L’inquiétude monte au Parlement sur la présidence de la Commission

(Credit: [European Council/Flickr])

Les différents partis politiques du Parlement européen ont largement exprimé leurs inquiétudes face à l’attitude des chefs d’Etat et de gouvernement européen sur le choix du futur président de la Commission.

La mainmise des chefs d’États et de gouvernements de l’UE sur la nomination du futur président de la Commission agace du côté des eurodéputés.

Alors que les présidents des différents groupes parlementaires avait appelé le Conseil à donner un mandat à Jean-Claude Juncker, le candidat du PPE  pour « tenter de former la majorité nécessaire » et déterminer qui sera le candidat à la présidence de la prochaine Commission européenne, les chefs d’État ont finalement chargé le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy de mener les consultations.  

En refusant ainsi de facto de confier à Jean Claude Juncker, le candidat parti politique vainqueur des élections, la possibilité de commencer à rassembler une majorité au sein du Parlement, les chefs d’États et de gouvernement ont provoqué la colère des eurodéputés et des partis politiques européens.

Juncker doit pouvoir assurer une majorité

Pour la majorité des partis du Parlement, l’UE doit s’en tenir aux résultats des élections. Selon Rebecca Harms, la coprésidente du Groupe des Verts, le Conseil doit prendre sa décision en fonction du résultat des élections européennes, car toute autre approche serait antidémocratique.

« À l’exception des eurosceptiques, tous les présidents des groupes politiques du Parlement étaient d’accord pour s’en tenir à ce qu’ils avaient décidé avant les élections. Le candidat tête de liste issue de la plus grande formation politique, Jean-Claude Juncker, doit dès à présent assurer une majorité en faveur de son élection à la tête de la Commission européenne » a-t-elle affirmé.

« La délégation socialiste française au Parlement européen regrette le mandat confié à Herman Van Rompuy pour mener ces consultations : le candidat du PPE arrivé en tête lors des élections au Parlement européen, M. Juncker, devait être le premier à tenter de trouver une majorité, comme l’ont affirmé hier l’ensemble des présidents de groupe » a déclaré la délégation.

« Selon« Selon moi, le Conseil ne peut pas sélectionner un candidat autre que les cinq candidats en course pendant les élections européennes (…) C’est le principe de base de la démocratie. Il s’agit d’une obligation morale du Conseil de soutenir le candidat qui est sorti en tête des élections européennes » a martelé Alexis Tsyras, le candidat de la gauche radicale à la présidence de la Commission. 

Privilège institutionnel

Le Conseil pourrait bien aller plus loin en refusant d’accepter l’un des cinq candidats des partis politiques européens. Ce qu’a déploré Marc Tarabella, qui rappelle qu’Herman Van Rompuy avait annoncé être contre la nomination d’un des cinq candidats.

« S’il est confirmé que les membres du Conseil refusent d’accepter un des candidats proposés par le Parlement européen, il s’agira là d’une grave négation du choix des électeurs européens. Le Conseil doit prendre en compte le vote des citoyens sans quoi il fera le lit des eurosceptiques » a dénoncé Marc Tarabella, eurodéputé PS belge.

« Dans un esprit de rapprochement entre les institutions européennes et le citoyen, il a été proposé que les électeurs puissent voter pour le président de la Commission européenne; et la première décision postélectorale du Conseil est de vouloir casser le résultat électoral et d’agrandir de manière significative le fossé entre la population et l’Europe » déclare Marc Tarabella

>> Lire aussi: Doutes sur la présidence de la Commission

Même son de cloche loche du côté de l’Union des fédéralistes européens. «  Abstention et nationalisme ne sont pas des fatalités, mais un choix politique : celui des responsables politiques nationaux qui pour maintenir leurs privilèges institutionnels ont refusé et refusent encore de transformer l’Union européenne en une véritable démocratie fédérale » a déclaré Fabien Cazenave, le porte-parole de l’Union des fédéralistes européens.

Les élections européennes ont eu lieu dans tous les États membres en mai 2014.Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, prévoit que le Parlement européen élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil qui tiendra compte des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du TUE).Cette disposition s'applique pour la première fois dans le cadre des élections de 2014.

Le Parlement européen et de nombreux spécialistes ont incité les partis à désigner leur tête de liste pour les campagnes électorales. Les élections européennes sont de facto une course à la présidence de la Commission.

D'autres responsables politiques estiment toutefois que désigner son propre candidat ne serait pas la solution idéale. Les attentes pourraient bien être déçues. M. Van Rompuy a d'ailleurs appelé à plusieurs reprises à la prudence : le Conseil européen pourrait choisir un autre candidat que la tête de liste du parti vainqueur.

Le 27 mai, le Conseil européen a refusé de nommer directement Jean Claude Juncker, le candidat du PPE sorti vainqueur des élections européennes, à la présidence de la Commission.

  • 26-27 juin 2014: Prochain sommet européen

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