Les experts de la santé cardiovasculaire appellent à se pencher sur l’étude des gènes

Zahi Fayad

Zahi Fayad lors de la conférence de la société européenne de l'artériosclérose à Glasgow. [(Henriette Jacobsen)]

Cet article fait partie de l'édition spéciale Maladies Cardiovasculaires et Cholestérol.

La médecine peut être plus précise et diagnostiquer les maladies au bon moment grâce à l’étude des gènes selon certains experts. Un article EURACTIV, en direct de Glasgow, Écosse.

Durant des décennies, nombre de politiques se sont demandés comment changer les mauvaises habitudes de vie de la population en renversant la tendance à la hausse des maladies cardiovasculaires telles que les crises cardiaques, les AVC, les taux élevés de cholestérol dans le sang et le diabète.

Toutefois, beaucoup reste à faire pour améliorer la recherche, l’innovation, mais également les médicaments donnés aux patients. C’est le cas pour les maladies cardiovasculaires, et surtout pour les patients souffrant d’un taux élevé de cholestérol.

Le 23 mars, lors de la conférence de la Société européenne de l’artériosclérose à Glasgow, Zahi Fayad, professeur de médecine (cardiologie) et de radiologie et directeur de l’institut d’imagerie moléculaire et transnationale aux États-Unis, a souligné qu’il était essentiel d’essayer de proposer la bonne thérapie au bon moment aux patients.

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« Une récente étude a rappelé la nécessité d’examiner le tableau clinique vasculaire non pas par rapport à l’âge du patient, mais par rapport à la maladie qu’il contracte », a expliqué Zahi Fayad.

« Il faut déterminer l’âge fatidique et l’étendue de la maladie pour intervenir et initier les différents types de traitements disponibles. Il est également nécessaire de déterminer l’intensité du traitement pour réduire l’agression de la maladie. Comment évaluer et déterminer cela sera bien sûr très important », a ajouté le professeur.

Selon lui, de nombreux spécialistes de la médecine ont déjà soulevé les questions de cette approche par le passé, mais aujourd’hui, le monde médical a la possibilité de la mettre en pratique.

« Les outils qui sont à notre disposition sont de plus en plus efficaces. Non seulement nous pouvons diagnostiquer une maladie du cœur et ses facteurs de risque, mais nous pouvons également réaliser des interventions non invasives, et nous avons des informations concernant la démographie et la prévalence. Grâce à cela et à des analyses de sang et de cellules, nous pouvons faire d’excellentes analyses », a continué Zahi Fayad.

Le professeur a mis l’accent sur les nombreux outils à disposition pour évaluer la maladie à différents stades chez les patients souffrant d’hypercholestérolémie familiale (HF), une maladie qui se caractérise par un taux élevé de mauvais cholestérol (LDL). Une personne sur 200 à une personne sur 500 souffre d’HF dans le monde, et les personnes non traitées ont 20 fois plus de risques de développer une maladie cardiaque précoce, selon la Fondation HF. Si les statines sont utilisées depuis des années pour réduire le taux de mauvais cholestérol, elles ne sont pas efficaces pour tous les patients et peuvent être à l’origine d’effets secondaires pour d’autres.

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Souris ou nanotechnologie ?

Concernant le cancer, de nouvelles thérapies avec une approche ciblée et l’utilisation de nouvelles nanotechnologies ont donné des résultats concluants, par exemple en évitant que les médicaments affectent les mauvais organes de manière négative.

Christine Mummery, professeure et présidente de la Biologie du développement au centre médical de l’Université de Leiden, a quant à elle montré du doigt l’utilisation de souris dans la recherche médicale. Selon elle, 50 à 60 % des traitements qui sont arrivés en phase III lors des essais cliniques réalisés sur des souris se sont soldés par un échec en phase II et III chez les humains. 50 % des traitements n’ont pas abouti, car ils n’étaient pas assez efficaces.

« C’est un problème très grave et proposer de nouveaux traitements est donc extrêmement coûteux pour l’industrie pharmaceutique. Il peut-être temps de se tourner vers de nouveaux modèles. Le rythme du cœur d’une souris est de 500 battements par minute, or, un cœur humain bat 60 fois par minute. Ce n’est peut-être pas un hasard s’ils ne sont pas de bons éléments de comparaison.

Christine Mummery a également rappelé que pour certaines maladies, l’utilisation de souris ces 30 dernières années n’a débouché sur aucun nouveau traitement efficace. Les chercheurs devraient explorer des cellules souches pour trouver de nouveaux modèles, mais cela peut nécessiter des milliers d’individus avant d’arriver à une conclusion sur une maladie spécifique, a-t-elle expliqué. 

La Société européenne de l'artériosclérose organise cette semaine sa 83ème conférence à Glasgow. Cet évènement a pour but de faciliter la discussion scientifique sur les évolutions de la recherche fondamentale, le diagnostic, et le traitement de l'artériosclérose, une condition cardiovasculaire qui se caractérise pas le durcissement et le rétrécissement des artères.  

  • 22-25 mars : Conférence de la Société européenne de l'artériosclérose à Glasgow, Écosse. 

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