Christine Lagarde appelle à l’élaboration d’une union des marchés de capitaux « verts »

Christine Lagarde a rappelé début juin l’engagement de la BCE à maintenir des « conditions de financement favorables » jusqu’à la reprise durable de l’économie. [EPA-EFE/ANTONIO COTRIM]

La présidence de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a appelé mercredi (30 juin) au lancement d’initiatives afin de créer une union des marchés de capitaux pour la finance durable.

À l’occasion du Brussels Economic Forum (BEF), Mme Lagarde a exprimé ses inquiétudes concernant la capacité des investisseurs privés à permettre de mobiliser les fonds destinés à stimuler les transitions verte et écologique.

Afin d’abolir les barrières nationales qui restreignent les investissements, la cheffe de la BCE a appelé à faire des progrès afin de mettre en chantier une « union des marchés de capitaux “verts” ».

En 2015, la Commission européenne a esquissé une série de propositions pour simplifier les activités transfrontalières de marchés financiers au sein de l’UE. Après des années de progrès vains, Bruxelles a finalement présenté un plan d’action en 2020 pour redynamiser les efforts accomplis.

« Comme nous l’avons vu il y a quelques années, et comme – j’en suis certaine – nous le verrons à l’avenir, cela prend du temps » de façonner une union des marchés de capitaux, et ce, notamment parce que ces marchés étaient développés à l’échelle nationale, a-t-elle expliqué.

Mme Lagarde a appuyé qu’il était possible d’effectuer des « progrès rapides » quant à l’élaboration d’une union des marchés de capitaux « verts », puisque des instruments financiers tels que les obligations vertes ont déjà fait leur entrée à l’échelle européenne.

La BCE devrait garder le rythme pour accompagner l’embellie économique

Malgré les signes de reprise économique, la Banque centrale européenne devrait reconduire jeudi sa potion anti-crise sans se laisser impressionner par le retour de l’inflation et les investisseurs à l’affût d’un changement de cap monétaire.

Le bloc est à la tête du marché des obligations vertes, qui représentait environ 60 % des émissions globales en 2020. De plus, l’euro est désormais la première devise utilisée pour la finance « verte » : la moitié de toutes les obligations vertes à l’échelle mondiale ont été émises en euros.

La présidente de la BCE a indiqué que les marchés de capitaux étaient mieux adaptés que les banques pour financer les secteurs orientés vers l’avenir, notamment l’écologie et le numérique, en raison entre autres du lien direct qu’ils offrent pour financer des projets bien définis.

De ce fait, Christine Lagarde argue que certaines initiatives sous le plan d’action de l’union des marchés de capitaux « devraient être accélérées, même si elles ne s’appliquent qu’à la finance durable pour l’instant », étant donné qu’elles pourraient établir les normes pour une union des marchés de capitaux plus large par la suite.

Dans sa liste des priorités, la haute fonctionnaire française a évoqué la mise sur pied d’un contrôle européen ad hoc des produits financiers verts sous scellés de l’UE, notamment la norme de l’UE en matière d’obligations vertes que la Commission européenne présentera la semaine prochaine. Pour rappel, il s’agit d’un cadre facilitateur de l’Union européenne visant à augmenter les investissements publics et privés dans des activités économiques durables sur le plan environnemental en se basant sur la taxinomie européenne de la durabilité.

Elle a ajouté que le bloc devrait harmoniser la gestion fiscale des produits financiers durables pour empêcher des fragmentations nationales. De même, il convient de renforcer la convergence dans les cadres nationaux d’insolvabilité, et notamment de rendre possibles des procédures particulières pour la finance « verte ».

« Certains de vous pourraient se montrer sceptiques, mais cela vaut la peine d’essayer. Car si les résultats s’avèrent concluants, nos efforts accéléreront non seulement la transformation de notre économique, mais ils agiront également comme moteur pour les marchés de capitaux en général », a-t-elle souligné.

De son côté, le député européen vert Ernest Urtasun s’est prononcé en faveur de prioriser les initiatives « vertes » sous le paquet de l’union des marchés de capitaux, bien que « le chemin soit encore long ».

Devant les journalistes, M. Urtasun a ajouté que certaines idées proposées ne seraient pas soutenues par les eurodéputés, y compris la possibilité de réduire l’exigence de fonds propres pour les investissements « verts ».

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