Les commissaires européens élus s’interrogent sur leur futur

Olli Rehn

Olli Rehn regarde à l'horizon

Sept commissaires européens ont obtenu un siège au Parlement. Quatre d’entre eux restent indécis. Ils doivent annoncer avant juin s’ils souhaitent ou non conserver un poste au sein de l’exécutif européen.

Sept commissaires de la Commission Barroso II ont participé aux européennes, tous ont été élus.

  • Viviane Reding, la commissaire luxembourgeoise en charge de la justice et des droits fondamentaux, a mené avec succès la liste de son Parti populaire chrétien social, affilié au PPE.
  • Antonio Tajani, le commissaire italien de l’industrie, a aussi obtenu un siège sur la liste du parti du Peuple de la liberté, également affilié au groupe de centre-droit européen.
  • Maroš Šef?ovi?, commissaire slovaque chargé de l’administration, a été élu pour la liste de Direction-Démocratie sociale (SMER). Son parti est membre du groupe socialiste.
  • Olli Rehn, commissaire finlandais en charge des affaires économiques et monétaires, est élu au Parlement au nom du Parti du centre, affilié au groupe libéral, ADLE.
  • Janusz Lewandowski, le commissaire polonais responsable du budget, a arraché un siège sur la liste Plateforme civique du premier ministre Donald Tusk, membre du PPE.
  • Neven Mimica, le commissaire croate en charge de la protection des consommateurs, représentera le Parti social-démocrate dans le groupe du PSE.

Élu sans le vouloir

Le cas du commissaire belge au commerce est quelque peu différent. Il figurait en dernière place sur la liste pour le parti Open-VLD de Guy Verhofstadt, sans avoir l’intention d’être élu. Mais, en raison du système préférentiel et de sa popularité, il arrive en troisième place et écope donc d’un mandat au Parlement.

Parmi les sept commissaires, Maroš Šef?ovi? est le seul à être à nouveau officiellement candidat pour son pays. Cela implique que son siège se libère en faveur du prochain candidat colistier qui n’a pas réussi à être élu.

Neven Mimica devrait également conserver un poste de commissaire, confirme son porte-parole David Hidson. Il n’a pas engrangé de bons scores lors des élections : le nombre de votes de préférence en sa faveur est peu élevé. Mais, étant donné qu’il était tête de liste, il a quand même obtenu le siège. Il reviendra sans aucun doute à la Commission pour occuper un mandat complet cette fois-ci. Il n’avait en effet rejoint la Commission qu’à partir du 1er juillet 2013.

Antonio Tajani est le seul à avoir annoncé sa volonté de rester au Parlement. Selon son porte-parole Carlo Corazza, il a obtenu plus de 100 000 votes dans le collège électoral italien de Lazio, Toscane, Ombrie et Marche dans le centre de l’Italie.

Pour les autres, rien n’est encore joué.

 Viviane Reding a déjà indiqué lors d’entretiens qu’elle souhaitait rester à la Commission. Mais elle veut également soutenir la candidature de son compatriote, Jean-Claude Juncker, l’ancien premier ministre luxembourgeois. Toutefois, seul un Luxembourgeois pourra faire son entrée à la Commission. On assume que Viviane Reding annoncera ses projets quand l’avenir politique de Jean-Claude Juncker sera décidé, probablement au cours du mois de juin.

 En ce qui concerne Janusz Lewandowski, selon des rumeurs, le premier ministre Donald Tusk doit toujours faire son choix. L’actuel commissaire polonais restera en place jusqu’à ce que le premier ministre prenne sa décision. Cette décision sera prise très bientôt, assure une source.

Olli Rehn: cas à part

Le cas d’Olli Rehn est particulièrement intéressant.

Il doit prendre une décision avant de discuter des autres fonctions européennes. Le responsable politique finlandais occupe le deuxième poste le plus important dans la Commission et a de grandes ambitions pour l’avenir. Guy Verhofstadt et Olli Rehn étaient au départ tous les deux candidats pour l’ADLE au poste de président de la Commission. En janvier, le Finlandais a toutefois laissé sa place au Belge en échange d’un autre haute fonction européenne dans les affaires économiques et étrangères.

>> Lire : Guy Verhofstadt évince Olli Rehn dans la course à la Commission

Olli Rehn ne devrait donc pas se satisfaire d’un siège au Parlement. Cependant, les décisions concernant les hautes fonctions, comme le poste de haut-représentant pour les affaires étrangères ne devrait pas être connues avant septembre. Olli Rehn pourrait occuper son siège ou risquer de perdre cette fonction en restant dans la Commission. Sa présence au sein de l’exécutif européen maximise ses chances de rester au courant de l’évolution de l’affaire. À l’inverse, s’il reste au Parlement européen, il risque d’être « oublié ».

Si les dirigeants des États européens décident de soutenir le premier ministre finlandais Jyrki Katainen au poste de président de la Commission, il s’agira d’un revers pour Olli Rehn. En effet, il est difficile d’imaginer que deux Finlandais occupent plusieurs hautes fonctions européennes.

La porte-parole Pia Ahrenkilde Hansen indique que les commissaires sont censés informer José Manuel Barroso de leurs intentions avant la fin du mois de juin. Selon elle, les commissaires qui deviendront eurodéputés seront remplacés par d’autres représentants de leur pays, à moins que les États membres n’en décident autrement à l’unanimité.

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