Le groupe de Nigel Farage de nouveau écarté des postes clés au Parlement européen

Nigel Farage. European Parliament, 2011. [EP/Flickr]

Après avoir privé le groupe eurosceptique EFDD de la présidence d’une commission au Parlement européen en juillet, les groupes pro-européens ont une nouvelle fois fait front commun face à Nigel Farage lors de la distribution des présidences de délégation. 

Déjà exclu des présidences des commissions parlementaires, le groupe eurosceptique Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD) mené par l’eurodéputé britannique Nigel Farage est en passe de se faire souffler les présidences de délégations.

>>Lire : Le groupe de Nigel Farage privé de postes au Parlement européen

?Les 43 délégations du Parlement européen ont pour but de « maintenir et développer les contacts internationaux de l’institution. Bien plus nombreuses que les commissions et sans rôle législatif, elles permettent toutefois au Parlement d’entretenir des liens réguliers les pays tiers.

Le 13 octobre, une partie des  différentes délégations du Parlement européen ont tenu leurs réunions constitutives, au cours desquelles sont élus à bulletin secret les présidents et vice-présidents. Un exercice qui se déroule normalement sans encombre, puisque les postes clé au sein des différents organes du Parlement sont distribués selon un système établi: le système d’Hondt. 

Répartition équitable

Ce système permet une réparation équitable entre les différents groupes politiques du Parlement en fonction du nombre respectif d’eurodéputés de chacun de groupes politiques du Parlement européen. 

Une règle acceptée par tous les bords politiques. Depuis les élections européennes et la performance des partis eurosceptiques, le poids du groupe Europe libertés démocratie directe a augmenté au sein du Parlement. 

Le groupe EFDD compte maintenant 48 eurodéputés, contre 31 lors de la dernière mandature (2009 et 2014). Une progression qui lui permet normalement de revendiquer davantage de postes à responsabilité au sein des commissions et délégations du Parlement européen.   

Front pro-européen

Mais les principaux partis pro-européens, le Parti populaire européen (PPE), les socialistes et démocrates (S&D) et l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) se sont ligués contre le groupe de Nigel Farage dans la distribution des présidences au sein des commissions parlementaires.

« Dans la délégation pour les relations avec le Parlement panafricain, la présidence devait revenir à un eurodéputé EFDD. Mais les grands groupes politiques ont choisi de présenter un autre candidat qui a été soutenu par les socialistes, le PPE, les libéraux et les Verts » explique l’eurodéputée française Marie-Christine Vergiat (Front de Gauche), qui siège au sein de cette délégation. 

« En ce qui concerne ces délégations, les positions ne sont ni proportionnelles ni représentatives. Il s’agit d’une  technique des grands groupes pour exclure les voix légitimes mais minoritaires qui s’expriment à ce sujet. Toute forme d’acceptation commune du système D’Hondt a été rejetée par le Parlement européen et je suis sûre que les nombreux électeurs des représentants du groupe EFD seront offensés que [l’Europe] ait fait la sourde oreille face à leurs revendications »  a affirmé Hermann Kelly, le porte-parole du groupe EFDD à EURACTIV.  

En plus de la délégation pour les relations avec le Parlement panafricain, trois autres eurodéputés EFDD se sont vus écartés de postes clés au sein des délégations avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, avec le Monténégro et avec les pays du Maghreb. 

Le reste des présidences et vice-présidences de délégations doit être mis au vote le 16 octobre. 

Déjà vu

Ce n’est pas la première fois que les partis pro-européens font bloc face au groupe eurosceptique.

Lors de l’élection des présidences de commissions parlementaires, le groupe de Nigel Farage s’était déjà fait souffler le poste de président de la commission des pétitions, obtenu par la députée libérale suédoise Cecilia Wikström à la faveur d’une coalition entre les trois principaux groupes politiques du Parlement européen.

>>Lire : Les Verts soutiennent Farage dans la bataille des postes au Parlement européen

Une dérogation au système de répartition des postes qui n’avait alors pas plu au groupe des Verts.  Européens convaincus, les écologistes s’étaient indignés de la pratique, dénonçant « une atteinte grave au processus démocratique au sein du Parlement européen ». 

Le mode de désignation des présidents des différentes commissions et délégations au sein du Parlement européen se fait selon les principes du système d'Hondt - système appelé selon le mathématicien belge qui avait imaginé cette méthode. Selon ce système, la distribution des postes est faite selon la taille des groupes.

Cependant, l'affectation précise des sièges peut faire encore l'objet de changement jusqu'à la dernière ministre, tant que les négociations et marchandages se poursuivent entre les principaux groupes politiques. 

  •  16 octobre 2014 :  une partie des délégations doivent élire leurs présidents et vice-présidents

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