La Commission invite le secteur privé à contribuer aux TIC

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ÉDITION SPÉCIALE / La Commission européenne devrait lancer en mars une initiative destinée à réduire l’écart entre la main d’œuvre non qualifiée et la demande grandissante en technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’UE.

Neelie Kroes, la vice-présidente de la Commission en charge des affaires numériques, lancera une grande coalition en faveur des compétences et des emplois dans le secteur du numérique lors d'une conférence à Bruxelles les 4 et 5 mars. Cette conférence sera l'occasion de confirmer les « promesses » de partenariat avec le secteur privé.

L'exécutif européen cherche à collaborer sur la formation en entreprise, à contribuer à la mobilité de la main d’oeuvre, à certifier les compétences, à améliorer les programmes scolaires et universitaires et à créer un environnement favorable aux jeunes entreprises.

Il tentera également d’aider le secteur à se débarrasser d’une réputation terne qui décourage en règle générale les jeunes, surtout les femmes.

L'appel à l'action de Neelie Kroes en Suisse

Mme Kroes a ouvert la voie au lancement de cette initiative grâce à un appel à l'action au Forum économique mondial de Davos (Suisse) le 24 janvier. Elle y a cherché en coulisse le soutien de cadres supérieurs du secteur des TIC pour qu'ils formulent des promesses concrètes et soutiennent le programme.

Une feuille de route commune et un projet de mise en oeuvre seront présentés par la grande coalition en faveur des compétences et des emplois dans le secteur du numérique lors d'une conférence où une liste d’actions de grande envergure devra être appliquée à court terme.

L'exécutif européen a déjà rassemblé des promesses de la part d'entreprises telles qu'Alcatel-Lucent, Cisco, Hewlett-Packard, Nokia, Randstad, SAP et Telefónica. Elles se sont engagées à créer des emplois, des stages, des lieux de formation, des financement de jeunes entreprises et des cours universitaires gratuits en ligne.

EURACTIV a cru comprendre que SAP annoncera l’extension de son initiative Academy Cube lors de la conférence.

Cette initiative vise à identifier les occasions professionnelles pour les jeunes Européens et leur offrir des programmes de formation destinés à faciliter le recrutement dans des entreprises allemandes.

Elle comprend bon nombre des plus grandes entreprises allemandes de technologies de l'information (TI) et collabore avec le gouvernement allemand afin de concilier les lacunes stratégiques éventuelles de programmes d'enseignement et de compétences et les besoins d’'innovation.

L’engagement de SAP en faveur d’une collaboration avec la Commission permettra l'extension du programme à d'autres États membres et son développement au niveau paneuropéen.

Des fédérations rejoignent la coalition

Outre des entreprises privées, le Conseil européen des associations de professionnels de l'informatique et Digital Europe, la fédération européenne des TIC, ont également promis d’apporter un soutien stratégique.

Startup Europe, une plateforme unique pour les outils et les programmes de soutien aux personnes désireuses de créer et d'étendre des sociétés de l'Internet, y contribuera également en vue de stimuler l'entrepreneuriat dans le secteur des TIC.

La lassitude constitue un problème épineux autour de la nouvelle initiative puisque le programme pour la croissance et l'emploi a déjà assuré le lancement de nombreuses jeunes entreprises, ce qui détourne l'attention de l'opinion publique.

La grande coalition fait elle-même partie de la stratégie pour l'emploi tant vantée par la Commission. Elle souhaite capitaliser et intensifier les politiques existantes, comme la stratégie numérique pour l'Europe, la stratégie en matière de compétences numériques, l'initiative pour l'ouverture de l'éducation, la stratégie pour repenser l'éducation, l'initiative sur les perspectives d’emploi des jeunes et le panorama européen des compétences.

Comment faire la différence ?

Des doutes subsistent sur la manière dont l'exécutif européen empêchera la grande coalition de disparaître dans ce méli-mélo politique.

Le personnel de la Commission estime que la manière de préparer certaines de ces politiques démontre qu'il s'agit d'une affaire sérieuse. Les programmes de « tickets de formations » sont, par exemple, déjà utilisés en Allemagne et en Espagne.

Ce type de programme axés sur des tickets a permis de créer de l'emploi pour 60 à 70 % des 20 000 participants et la Commission veut reproduire et augmenter l'ampleur de l'idée à l'échelle européenne.

Il vise également à faciliter la mobilité des personnes au chômage et à normaliser les certificats de compétences grâce à un cadre des compétences numériques transformé disponible dans les 23 langues officielles de l'UE.

La création d'emploi, un facteur clé

Des responsables collaborent aussi à l'intégration d’indicateurs de progrès dans la stratégie de coalition, préférable afin d’estimer le succès des différents systèmes.

« Le facteur de réussite clé consistera en la réduction de l'écart de [compétences relatives aux TIC], la conversion de chômeurs en employés et la hausse et non la baisse du nombre de diplômés en programmes liés aux TIC », a déclaré à EURACTIV un responsable de l'UE impliqué dans le projet.

Bon nombre de paramètres dépendront cependant de l'implication du secteur privé pendant et immédiatement après son lancement et de la capacité de Mme Kroes à mener l'initiative alors que la Commission jongle déjà avec une série d'initiatives liées à l'union bancaire afin de répondre à la crise et que son mandat se termine à la fin de l'année prochaine.

« Le déficit de compétences numériques se creuse pendant que la liste des chômeurs s’allonge. Pour le combler, il faut une action commune des pouvoirs publics et des entreprises », a déclaré Neelie Kroes, la vice-présidente de la Commission européenne.

« Le secteur des TIC est la nouvelle épine dorsale de l'économie européenne, et ensemble nous pouvons éviter que l’Europe ne gâche une génération et ne perde sa compétitivité. C’est pourquoi j’attends des engagements concrets de la part des entreprises et j'adresserai la même demande à tous ceux que je rencontrerai. La Commission fera sa part du travail, mais elle ne peut tout assumer seule : les entreprises, les partenaires sociaux et les acteurs de la formation – y compris au niveau national et régional – doivent être à nos côtés. » a-t-elle poursuivi.

Pas moins de 700 000 postes sont à pourvoir dans le secteur européen des TIC tandis que la compétitivité de l'Europe se dégrade. Le nombre d'emplois dans le domaine du numérique est en augmentation, 3 % par an en cette période de crise, mais le nombre de nouveaux diplômés en TIC et d'autres travailleurs qualifiés dans ce domaine décline.

  • 4 et 5 mars : conférence à Bruxelles pour le lancement de la grande coalition en faveur des compétences et des emplois dans le secteur du numérique

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