Le duel télévisé des élections européennes est supprimé

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L'Union européenne de radio-télévision a annulé le débat télévisé prévu entre les deux principaux candidats à la présidence de la Commission, sur fond de désaccords entre les partis politiques européens au sujet du format de l'événement.

Le face-à-face télévisé entre les deux principaux candidats à la présidence de la Commission européenne n’aura pas lieu. L’Union européenne de radio-télévision (UER) qui l’avait annoncé le 26 février  a fait machine arrière dans un communiqué, sans apporter de  justification.

L’UER avait prévu un débat télévisé entre les deux candidats qui auront le plus de chance de remporter la présidence de la Commission, qui devait avoir lieu le 20 mai, deux jours avant l’ouverture des urnes.

>> Lire : Face à face télévisés entre les candidats aux européennes

Ce débat aurait vraisemblablement opposé le candidat socialiste, l’Allemand Martin Schulz au candidat de centre-droit, dont l’identité sera dévoilée à l’issue du congrès du Parti populaire européen (PPE) qui débute aujourd’hui (6 mars) à Dublin.

L’UER va cependant maintenir le débat général prévu entre tous les candidats à la présidence de la Commission européenne programmé le 15 mai prochain.

L’organisation d’un seul débat « était le projet initialement prévu de toute façon », a expliqué Ben Steward de l’UER à EURACTIV. « Nous nous en tenons donc à ce premier débat avec autant de candidats que possible ».

Un format peu équitable

Lors de réunions après l’annonce de l’UER, les plus petits partis comme l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) et les Verts avaient critiqué le format du face-à-face. Selon les deux partis, ce duel ne leur donnait pas une visibilité équitable en amont des élections entre le 22 et le 25 mai.

« Ces débats [y compris le tête-à-tête télévisé] sont coorganisés avec le Parlement européen. Nous espérions que la visibilité des groupes politiques corresponde à leur représentation [au Parlement européen] » a déclaré à EURACTIV Johannes Hillje, directeur de campagne pour les Verts européens.

L’Alliance des conservateurs et réformistes européens (ACRE) a déclaré vouloir participer au débat si l’un de ses membres y était convié. Mais, cette idée ne rentre pas dans les plans de l’UER qui ne compte inviter que les candidats officiels à la présidence de la Commission.

Un Martin Schulz surmédiatisé ?

Selon des sources internes au Parlement, Martin Schulz et son équipe ont décidé de ne pas accepter un face à face de peur de perdre le soutien politique de plus petits partis européens.

Cette décision fait suite à la publication d’un communiqué des coprésidents des Verts, Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit, publié ce week-end et qui dénonce le rapport de forces déloyal :

« Il ne devrait y avoir aucune ambiguïté entre la fonction de Président du PE, représentant les citoyens européens au sein de l’unique institution européenne élue via le suffrage universel et l’aspect clairement politique et partisan de la candidature à la présidence de la Commission européenne ».

Un accord a été trouvé pour les commissaires européens qui se présentent aux élections : ils démissionneront et seront remplacés durant la dernière ligne droite pour la législature de l’exécutif européen. Aucune règle de ce type n’existe cependant pour le président du Parlement.

Presque tous les candidats ont été nommés

Dans le même temps, un nouveau sondage publié hier (5 mars) confirme que les socialistes sont toujours en tête. L’écart vis-à-vis du PPE a toutefois diminué par rapport au dernier sondage. La Gauche verte (GUE/GVN) connaît une montée impressionnante dans les intentions de vote. Le deuxième sondage de PollWatch indique que ce parti dépasserait le groupe ADLE et se hisserait ainsi à la troisième place.

Lors du congrès du PPE, qui débute aujourd’hui à Dublin, les partis membres devraient adopter leur manifeste électoral et élire le candidat à la présidence de la Commission. Trois candidats sont en lice : le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, le Français Michel Barnier et le Letton Valdis Dombrovskis, comme l’a rapporté précédemment EURACTIV.

Les socialistes, les libéraux, les verts et la Gauche européenne ont déjà tous sélectionné leur candidat.

>> Lire le LinksDossier d’EURACTIV :  Hautes fonctions européennes : à qui le tour ?

Les élections européennes de mai 2014 seront les premières organisées depuis le traité de Lisbonne, qui renforce le pouvoir du Parlement dans le processus de nomination du président de la Commission.

Avant décembre 2009, date de l'entrée de vigueur du traité de Lisbonne, les dirigeants des États européens choisissaient le président à huis clos dans le cadre d'un accord sur l'ensemble des hautes fonctions européennes à pourvoir.

En vertu de l'article 17, paragraphe 7 du TUE, les dirigeants des États européens doivent maintenant « tenir compte » des résultats des élections européennes et désigner leurs candidats à l'issue de « consultations appropriées ».

Les partis ont pris les choses en main et ont désigné leur propre candidat à la présidence de la Commission. Ces candidats mèneront la campagne paneuropéenne. À l'issue des élections en mai, la plus grande force politique au Parlement européen devrait normalement présenter son candidat pour succéder à l'actuel président de la Commission, José Manuel Barroso.

>> Lire notre linkdossier sur les hautes fonctions européennes

  • 6-7 mars 2014 : congrès du PPE (centre-droit) à Dublin
  • 14 et 17 avril :  dernière session plénière du Parlement européen 2009-2014
  • 28 avril :  date (provisoire) pour un débat présidentiel à l'université de Maastricht (Pays-Bas)
  • Avril-mai : d'autres débats à confirmer
  • 15 mai :  date pour un débat présidentiel au Parlement à Bruxelles organisé par l'UER
  • 22-25 mai : élections au Parlement européen

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