La première ministre danoise dérangée par les rumeurs

Helle Thorning-Schmidt

Council president Herman Van Rompuy, Poland's president Donald Tusk and Denmark's prime minister Helle Thorning-Schmidt at a ceremony of celebrating Croatia's signing of Accession Treaty, December 2011. [President of the European Council/Flickr]

Helle Thorning-Schmidt est pressentie dans son pays comme la prochaine présidente de la Commission européenne ou du Conseil. Des rumeurs persistantes qui agacent la première ministre danoise.

Ce jeudi 19 juin, Helle Thorning-Schmidt se rendra à Berlin pour déjeuner avec Angela Merkel et rentrera le même jour à Copenhague. La rencontre a apparemment été fixée au début du mois de mai.

Selon le quotidien Jyllands-Posten, la possible candidature de la première ministre à la tête de l’une des institutions européennes ne sera pas officiellement au programme lors de cette rencontre entre les deux chefs d’État.

Selon les médias britanniques, Helle Thorning-Schmidt, qui pilote une coalition de centre-gauche au sein de son pays, pourrait être une figure de compromis et obtenir le soutien de plusieurs États membres, alors que la candidature de Jean-Claude Juncker, la tête de liste du Parti populaire européen (PPE) et soutenu par Angela Merkel fait face à l’hostilité déclarée du premier ministre britannique David Cameron.

Ce dernier craint en effet que le candidat du PPE,  partisan d’une intégration renforcée de l’Union européenne, complique la renégociation des relations entre les Britanniques et l’Union européenne avant la tenue du référendum en 2017. 

Les spéculations sur le futur politique de Helle Thorning-Schmidt, ont cependant le don d’agacer profondément la chef de gouvernement danoise, a-t-elle indiqué au tabloïd danois BT le 13 juin.

« C’est vraiment inopportun. Cela me dérange dans mon travail. Je réponds à chaque fois la même chose aux gens qui me posent cette question. Je veux avant tout sortir le Danemark de la crise. Je ne veux pas donner la possibilité [d’accéder au pouvoir] aux quatre partis d’opposition. Je ne vais pas les voir mener des expériences avec le Danemark », a déclaré la première ministre.

Au début de son mandat en septembre 2011, Helle Thorning-Schmidt souffrait de sondages qui lui étaient défavorables. Elle est devenue populaire depuis que le petit pays scandinave connaît une embellie économique et elle profite des bévues de ses rivaux politiques. Les sociaux-démocrates, le parti de la première ministre, reste selon les derniers sondages le premier parti en termes d’intention de votes. Helle Thorning-Schmidt est donc en bonne voie pour remporter les élections législatives qui se tiendront l’année prochaine.

Au Danemark, les commentateurs politiques spéculent depuis des mois pour savoir si la première ministre se verrait offrir le poste de la présidence du Conseil européen, occupé actuellement par Herman Van Rompuy. La première ministre, qui est proeuropéenne, ne mentionne quasiment jamais l’UE dans ses discours, le pays restant majoritairement eurosceptique.

Mais dernièrement, elle a tenu publiquement des propos positifs concernant l’UE. Cette sortie de Helle Thorning-Schmidt a permis au leader populiste du Parti populaire danois, Kristian Thulesen Dahl, de critiquer le gouvernement danois sur cette prise de position en faveur de l’UE.

« Mais [ces déclarations] prouvent peut-être qu’Helle Thorning-Schmidt ne compte pas rester au Danemark. Peut-être qu’elle aspire à une autre carrière, et si vous voulez un poste au sein de l’Empire romain, alors peut-être ne devez-vous pas être en désaccord avec Rome », a-t-il ajouté. « Chère Helle, je pense que vous devriez rester et aller à la rencontre de vos électeurs lors des prochaines élections, afin qu’ils puissent vous juger selon vos mérites », a-t-il ajouté. 

Les élections européennes ont eu lieu dans tous les États membres en mai 2014. Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, prévoit que le Parlement européen élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil qui tiendra compte des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du TUE). Cette disposition s'applique pour la première fois dans le cadre des élections de 2014.

Le Parlement européen et de nombreux spécialistes ont incité les partis à désigner leur tête de liste pour les campagnes électorales. Les élections européennes sont de facto une course à la présidence de la Commission.

D'autres responsables politiques estiment toutefois que désigner son propre candidat ne serait pas la solution idéale. Les attentes pourraient bien être déçues. M. Van Rompuy a d'ailleurs appelé à plusieurs reprises à la prudence : le Conseil européen pourrait choisir un autre candidat que la tête de liste du parti vainqueur. 

  • 19 juin : Helle Thorning-Schmidt rencontre Angela Merkel à Berlin
  • 26-27 juin : sommet de l'UE à Bruxelles
  • Printemps 2015 (normalement) : élections législatives au Danemark

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