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25/02/2017

Les électeurs français zappent d’un candidat à l’autre

Elections

Les électeurs français zappent d’un candidat à l’autre

Les électeurs français s'avèrent adeptes du zapping pour les élections présidentielles 2017

A quelques 8 semaines des élections présidentielles, les électeurs français semblent perplexes. Un électeur sur deux estime pouvoir encore changer d’opinion.

Selon un sondage Ipsos Sopra Steria du 16 février, on constate un effondrement de François Fillon, en forte baisse sur un mois (-6,5) avec 18,5% d’intentions de vote, se voit distancé par Marine Le Pen (26%) et Emmanuel Macron (23%) au 1er tour de l’élection présidentielle.

Affaibli par les soupçons d’emplois fictifs de son épouse, le candidat de la droite et du centre serait éliminé dès le 1er tour. La baisse de François Fillon est particulièrement sensible chez les proches du parti Les Républicains, auprès desquels il chute de 13 points.

Six français sur dix pour le retrait de Fillon de la présidentielle

Alors que les perquisitions et auditions se multiplient dans l’enquête sur les emplois fictifs qu’auraient occupé sa femme et ses enfants, le candidat François Fillon poursuit sans coup férir sa campagne pour la présidentielle. Un article de notre partenaire Ouest-France.

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La candidate du Front national est stable et l’ex-ministre de l’Economie progresse de 2 points, selon cette enquête effectuée pour le Cevipof (Sciences Po) et Le Monde.

En forte hausse depuis sa victoire à la primaire socialiste élargie fin janvier, Benoît Hamon a plus que doublé les intentions de vote en sa faveur, avec un bond de 7,5 points à 14,5%. Jean-Luc Mélenchon, en baisse de 2 points à 12%, pointe désormais derrière le candidat socialiste.

Mais la principale surprise provient du taux d’hésitation. Un électeur interrogé sur deux affirme que son choix «peut encore changer» avant le 1er tour.

Les « changeurs », source d’incertitude

Le Cevipof a d’ailleurs pris le parti d’analyser les cheminements de ces changeurs, ces électeurs indéterminés qui virevoltent d’un candidat à l’autre. Un examen qui révèle que l’affaire Fillon a provoqué un transfert de voix non pas vers l’extrême-droite, mais vers Emmanuel Macron principalement.

Les électeurs qui avaient l’intention de voter Fillon en janvier dernier sont moins nombreux, d’une part parce que certains ont décidé de ne plus voter, et d’autre part parce qu’ils se tournent vers d’autres candidats. Or ils se tournent principalement vers Emmanuel Macron, à 2,5 % des votants, contre 0,5 % vers Marine Le Pen, 0, 5 % pour Nicolas Dupont-Aignan et 0,5 % vers Benoit Hamon. En dehors d’Emmanuel Macron, le Fillongate bénéficie donc surtout au député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.

Ces « changeurs » risquent de devenir un élément crucial de cette élection, notamment parce que certains candidats en drainent plus que d’autres.

Ainsi, seuls un tiers des électeurs potentiels de Macron se disent certains de voter pour lui, alors que les trois-quarts des sondés ayant l’intention de voter pour Marine Le Pen n’ont aucune intention de changer d’avis.

Fillon, candidat le plus détesté, Macron le plus aimé

Autre enseignement de cette enquête le rejet profond de certains candidats. Ainsi, 61 % des sondés déclarent ne pas aimer Marine Le Pen, mais ils sont encore plus nombreux, soit 64 %, à ressentir de l’hostilité envers François Fillon.

Même au sein des sympathisants Les Républicains, seules 7 % des personnes interrogées déclarent soutenir François Fillon ; ils sont seulement 2 % au niveau de toute la population sondée. Emmanuel Macron est en revanche le candidat qui suscite le moins d’inimitié de tous, avec tout de même 43 % des sondés déclarant ne pas l’aimer.

D’ailleurs, Emmanuel Macron est la personnalité la plus appréciée en ce mois de février, avec 25 % des Français déclarant l’apprécier, devant Marine Le Pen (23 %) et Benoit Hamon (20%), alors que François Fillon est à égalité avec Mélenchon avec 17 % d’opinions positives.

Comme quoi entre les candidats, le cœur des Français balance.