Les europhiles en tête aux Pays-Bas

Geert Wilders (credit: Roel Wijnants/Flickr)

Geert Wilders [Roel Wijnants/Flickr]

Le Parti pour la liberté de Geert Wilders a essuyé une défaite électorale aux Pays-Bas, où les élections ont eu lieu jeudi 22 mai. Le parti libéral proeuropéen D66 devrait obtenir le plus de sièges, selon un sondage à la sortie des urnes. L’abstention pourrait toutefois être le réel vainqueur.

Le scénario des élections européennes aux Pays-Bas a de quoi surprendre. Le parti de l’eurosceptique Geert Wilders, qui a dominé la scène médiatique tout au long de la campagne, devrait perdre deux sièges au Parlement européen.

« De cinq à trois sièges, c’est calme au PVV », a indiqué sur Twitter le journaliste politique Michiel Breedveld hier soir.

Les deux vainqueurs devraient être le parti de gauche libérale D66 et le parti de centre-droit CDA. Selon un sondage à la sortie des urnes réalisé par Ipsos, ces deux partis sont au coude-à-coude. Ils remportent respectivement 15,6 % et 15,2 %.

Les résultats définitifs ne seront annoncés qu’après le décompte des voix dans tous les pays européens dimanche soir.

Les partis au pouvoir sur la scène nationale sont parvenus à maintenir leur position. Le parti socialiste PvdA a pour sa part diminué de 2,6 %, mais devrait conserver ses trois sièges. Le parti libéral centre-droit VVD a augmenté de 1,1 % et gardera aussi trois représentants.

D’autres surprises ont également surgi. Il n’existe pas de seuil électoral aux Pays-Bas, ce qui permettrait aux petits partis d’obtenir au moins un représentant au Parlement. Le Parti pour les animaux et le parti 50PLUS font partie des nouveaux arrivants au Parlement. Le premier se concentre sur le bien-être des animaux et les questions environnementales et le second sur les seniors. Ils ont obtenu chacun un siège.

L’indifférence l’emporte sur l’euroscepticisme

La tête de liste de D66, l’eurodéputée Sophie in ‘t Veld, a déclaré sur le plateau de la chaîne télévisée NOS : « Le message proeuropéen a plus de soutien [que prévu].Voilà le message : la population veut continuer avec l’Europe. »

Les personnes interrogées tout au long de la journée par les chaînes télévisées dressent toutefois un tableau plus sombre. Le principal défi de ces européennes est toujours d’attirer les gens aux urnes :« Je ne sais pas pour qui voter », ont répondu de nombres personnes interrogées.

Le taux de participation aux Pays-Bas est resté très bas. Environ 37 % ont déposé leur bulletin de vote cette année, soit une hausse de moins de 1 % par rapport à 2009.

Les troubles économiques et le statut des Pays-Bas dans l’UE ont dominé la campagne. Geert Wilders n’est toutefois pas parvenu à convaincre les indécis à voter, selon les sondages.

« 65 % des électeurs du PVV sont restés à la maison », a déclaré le populiste jeudi.« C’est la raison pour laquelle je ne peux pas exclure que les Pays-Bas deviennent subitement europhile. »

Le directeur général et ancien eurodéputé néerlandais, Michiel van Hulten, a affirmé que les sondages reflètent le changement d’état d’esprit aux Pays-Bas.« Les médias ont mal évalué le sentiment antieuropéen. L’économie aux Pays-Bas a également repris, ce qui pourrait convaincre les électeurs à rester dans l’UE », a-t-il expliqué à EURACTIV.

 

La prudence est de mise

Les Pays-Bas et la Grande-Bretagne étaient les deux premiers États membres à tenir un scrutin pour les européennes. À l’inverse des autres États membres, les médias divulguent les résultats des sondages à la sortie des urnes.

Les résultats au Royaume-Uni ne seront pas connus avant dimanche soir. La Commission européenne a déclaré hier que la publication des résultats de sondages à la sortie des urnes ne posait pas de problème. Elle a cependant mis en garde que l’annonce des résultats officiels ne devait pas avoir lieu avant dimanche à 23 heures.

Les sondages à la sortie des urnes présentent un risque comme en témoignent les dernières élections aux Pays-Bas. Lors des élections locales de mars dernier, les médias avaient publié de fausses données. Selon ces estimations, le CDA aurait dû subir une défaite alors que ce ne fut pas le cas dans les résultats définitifs.

« Nous précisons régulièrement qu’il ne s’agit pas des résultats réels », a expliqué au Volkskrant le rédacteur en chef de la NOS, Marcel Gelauff. « Mais, avec 26 sièges à distribuer [entre les partis néerlandais], les probabilités d’erreurs sont plus minces. »

Les élections européennes ont eu lieu le 20 mai aux Pays-Bas, l'un des deux pays à se rendre aux urnes.Les Néerlandais ont élu 26 représentants au Parlement.

Les Pays-Bas sont membres de la zone euro et la pression de forces politiques antieuropéennes et populistes se fait de plus en plus ressentir ces dix dernières années.Le populiste Geert Wilders incarne l'opposition à l'intégration européenne et à un maintien dans l'UE.

Les partis traditionnels ont été contraints d'aborder davantage les thématiques européennes et bon nombre d'entre eux ont développé un point de vue critique à ce sujet.Lors du vote le 20 mai, le parti du D66, membre du groupe européen ADLE, a également remporté des sièges en défendant une position proeuropéenne.

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  •  23 mai : élections européennes en Irlande et République tchèque
  •  24 mai : élections européennes en Slovaquie, en Lettonie, à Malte et en République tchèque
  •  25 mai : élections européennes dans tous les autres États membres

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