Les ministres européens condamnent un film néerlandais sur l’Islam [FR]

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Le 29 mars, la majorité des ministres européens des Affaires étrangères ont condamné la diffusion d’un film controversé réalisé par un député néerlandais, Geert Wilders, qui accuse l’Islam d’être une religion incitant à la violence. Cependant, ils ont défendu la liberté d’expression du réalisateur.

Suite à leur réunion à Brdo en Slovénie le 29 mars, les ministres ont déclaré que le film assimilait l’islam à la violence ce qu’ils le condamnaient fortement. « Les problèmes ne sont pas intrinsèques aux religions mais résultent des dévoiements qui peuvent en être faits et qui ne servent qu’à semer la haine et l’intolérance » ont ajouté les ministres européens des Affaires étrangères.

Entre autres, certaines scènes du court-métrage de 15 minutes comprennent des séquences des attaques terroristes du 11 septembre superposées à des citations du Coran, des décapitations d’otages et des exécutions de femmes portant le tchador (couvrant la tête et le corps du porteur).

Les organisations musulmanes ont condamné le film. Ekmeleddin Ihsanoglu, le secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique, a déclaré que les scènes visaient à provoquer un malaise et l’intolérance, les décrivant comme un acte délibéré de discrimination contre les musulmans.

Parallèlement, les ministres européens aux Affaires étrangères ont condamné le contenu du film mais ont rapidement déclaré que M. Wilder était dans son droit. La production de ce film entre dans le cadre de l’exercice des droits partagés par tous les citoyens, ont-ils affirmé.

En outre, le Conseil de l’Europe a défendu la liberté d’expression de M. Wilder, bien qu’avec désarroi et inquiétude dans le cas présent. Selon lui, cette diffusion marque un triste jour pour la démocratie européenne. Terry Davis, le secrétaire général, a déclaré que les principes de la démocratie européenne avaient été utilisés pour promouvoir des stéréotypes intolérants et hautement outrageants.

Dans ce qui semble être un effort pour ne pas oublier l’ampleur de la réaction de la publication des caricatures de Mahomet en 2005, les ministres européens des Affaires étrangères ont souligné que « l’offense de la sensibilité de certains ne doit aucunement justifier les actes d’agression ou de menace ».

« La grande majorité des musulmans rejette l’extrémisme et la violence » peut-on lire dans une déclaration des ministres européens des Affaires étrangères publiée le 29 mars, « la liberté d’expression et la liberté de religion représentent des valeurs fondamentales au sujet desquelles il ne peut pas y avoir de compromis », ajoute le texte.

Le président du Parlement européenHans-Gert Pöttering, a déclaré que le contenu du film était conçu pour offenser les sensibilités religieuses des musulmans aux Pays-Bas, en Europe et partout dans le monde. Au nom du Parlement européen, il a affirmé qu’il rejetait totalement l’interprétation du film selon laquelle l’Islam serait une religion de la violence.

Les groupes politiques ont également fortement condamné le film. Joseph Daul, président du groupe PPE-DE de centre droit au Parlement européen, a déclaré que la sortie de ce film ne pouvait que porter préjudice aux musulmans partout dans le monde et nuire aux relations entre l’Europe et le monde arabe et musulman, ajoutant qu’il fallait redoubler d’efforts pour promouvoir la tolérance religieuse et le dialogue culturel qui font partie de notre héritage européen.

Dans le même temps, Martin Schulz, le leader du groupe socialiste au Parlement européen, a estimé que le film faisait partie d’une campagne consistant à systématiquement dénigrer la population musulmane pour encourager un parti d’extrême droite. Il a ajouté que diffuser un film opposé au Coran est le pire moyen de promouvoir le dialogue avec les communautés musulmanes.

Décrivant « Fitna » comme une « propagande politique » qui « fait le jeu des extrémistes », Terry Davis, le secrétaire général du Conseil de l’Europe a déclaré qu’il s’agissait d’une « déplaisante manipulation qui exploite l’ignorance, les préjugés et la peur ».

En condamnant « dans des termes les plus vigoureux » le film de G. Widers, le secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamiqueEkmeleddin Ihsanoglu, a déclaré qu’il « diffame et dénigre le saint Coran, suscitant des sentiments de colère de plus de 1,3 milliard de musulmans dans le monde ».

Geert Wilder, leader du parti Parti de la liberté, a diffusé son film intitulé « Fitna » (Discorde) sur Internet vendredi 28 mars 2008 pour susciter de vives critiques à la fois dans le monde occidental et le monde musulman.

Des tensions similaires entre l’Europe et le monde islamique étaient courantes en 2005, suite à la publication dans un journal danois d’une série de caricatures controversées du prophète Mahomet au mois de septembre de la même année, suscitant de violentes protestations (EURACTIV 31/01/06).

Parallèlement, un dialogue avec le monde musulman a émergé comme un élément clé de l’Année européenne du dialogue interculturel (AIED) 2008 (EURACTIV 09/01/08

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