L’élection directe des eurodéputés fait débat en Grèce

Greek soldiers Athens, undated.[Shutterstock]

Greek soldiers. Athens, undated. [Shutterstock]

La coalition gouvernementale en Grèce a soudainement décidé de changer les règles des prochaines élections européennes. Elle veut introduire un scutin uninominal des eurodéputés. Un article d'EURACTIV Grèce.

Les élections européennes de mai prochain se tiendront en même temps que les élections municipales en Grèce. Elles seront décisives pour la fragile coalition au pouvoir. Cette dernière se doit de ramener le pays sur le chemin de la croissance après six ans de récession.

D'après les derniers sondages, le parti Syriza passerait en tête devant le parti de centre-droit, la Nouvelle démocratie. Le parti minoritaire du gouvernement, le Pasok, obtiendrait seulement 4 % alors qu'il avait collecté 43 % des votes lors des élections nationales en 2009.

Un pas en avant pour la démocratie

« Dans le pays où la démocratie est née, nous avons opté pour l'élection [directe] de nos eurodéputés en supprimant les listes de parti et en mettant en place des élections directes », a expliqué à EURACTIV Grèce le ministre grec de l'Intérieur, Yiannis Michelakis.

Le ministre de centre-droit a ajouté que « le citoyen devrait avoir le premier mot », puisque le Parlement européen prend des décisions sur des thèmes qui affectent la vie quotidienne des citoyens.

« Alors que l'UE est confrontée à des choix difficiles dans la pire situation économique et sociale qu’elle traverse depuis des décennies, l'élection de députés européens les plus compétents est plus cruciale et importante que jamais », a poursuivi Yiannis Michelakis.

Marieta Giannakou, eurodéputée de centre-droit du parti Nouvelle démocratie partage le même avis. « Un tel mode de scrutin mobilisera les citoyens : il permettra de renouer le dialogue et de raviver l'intérêt pour la vie politique européenne. J'ai toujours été en faveur de l'élection directe des eurodéputés au Parlement européen », a indiqué Marieta Giannakou, membre du Parti populaire européen (PPE).

« L'élection directe d'eurodéputés est un pas en avant pour la démocratie », a déclaré l'eurodéputé Giorgos Koumoutsakos, également membre de la Nouvelle démocratie sur son compte Facebook.

  • Syriza : l'ultime effort de survie du gouvernement

Syriza, le principal parti d'opposition, a indiqué dans un communiqué que les changements proposés constituaient une « tentative de sauver un gouvernement qui s’effondre sous le poids de son échec ».

Konstantinos Barkas, député de Syriza au Parlement grec, pour sa part, a déclaré à EURACTIV que la coalition au pouvoir tentait de réduire l'ampleur de la défaite lors des élections européennes et municipales.

  • Les socialistes sont divisés

L'eurodéputée grecque Marilena Koppa (Socialistes & démocrates) a confié à EURACTIV Grèce que les élections directes seraient à l'avantage du Pasok. Selon elles, ce mécanisme mettrait également des bâtons dans les roues de l'Initiative 58, un groupe de professeurs, d'économes, de chefs d'entreprises et d'artistes qui entendent combler l'espace vide de plus en plus béant au centre de la sphère politique.

L'Initiative 58 bénéficie d'un large soutien des grands conglomérats de médias, mais elle n'est pas très connue auprès des anciens électeurs du Pasok.

L'eurodéputée socialiste Spyros Danellis, bien qu'il ne soit pas directement opposé à l'élection directe des eurodéputés, considère ce projet comme une entente secrète entre les deux partis au pouvoir. 

Il estime que les partis politiques « auraient pu opter une gestion plus démocratique en mettant en place des procédures internes du parti ».  

La Grèce, criblée de dettes, a pris les rênes du Conseil de l'UE le 1er janvier. Athènes souhaite une présidence économe et s'est fixé un montant maximum de 50 millions d'euros pour assurer ses dépenses durant les six prochains mois.

Alors que les spécialistes pensent que la République hellénique pourrait demander une aide supplémentaire, certes sans atteindre les proportions des sauvetages précédents (au total 240 milliards d'euros), le pays s'est fixé comme objectif de diminuer considérablement les dépenses par rapport aux présidences antérieures.

La présidence grecque a commencé le 1er janvier 2014, quelques mois avant la fin du mandat du Parlement européen. La Grèce disposera donc de moins de quatre mois pour apporter des solutions à des dossiers complexes, au lieu des six mois habituels.

Ses dossiers prioritaires sont : l'union bancaire, la croissance et l'emploi, l'immigration et la politique maritime européenne.

  • 25 mai 2014 :  élections européennes et municipales en Grèce

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