JO Paris 2024 : la Seine, futur bassin olympique ?

En 2024, la Seine pourrait accueillir des épreuves des JO comme le triathlon et les 10km nage libre. [olrat/Shutterstock]

Se baigner dans la Seine, lubie ou réalité ? Malgré les risques sanitaires et liés au manque d’infrastructures, à Paris, des organisations mettent tout en oeuvre pour que cela devienne réalité pour les Jeux olympiques de 2024. 

La maire de Paris Anne Hidalgo en a fait la promesse : en 2024, les Parisiens pourront se baigner dans la Seine, et le fleuve pourra même accueillir des épreuves des JO comme le triathlon et les 10 km nage libre. Mais pour l’heure, selon un sondage Ifop du 1er juillet 2021, 70 % des Français ont une mauvaise image de la Seine et seulement 12 % seraient prêts à s’y baigner.

Les équipes de Digital Water City, un projet financé par l’Union européenne, souhaitent inverser la tendance. L’objectif ? Obtenir une qualité d’eau telle que s’y baigner serait sans risque sanitaire pour la santé.  « La sécurité sanitaire est déterminante pour l’autorisation de la baignade », déclare Gabrielle Bouleau, chercheuse à Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE). À Paris, un arrêté datant de 1923 interdit la baignade dans la Seine car, si la Seine traverse treize départements c’est à Paris que le fleuve est le plus pollué. 

La présence de nombreuses bactéries, comme les entérocoques par exemple, peut provoquer diarrhées, nausées, gastro-entérites et infections urinaires. À cela s’ajoute la présence de rongeurs, notamment les rats, dont l’urine est connue pour pouvoir transmettre à l’homme la leptospirose. « La maladie est souvent bénigne, mais peut conduire à l’insuffisance rénale, voire à la mort dans 5 à 20% des cas », précise l’Institut Pasteur. 

« La plupart des pollutions urbaines sont traitées dans des stations d’épuration, mais on observe encore quelques rejets avec présence de bactéries E.coli (indicatrice de matières fécales) dans l’eau », analyse Gabrielle Bouleau. Pour le moment donc, malgré une amélioration globale de la qualité de la Seine, ses eaux sont encore polluées. 

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Manque d’infrastructures 

Mais pour l’association La Seine En Partage le danger est ailleurs. « Un fleuve est un élément vivant. La Seine a une puissance hydrologique, une température. Cela peut présenter des dangers au même titre qu’un étang ou une mer. Il faut d’abord penser à l’aménagement, à sa puissance, et à la sécurité des personnes », témoigne l’association à EURACTIV France. 

Quant à la possibilité d’organiser des épreuves des Jeux olympiques dans le fleuve parisien, l’association s’interroge : « Pensons aux sportifs d’abord. Est-ce que ça leur convient ? La Seine n’est pas un bassin olympique. Peut-être que l’Oise ou la Marne leur conviendraient mieux. »

Pour le moment, à Paris, les équipes de Digital Water City s’activent pour adapter les systèmes d’égouts face aux effets du réchauffement climatique, et améliorer la qualité du fleuve parisien. Comment ? Grâce à une bouée nommée Alert, un mini-laboratoire de microbiologie flottant, qui évalue en temps réel le taux de bactéries présente dans la Seine et la Marne. 

Dans des villes comme Paris où le taux de pollution varie beaucoup, il est nécessaire d’avoir une évaluation rapide en temps réel. « Il suffit d’une forte pluie pour que les débordements d’eaux usées contaminent un tronçon de la rivière », confirme Dan Angelescu, fondateur de Fluidion à l’origine d’Alert. Le dispositif permet de « rapidement accéder à différents endroits de la rivière pour identifier les sources de pollution et étudier leur dispersion, ou bien mesurer l’homogénéité du milieu aquatique », complète-t-il. 

« Les mesures étant rapides, cette approche permet d’éviter que des pics de pollution passent inaperçus », expliquent les membres de la branche française de Digital Water City. En parallèle, les acteurs du projet développent également une application mobile qui permettrait de suivre la qualité de l’eau en temps réel. 

Au-delà de la pollution et des infrastructures, organisations et élus parisiens devront également prendre en compte un élément indissociable de la capitale : les sept millions de touristes par an qui montent sur les bateaux-mouches. « Qu’est-ce qu’on fait du transport fluvial ? Du transport passager ? Paris est le premier port mondial de transport de passagers », rappelle La Seine en Partage. Rendez-vous en 2024. D’ici là, de nombreuses questions restent encore à étudier.

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