Le parti féministe suédois en bonne voie pour les européennes

Feminism

Gudrun Schyman à Stockholm le 8 mars. [Mimika Kirgios/Flickr]

Le parti suédois « l’initiative féministe », pourrait obtenir son premier siège au Parlement européen lors des prochaines européennes.

Les sondages accréditent le parti suédois « Initiative féministe », de 4,3 % des intentions de vote. Il passerait ainsi tout juste au-dessus du seuil nécessaire pour obtenir l’un des vingt sièges attribués à la Suède au sein du Parlement européen. En 2009, le parti avait obtenu 2,2 % de votes.

« C’est une évolution incroyable étant donné que le parti n’a arraché que 1 % des votes lors des dernières législatives », a expliqué Drude Dahlerup, professeure de sciences politiques spécialisée sur les questions de genre et ancienne dirigeante du Parti de gauche à l’université de Stockholm. Le parti ne dispose pas d’un électorat stable, mais il est porté par sa chef charismatique, Gudrun Schyman, a expliqué Drude Dahlerup sur la chaîne SVT.

Mais, selon elle, les électeurs pourraient être déçus quand ils vont se rendre compte qu’elle ne fait pas partie de la liste des candidats pour les élections.

Le parti féministe, été fondé en 2006, est connu pour avoir organisé des « performances » politiques controversées dans le passé. En juillet 2010, ses membres ont par exemple brûlé 100 000 couronnes (11 089 euros) afin de dénoncer les discriminations salariales entre hommes et femmes. Lors de son intervention, Drude Schyman a également attiré l’attention sur une proposition qu’elle avait faite en 2004, et que les médias avaient baptisée d’« impôt masculin ». Le but de cet impôt était alors de punir les hommes pour la violence faite contre les femmes.

Selon Drude Schyman, le Parti initiative féministe ira certainement rejoindre le groupe parlementaire Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique s’il remporte un siège lors des prochaines élections.

Les élections européennes seront organisées dans tous les États membres en mai 2014. Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, prévoit que le Parlement européen élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil qui tiendra compte des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du TUE).Cette disposition s'appliquera pour la première fois dans le cadre des élections de 2014.

 Le Parlement européen et de nombreux spécialistes ont incité les partis à désigner leur tête de liste pour les campagnes électorales. Les élections européennes seront de facto une course à la présidence de la Commission. Les campagnes pourraient être plus politisées et le taux de participation des électeurs pourrait grimper.

D'autres responsables politiques estiment toutefois que désigner son propre candidat ne serait pas la solution idéale. Les attentes accrues pourraient facilement engendrer de la déception. M. Van Rompuy a d'ailleurs appelé à plusieurs reprises à la prudence : le Conseil européen pourrait choisir un autre candidat que la tête de liste du parti vainqueur.

  • 22-25 mai 2014 : élections au Parlement européen

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