Le dernier débat télévisé sur les européennes est resté franco-français

Les participants au débat télévisé sur France 2, le 22 mai

Les chefs de parti invités par la chaîne publique ont plus parlé de France que d’Europe. La question de l’immigration a accaparé le débat.

Le débat organisé par la chaîne de télévision France 2 jeudi soir à 3 jours des élections européennes est resté, comme prévu, franco-français. Éconduits par la chaîne, les candidats à la présidence de la Commission européenne Martin Schulz et Guy Verhofstadt ont été remplacés par le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, ainsi que François Bayrou, chef de file du MoDem.

Un débat avec des non-candidats aux élections

La chaîne a choisi délibérément des chefs de partis plutôt que des candidats, dont Jean-François Copé, ce qui a limité la portée européenne du débat. Sur les 6 participants, la moitié seulement (Jean-Luc Mélenchon pour le Front de Gauche, Yannick Jadot pour les Verts et Marine Le Pen pour le FN) se présentaient aux élections.

  La télé française s’était déjà démarquée en refusant la diffusion du débat entre les candidats à la présidence de la Commission européenne.

>>Lire : La télé française fait l’impasse sur le débat électoral européen

« C’est un choix étrange de ne pas prendre de candidats aux élections dans un débat sur les élections » reconnait- on dans l’entourage du candidat Martin Schulz

L’Europe présentée comme une idée de gauche

Les journalistes de la chaîne ont néanmoins posé 4 questions successives à Stéphane Le Foll sur Martin Schulz, et lui ont demandé « pourquoi le PS avait souhaité « européaniser » le débat, laissant entendre comme l’a affirmé Jean-Luc Mélenchon, le représentant du Front de Gauche, plus tard, que « l’Europe est une idée de gauche ».

Une hypothèse refoulée par Stéphane Le Foll, qui a insisté sur l’Europe sociale et la question du salaire minimum européen pour défendre le futur de l’Europe.

Immigration et Schengen, des sujets français

La droite a eu à cœur de franciser le débat, dont la deuxième partie a largement tourné autour des questions d’immigration.  Un sujet qui a donné lieu à des invectives entre les candidats, et surtout à une vive passe d’armes antre Jean-François Copé et Marine Le Pen.

>>Lire : l’UMP veut rendre Schengen plus select

De son côté, le centriste François Bayrou a peiné à se démarquer de l’UMP, alors que Jean-François Copé rappelait à plusieurs reprises que l’UDI et l’UMP pensaient la même chose. Une idée avec laquelle les centristes de l’UDI-MoDem souhaitent rompre.

Ne pas tirer d’enseignement du vote, prévient le PS

Le porte-parole du gouvernement à appeler à aller voter dimanche,  tout en commençant à divulguer les éléments de langage que son parti risque de devoir répandre dimanche.  « On ne peut tirer d’enseignement définitif d’une élection européenne. En 2009, le PS était à 16% (…) Cela ne l’a pas empêché de gagner ensuite l’élection présidentielle ».

Petite victoire pour l’Europe, les téléspectateurs ont montré un certain intérêt pour le débat, avec 2,2 millions de participatns et 10,5 de part d’audience en début de soirée.

 

 

 

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