pas dans la bonne direction a été fait », a déclaré M. Michel à la presse après les premiers entretiens.

Les négociations ont tourné en eau de boudin malgré l’engagement personnel répété de Charles Michel, notamment lors de la visite du Premier ministre géorgien à Bruxelles plus tôt cette semaine.

Bien que MM. Michel et Garibashvili se soient rencontrés à plusieurs reprises en l’espace de deux jours, ils ont peiné à accomplir de réels progrès pour délier l’imbroglio politique géorgien.

« Le moment est venu pour tous les acteurs politiques de s’engager de façon constructive afin de trouver des solutions. Le temps nous est imparti et la population géorgienne ne peut pas se permettre de conflits politiques », a soutenu une source européenne.

« L’énergie politique doit être axée sur la lutte contre la pandémie et ses retombées socio-économiques. Il conviendra également d’œuvrer pour renforcer les valeurs démocratiques dans une région complexe sur le plan géostratégique. »

Mercredi (17 mars), le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a exprimé ses inquiétudes face à la situation en Géorgie.

« Il est nécessaire de trouver une solution afin que la Géorgie puisse continuer à mener à bien les réformes prévues », a-t-il fait expliqué auprès des journalistes à la suite d’un entretien avec le Premier ministre Garibashvili.

Bien que la Géorgie soit un pays où le parti au pouvoir et l’opposition affirment être pro-occidentaux, les contentieux sans fin jouent finalement en faveur de Vladimir Poutine, qui souhaite garder l’ex-république soviétique à distance de l’OTAN et de l’UE.

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