Les ministres cherchent un accord sur les lois clés de l’UE en matière d’emploi [FR]

working_hours.jpg

Les ministres européens de l’Emploi espèrent sortir de l’impasse concernant les employés des agences de travail temporaire et la directive relative au temps de travail lors de leur réunion à Luxembourg aujourd’hui, 9 juin. Avec cette initiative, la Commission dispose maintenant de trois semaines pour présenter un paquet social global.

Les responsables britanniques à Bruxelles proches de la question espèrent parvenir à un accord sur le temps de travail et le travail temporaire lors de la réunion du 9 juin des ministres européen de l’Emploi et des affaires sociales à Luxembourg.

La question des travailleurs temporaires est la moins controversée des deux, suite à un accord conclu entre la TUC et la CBI – les partenaires sociaux britanniques – le mois dernier, qui avait été approuvé par le gouvernement du Royaume-Uni. Les fonctionnaires britanniques affirment qu’il était très inhabituel pour un gouvernement du pays de consulter les syndicats et les employeurs en premier lieu et ont souligné que cette initiative rendait la conclusion d’un accord plus probable avec des pays plus orientés vers les partenaires sociaux comme l’Allemagne et la France.

L’accord britannique diffère de la proposition de la Commission car il ne permet aux travailleurs temporaires de revendiquer les mêmes droits que les travailleurs permanents qu’après une période de travail de 12 semaines avec la même entreprise, tandis que la Commission propose une période de six semaines travaillées seulement.

Dans certains pays de l’UE, comme les Pays-Bas, ces délais sont même plus longs – jusqu’à six mois. Tandis que d’autres, notamment la plupart des pays ayant rejoint l’UE en 2004 et 2007, accordent les mêmes droits que les travailleurs permanents dès le premier jour.

Il sera difficile à parvenir à un accord sur la réforme des règles du temps de travail. La directive contient une dérogation permettant à des Etats membres individuels d’imposer des règles autorisant les travailleurs à refuser le « temps de travail ». Plusieurs Etats membres, et plus particulièrement le Royaume-Uni, ont tiré parti de cette dérogation, annulant les règles de base de l’UE concernant le temps de travail pour une grande partie de leurs travailleurs.

Suite à une série de décisions de la Cour européenne de justice (voir les liens) qui ont stipulé que le travail de garde doit être considéré comme du temps de travail, depuis 2005 les présidences de l’UE ont tenté de parvenir à un accord entre les Etats membres afin de réformer les règles, mettant un terme à une situation où de nombreux pays de l’UE sont constamment en violation de la jurisprudence en vigueur.

Lors de la réunion des ministres d’aujourd’hui, la Slovénie présentera un compromis préparé par la Commission, basé sur des projets qui ont déjà subi un échec sous les présidences précédentes. La proposition maintient la limite hebdomadaire de 48 heures pour une période de quatre mois, mais elle autorise les arrangements contractuels au titre desquels cette limite pourrait être levée pendant des périodes limitées d’emploi.

Sur une période de trois mois, les travailleurs ne devraient pas travailler plus de 60 heures, hormis lorsqu’il existe un accord sectoriel. Cette dérogation a été introduite à la demande du gouvernement allemand, soucieux de son système de santé. Lorsqu’une partie des périodes de garde est comptabilisée comme du temps de travail, les durées de travail hebdomadaires ne peuvent pas dépasser 65 heures. Les travailleurs ne devraient en aucune circonstance travailler plus de 78 heures par semaine.

Le compromis a été approuvé par le gouvernement britannique, mais il a déjà rencontré des critiques de la part des pays qui croient en un droit du travail plus strict, menés par la France et l’Espagne.

La présidence slovène a choisi l’approche de ses prédécesseurs portugais en liant le temps de travail et les travailleurs intérimaires dans un seul ensemble afin d’offrir de meilleures chances à la proposition.

En ce qui concerna le temps de travail, la Confédération européenne des syndicats (CES) a écrit une lettre à la ministre slovène du Travail Marjeta Cotman dans laquelle elle a fait part de ses préoccupations concernant le fait que la série de propositions actuelle ne protègent pas suffisamment les travailleurs contre les risques pour la santé et les dangers résultant des longues heures de travail. D’autre part, elle estime que ces propositions introduisent une diminution générale de la protection des travailleurs sans les sauvegardes appropriées, qu’elles n’apportent en aucune façon un équilibre approprié entre la souplesse et la sécurité et qu’elles inciteront à éviter et à échapper à des solutions approuvées collectivement pour les besoins souples des entreprises. 

La question de l’égalité de traitement des employés d’agences de travail temporaire est à l’agenda de l’UE depuis le début des années 1980, lorsque la Commission a proposé pour la première fois une directive leur accordant les même droits que ceux des travailleurs permanents. 

Cependant, la directive n’est restée qu’à l’état de projet, principalement à cause de la résistance des gouvernements britanniques consécutifs, qui craignaient que le marché du travail du pays hautement dérégulé ne bénéficient pas des droits reconnus par la loi aux travailleurs intérimaires.

En mai 2008, les partenaires sociaux et le gouvernement britanniques sont sortis de l’impasse et ont décidé d’accorder l’égalité de traitement aux travailleurs temporaires, ouvrant la voie à une directive européenne sur la question (lire EURACTIV 21/05/08). 

Le temps de travail est également une question de longue date. La directive sur le temps de travail de 1993  stipule que les travailleurs ne doivent pas travailler plus qu’une moyenne de 48 heures par semaine, calculée sur une période de quatre mois, quelle qu’elle soit. Cependant, elle permet d’importantes dérogations et doit être révisée suite à un certain nombre d’arrêts de la Cour de justice européenne (voir ‘Issues’).

  • 11 - 12 juin 2008Employment Week  à Bruxelles, se concentrant sur un ensemble de questions liées au marché du travail.
  • 2 juillet 2008 : date possible pour la présentation du nouvel agenda social de la Commission, un vaste ensemble d’analyses et de mesures proposées abordant un large éventail de question allant au-delà des questions liées au marché du travail.
  • Les propositions révisées concernant les travailleurs intérimaires et le temps de travail devront être approuvées par le Parlement européen selon une procédure de co-décision. 

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire