Présentée comme un moyen de renforcer l’intégration des jeunes immigrés, l’initiative a subi une pluie de critiques en Italie en raison de son caractère potentiellement discriminatoire. De son côté, le pacte européen sur l’immigration, nouvellement adopté, a été vivement critiqué pour son manque de lignes de conduite claires sur l’intégration.
L’initiative italienne controversée, qui a déjà été adoptée par la Chambre des députés le mardi 14 octobre, envisage la création de classes spéciales pour les élèves étrangers qui ne parlent pas italien.
Les enfants possédant un passeport étranger devraient passer un test spécial avant d’être admis dans les écoles, ceux qui échouent devant alors suivre des cours de langue intensif, voire de civisme.
La mesure a été soumise par Roberto Cota, leader de la Ligue du nord à la Chambre. Ce parti, souvent qualifié de populiste et de xénophobe, a présenté son initiative comme un pas en direction de l’égalité des chances et de l’intégration facilitée des élèves étrangers.
Mais le plan s’est rapidement attiré les critiques de l’ensemble du spectre politique. Walter Veltroni, leader de l’opposition sociale-démocrate, a déclaré que la proposition était intolérable. Même des parlementaires de droite comme Alessandra Mussolini et Souad Sbai ont appelé à une réunion d’urgence avec la ministre de l’Education Mariastella Gelmini afin de débattre de la proposition.
Luciano Scagliotti, coordinateur du Réseau européen contre le racisme (ENAR) en Italie, a fait part de son indignation par rapport aux « classes d’intégration » proposées. « A ma connaissance, seule l’Afrique du Sud de l’apartheid présentait une telle disposition ».
Une dispute a éclaté lorsque les dirigeants européens ont adopté un pacte européen sur l’immigration et l’asile lors de leur sommet à Bruxelles (EURACTIV 15/10/08). Le pacte, qui a été officiellement avalisé lors du sommet du 16 octobre, a été mis sur la sellette par les ONG luttant contre la discrimination, qui le jugent trop axé sur les mesures à prendre pour enrayer l’immigration clandestine sans définir de directives claires par rapport à l’intégration des immigrants et des réfugiés.
Dans son projet initial, Brice Hortefeux, le ministre français en charge de l’Immigration, avait suggéré d’introduire des « contrats d’immigration » pour les immigrants, mais la proposition a été rejetée pendant les négociations pour gagner le soutien du gouvernement espagnol, mené par les socialistes.
Toutefois, le texte final comporte désormais une lacune. Il inclut en effet un paragraphe, rédigé de manière vague, appelant les pays européens à promouvoir une intégration harmonieuse des immigrants qui désirent d’installer à titre permanent.
Selon Luciano Scagliotto, la faiblesse des dispositions du pacte par rapport à l’intégration devrait désormais contraindre les institutions européennes à surveiller de près l’application de la directive anti-discrimination présentée en juillet (EURACTIV 03/07/08).
