Les derniers arrivés dans l’UE restent enthousiastes

Sanita Pavluta- Deslandes, ambassadeur de Lettonie, et Veronika Stabej, ambassadeur de Slovénie

10 ans après l’intégration des pays d’Europe de l’Est, l’Albanie toque à son tour à la porte de l’UE. Les derniers arrivés au sein de l’Union se réjouissent de ce «succès collectif».

«Succès», «réussite»…les nouveaux entrants au sein de l’Union européenne osent des comparaisons rarement entendues ces temps-ci à propos de l’Union européenne.

Les ambassadeurs des pays et représentants des nouveaux pays membres de l’époque ont tiré le bilan de ces 10 dernières années dans l’UE, le 13 juin, lors d’une conférence organisée par Notre Europe. Ils ont aussi donné leur position sur les élargissements futurs, à l’heure où l’Albanie souhaite obtenir le statut de candidat à l’entrée dans l’UE.

Lors du prochain sommet européen des 26 et 27 juin, l’Albanie va en effet  solliciter l’accord des États membres, afin d’obtenir le statut de candidat à l’adhésion. Le président albanais, Edi Rama, a rencontré François Hollande à ce sujet, mercredi 11 juin.

Certains pays européens ont déjà fait savoir qu’ils s’opposeraient à cette demande de statut. Telle la République tchèque qui invoque un conflit entre la compagnie d’électricité publique tchèque et Tirana.

>> Lire aussi: Retour sur dix au sein de l’UE des nouveaux Etats membres

Solidarité face au reste du monde

Le souhait de l’Albanie s’explique d’autant mieux que pour tous les États membres de l’UE depuis 2004, le bilan est le même. Celui d’une Europe réussie qui a garanti une forme de stabilité pendant la crise, et qui assure un avenir économique face aux pays émergents.

« L’Europe est l’histoire d’un succès collectif, du succès de l’optimisme et de la solidarité. La non Europe est inconcevable pour faire face aux pays émergents » a déclaré l’ambassadeur de Pologne Tomasz Orlowski, en introduction de la conférence.

Si le chemin a été long et difficile selon Marek Estok , l’ambassadeur de Slovaquie, l’adhésion s’avère néanmoins un succès. Ce que confirme Nathasha Meli- Daudey, adjointe de l’ambassadeur de Malte.

« L’adhésion est une réussite. Surtout en pensant qu’il y a 20 ans elle ne faisait pas l’unanimité chez les Maltais. Aujourd’hui, avec 3% de croissance par an, Malte dispose du taux de croissance le plus élevé de l’UE » se félicite l’adjointe de l’ambassadeur maltais.

L’éducation, et la force du programme Erasmus sont également mises en avant durant la conférence. Le programme, qui a déjà permis à des millions d’Européens d’étudier dans un pays de l’UE sera doté d’un budget plus conséquent pour les cinq prochaines années. Appelé Erasmus +, il permettra à plus de 4 millions d’étudiants européens de courir les universités de l’UE.

« Les fonds européens ont permis entre autres d’investir dans l’éducation et la recherche » ajoute Nathasha Meli- Daudey.

L’entrée dans l’Union européenne a aussi été synonyme d’entrée dans l’eurozone pour certains pays. C’est le cas de la Slovénie, de la Slovaquie, de Chypre, de l’Estonie, la Lettonie, et de Malte. Ce sera bientôt le cas de la Lituanie, qui adoptera l’euro le 1er janvier 2015.

Un Etat plus transparent

 « Appartenir à l’UE était pour la Lettonie un choix naturel, qui a été confirmé par l’adoption de l’euro en janvier 2014. C’était un choix euro réaliste, car l’approfondissement européen passe forcément par l’euro » assure Sanita Pavluta- Deslandes, ambassadeur de Lettonie.

Les effets de l’adhésion de la Lituanie sont également palpables pour la conseillère aux affaires économiques de l’ambassadeur.

« L’adoption de l’acquis communautaire a permis la construction d’un État plus transparent.  Le bilan de ces dix dernières est extrêmement positif, et la Lituanie souhaite aller encore plus loin dans l’intégration, en adoptant l’euro l’an prochain » déclare Dalia Kreiviene, conseillère aux affaires économiques de l’ambassadeur de Lituanie.

L’ambassadeur de Slovénie, Veronika Stabej, se prononce même pour plus de fédéralisme à l’heure du 10e anniversaire de l’élargissement de l’UE.

 « Je crois en une Europe plus forte sur le plan politique et économique. Il faut poursuivre nos efforts d’intégration » a-t-elle déclaré.

Futurs élargissements

La Pologne se dit ouverte à de nouveaux élargissements, par la voix de son ambassadeur, même si le projet ne fait pas l’unanimité.

« La seule voie possible est celle de plus d’Europe. Il faut que le processus reste inclusif et ouvert à tous les pays désireux de s’y intégrer » explique Tomasz Orlowski.

Petinos Charalambos, conseiller de presse à l’ambassade de Chypre, est moins enthousiaste en raison des différents entre son pays et la Turquie. Il assure pourtant que Nicosie ne voit pas d’inconvénients à de futurs élargissements.

« Chypre est pour l’élargissement de l’UE , ainsi le gouvernement chypriote a donné en 2005 son accord au début des négociations avec la Turquie. En effet, le gouvernement chypriote pensait qu’une Turquie européenne ne poursuivrait pas sa politique d’occupation à Chypre » Petinos Charalambos, conseiller de presse à l’ambassade de Chypre. Dans les faits, le rapprochement de l’UE avec la Turquie s’avère plus compliqué, et les négociations sont au point mort.

 

Le 1er mai 2004 avait lieu le « big bang » de l'élargissement européen avec l’arrivée de Chypre, de l'Estonie, de la Hongrie, de la Lettonie, de la Lituanie, de Malte, de la Pologne, de la République tchèque, de la Slovaquie et de la Slovénie./Parmi les nouveaux arrivants dans l'UE en 2004, la Slovénie était la première à adopter l'euro en 2007. Chypre et Malte ont suivi en 2008, de même que la Slovaquie en 2009 et que l'Estonie en 2011.La Bulgarie et la Roumanie sont entrées pour leur part au sein de l'UE en janvier 2007. La Croatie est arrivée en dernier en juillet 2013.

La crise de la zone euro a touché les anciens comme les nouveaux membres.Le secteur bancaire chypriote a été frappé de plein fouet par la crise grecque de la dette et notammentpar la décote infligée aux titres grecs, leursdétenteurs ayant accepté d'essuyer de lourdes pertes.La Slovénie était le membre de la zone euro qui enregistrait la meilleure croissance en 2007, mais son économie orientée sur les exportations a été durement affectée par lacrise mondiale et s'est contractée de 8 % en 2009.Elle a évité de justesse un sauvetageinternational en décembre dernier grâce à uneponction de 3,3 milliards auprès de sesbanques, pourtant en difficulté.

26-27 juin : examen du projet de dossier de candidature de l'Albanie lors du Conseil européen

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