Les municipales pourraient servir de tremplin au FN

elections_municpales_europeennes.jpg

Les élections municipales du 23 et 30 mars en France ne prédiront pas nécessairement le résultat des européennes. Mais elles pourraient jouer les tremplins en crédibilisant les extrêmes.

A deux semaines des élections municipales et plus de deux mois des élections européennes, les instituts de sondage tournent à plein régime.

Selon les dernières estimations de l’INSEE, 44,6 millions de Français sont inscrits sur les listes électorales pour les élections municipales des 23 et 30 mars prochain. Pour les élections européennes de mai, ce sont 500 millions d’Européens qui sont appelés aux urnes.

Selon Bruno Jeanbart, le directeur général adjoint de l’institut de sondage Opinion Way, les deux scrutins se feront sur des enjeux distincts.

Nationalisation du débat pour les européennes

« Pour les municipales, les motivations de vote sont des considérations de proximité pour l’électeur. Les préoccupations des électeurs français pour les européennes sont plus nationales, on peut parler de réelle nationalisation du vote européen » explique le sondeur à EURACTIV.fr

L'échiquier politique n'est d'ailleurs pas le même pour les deux scrutins. « Le centre existe aux européennes, c’est un parti qui a du poids, ce n’est pas du tout le cas aux municipales. En ce qui concerne la gauche, elle sera plus faible aux européennes qu’aux municipales. Alors même qu’elle était donnée gagnante par «Poll Watch 2014» mi-février, avec 221 sièges contre 202 pour le Parti populaire européen (PPE). D’après le dernier sondage « Poll Watch 2014 »  du 5 mars, la gauche perd quelques sièges, mais reste en tête avec 209 sièges contre 202 pour le PPE.

En effet, il y a « une résistance de la gauche au niveau local ». La nationalisation du débat pour les européennes risque en revanche de jouer contre le parti au pouvoir. Un phénomène que l'on peut observer un peu partout en Europe : les exécutifs européens en place s'attendent à prendre une gifle pour ces élections.

Les municipales en tremplin pour l'extrême-droite

«Même si  les électeurs ne souhaitent pas nécessairement voir un candidat FN remporter la mairie de leur ville, les élections municipales leur donne l'occasion d’exprimer leur mécontentement » explique Dominique Reynié professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Paris et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol).

Malgré les votes sanction auxquels il faut s'attendre, les Français restent très attachés aux institutions municipales. C’est ce qui ressort du dernier baromètre de confiance politique du Cevipof paru en janvier. Selon cette étude, 62 % des électeurs font confiance au conseil municipal. Il s’agit de l’institution française qui bénéficie de la confiance la plus élevée.

Selon Nicolas Lebourg, historien spécialiste de l’extrême droite à l'université de Perpignan, les élections municipales serviront de tremplin au FN pour les élections européennes, et même à plus long terme pour les présidentielles.

« Les municipales fournissent de la notabilisation, ce qui est un capital nécessaire à la crédibilisation. Quant aux européennes, elles sont à la proportionnelle à un tour, il est donc facile d'être élu, c'est un vote défouloir qui plus est. L'élu a plus de 20 000 euros par mois pour payer ses collaborateurs : c'est donc la machinerie qu'il faut pour préparer des présidentielles ».

À l’inverse, selon l’historien, les élections municipales ne serviront pas de tremplin à l’extrême gauche pour les européennes, parce qu’elle est divisée.

« La logique de l’extrême gauche est une logique de communisme municipal. Jean-Luc Mélenchon est certes un très bon tribun pour les européennes, mais il n’a pas de maillage politique derrière lui. Le Parti de gauche (PG) reste crépusculaire ». 

Absention et vote blanc arbitres du scrutin

Pour ces deux scrutins, l’abstention s’invitera au premier rang. « Le taux d’abstention sera plus élevé qu’en 2008. Selon nos sondages, il sera de 40% aux municipales alors qu’il était de 34 % en  2008.  Pour les européennes, le taux d’abstention était de 59 % en 2009 et devrait passer à 60 % en mai prochain » précise Bruno Jeanbart.

En février dernier les sénateurs français ont adopté à l’unanimité la proposition de loi de reconnaissance du vote blanc lors des élections. La prise en compte du vote blanc était un sujet quotidien de la vie politique française depuis le début des années 1990.

Pourtant cette reconnaissance ne changera rien pour les municipales, en effet, elle n’entrera en vigueur qu’après. Elle n’aura d'ailleurs pas plus d’impact aux élections européennes, car il ne s’agit que d’une reconnaissance partielle. Les votes blancs seront séparés du vote nul, mais ne pourront pas être interprétés. C’est ce que souligne Dominique Reynié.

Le sondeur, Bruno Jeanbart partage cette idée et précise que les répercussions de la reconnaissance du vote blanc ne pourront être mesurées que dans le long terme, lors des prochaines élections.

« L’impact de cette reconnaissance ne pourra être mesuré qu’en 2017, lors du scrutin national ou régional », déclare-t-il 

Les 23 et 30 mars, auront lieu les élections municipales françaises, dont le mode de scrutin dépend du nombre d’habitants de la commune.  La loi du 17 mai 2013 a introduit quelques changements. Dans les communes de moins de 1000 habitants (dont la limite était auparavant fixée à 3500 habitants), le scrutin est plurinominal, majoritaire à deux tours. Pour être candidat, il faut se présenter sur une liste, que les électeurs sont habilités à modifier, en ajoutant ou supprimant des candidats. Par ailleurs, les communes de moins de 1000 ne sont pas soumises à l’obligation de parité homme/femme comme c’est le cas pour les communes de plus de 1000 habitants.

Du 22 au 25 mai se dérouleront les élections européennes, pour élire de nouveaux députés européens. Elles ont lieu tous les 5 ans, au suffrage universel direct. En France, elles se dérouleront le 25 mai.

  • 23 et 30 mars: élections municipales françaises
  • 25 mai: élections européennes en France

Institution européenne

Institution Française:

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER