Le mouvement coopératif convient aux femmes et à la crise

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ÉDITION SPÉCIALE / Les femmes qui travaillent dans des coopératives ont plus d’opportunités d’obtenir une promotion, un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, un développement professionnel et un salaire égal à celui des hommes, selon une étude dévoilée hier (16 octobre) à Bruxelles.

 

Ces conclusions rejoignent celles d’un rapport publié cet été (26 juin) que les coopératives disposent de la structure organisationnelle la plus adaptée pour résister à la crise économique qui étouffe l'Europe.

 

Des représentants des coopératives espagnoles, françaises et italiennes (généralement appelées PME parce qu'elles emploient moins d'employés que les grandes entreprises) ont présenté ces conclusions lors d'un séminaire organisé en même temps que la semaine européenne des PME dont l'un des thèmes principaux cette année est le taux d'emploi des femmes.

 

Un écart de rémunération plus faible entre les hommes et les femmes

 

S’exprimant sur les résultats de la recherche menée par l'organisation française des coopératives, CG Scop, Catherine Friedrich a déclaré que trois quarts des répondants à l'enquête avaient indiqué qu'ils étaient satisfaits de leurs opportunités de promotion au sein des coopératives.

 

Selon elle, ces conclusions sont particulièrement significatives parce que les coopératives sont généralement trop petites pour relever de la réglementation française qui impose aux plus grandes entreprises de garantir aux femmes des possibilités de promotion égales à celles des hommes.

 

Le même nombre de répondants environ (72 %) a indiqué qu'il n'y avait aucune différence entre les salaires des hommes et ceux des femmes sur leur lieu de travail.

 

« Même si 20 % ont reconnu qu'il existait des différences entre les salaires, ce résultat doit être placé dans le contexte de la moyenne française, à savoir que les hommes reçoivent des salaires supérieurs de 9 % à celui des femmes pour le même travail, à tous les niveaux », a ajouté Mme Friedrich.

 

Des résultats similaires en Espagne, en France et en Italie

 

Les résultats de cette étude française étaient largement similaires aux conclusions d’études menées en Espagne et en Italie. Dans ces trois pays, la grande majorité des femmes qui travaillent dans des coopératives était satisfaite de l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, des opportunités de promotion et de l'accès aux programmes de développement professionnel.

 

Ces femmes étaient également plus instruites que leurs homologues qui ne travaillaient pas dans le secteur des coopératives. Avec deux enfants en moyenne, leur famille était plus grande que la moyenne dans ces pays.

 

« Nous avons constaté une augmentation du nombre de femmes employées dans des coopératives aussi bien en 2011 qu'en 2012. Les coopératives constituent un bon moyen de créer des emplois dans les bons moments comme dans les mauvais », a indiqué Paloma Arroyo, directrice de la Confédération espagnole des coopératives de travail associé (COCETA).

 

En Espagne, les coopératives ont choisi d'utiliser des ressources communes pour « suspendre » des employés qui ne sont pas nécessaires en période de crise. Ils restent inscrits sur la feuille de paie en attendant que les besoins de main-d'oeuvre augmentent dès que la crise se résorbera.

 

Les coopératives résistent mieux à la crise financière

 

Plus tôt cette année (le 26 juin), le Comité européen des coopératives de production et de travail associé, des coopératives sociales et des entreprises participatives (CECOP) a publié un rapport qui laisse entendre que les coopératives ont mieux résisté à la crise financière que les entreprises ordinaires.

 

Le rapport intitulé « La résistance du modèle coopératif » démontre que les travailleurs-membres et les copropriétaires de leurs entreprises définissent des stratégies à court terme et à long terme qui donnent la priorité à la sauvegarde des emplois et à l'innovation.

 

Paloma Arroyo, directrice de la Confédération espagnole des coopératives de travail associé (COCETA), a expliqué que les résultats des enquêtes espagnoles, françaises et italiennes seront formulés dans un rapport qui sera bientôt publié. Ce rapport donnera une vue d'ensemble complète de l'intégration des femmes dans la main-d'œuvre de ces pays.

Réactions

« En moyenne, les femmes qui travaillent dans des coopératives ont 40 ans, deux enfants et un diplôme universitaire. Elles travaillent souvent dans des coopératives sociales impliquées dans les soins de santé, l'éducation, le tourisme, etc. qui jouent un rôle de médiateur. Elles bénéficient d'un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, un salaire égal et les mêmes possibilités de formation que leurs collègues masculins », a déclaré Paloma Arroyo, directrice de la Confédération espagnole des coopératives de travail associé (COCETA).

 

« Les coopératives permettent aux femmes de faire partie de la structure de gestion. Les femmes sont beaucoup plus heureuses de travailler au sein de ces coopératives que dans d'autres entreprises. Un dialogue social fort s’établit en dehors des syndicats et est donc très indépendant », a ajouté M. Arroyo.

 

« Nous remarquons que la résistance des coopératives de travail associé et des coopératives sociales face à la crise est plus forte dans les pays où ce type de coopératives est fortement implanté », peut-on lire dans le rapport intitulé « La résistance du modèle coopératif » publié cette année par le Comité européen des coopératives de production et de travail associé, des coopératives sociales et des entreprises participatives (CECOP).

 

« Même lorsque les coopératives sont présentes sur des marchés hautement concurrentiels, elles ont du succès parce qu'elles sont orientées vers des objectifs à long terme et qu'elles peuvent compter sur leurs ressources propres », a déclaré Benoît Hamon, le ministre délégué français en charge de l'économie sociale et solidaire dans un discours (26 juin) adressé à l’intergroupe Économie sociale du Parlement européen.

Contexte

Les 23 millions de PME constituent la moelle épinière de l'économie et représentent 99 % du commerce et 58 % du chiffre d'affaires dans l'UE. Leur développement et leur croissance sont nécessaires pour améliorer la compétitivité et renforcer l'attrait de l'Europe en tant que lieu pour les investissements et la production.

 

La semaine européenne des PME (15-21 octobre) est un forum qui regroupe des entreprises, des décideurs politiques et des investisseurs pour discuter d'idées en vue de promouvoir le secteur.

 

Avec plus de 1500 évènements se déroulant dans 37 pays ainsi qu'un sommet à Bruxelles le 17 octobre, la semaine européenne des PME est organisée par la DG entreprises et industrie. Il s'agit d'une campagne en vue de promouvoir l'esprit d'entreprise et d'informer les entrepreneurs sur le soutien disponible à l'échelle européenne, nationale, régionale et locale. 

Prochaines étapes

  • 15-21 oct. : semaine européenne des PME

Plus d'information

 

Fédérations

  • European Private Equity and Venture Capital Association: Site Internet

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