Les nationalistes flamands exacerbent les tensions au sein du groupe Verts/ALE

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Le parti écologiste flamand accuse les nationalistes de la Nouvelle alliance flamande (N-VA) de trop s'écarter de la ligne politique du groupe Verts/ALE au Parlement européen.

« S'ils comptent changer de coalition en 2014, qu'ils le disent! » déclare l'eurodéputé écologiste belge Bart Staes. « Nous restons où nous sommes », réplique Mark Demesmaeker, seul eurodéputé des nationalistes de la Nouvelle alliance flamande (N-VA).

M. Staes a donné tôt le coup d'envoi de la campagne pour les élections européennes de mai 2014 en critiquant le comportement des séparatistes flamands au Parlement européen, où les deux partis belges siègent au sein du groupe des verts européens. 

« Les votes [de la N-VA] diffèrent de ceux du groupe Verts/ALE sur beaucoup plus de sujets que n’importe quel autre parti membre de l'ALE [Alliance libre européenne] », indique-t-il.

« [Les membres d'un] groupe au Parlement ne doivent pas tous exprimer le même vote, mais nous avons un accord politique sur un certain nombre de thèmes », affirme le député vert.

Ses remarques font suite à un débat sur une chaîne publique belge le 15 septembre. Mark Demesmaeker y avait qualifié sa collaboration avec le groupe Verts/ALE de « technique ».

Trois élections pour le prix d'une

Les électeurs belges déposeront trois bulletins de vote en mai 2014. En effet, les élections européennes tombent en même temps que les fédérales et les régionales.

La N-VA ne compte pour le moment qu'un seul député au Parlement européen, mais les sondages d'opinion indiquent qu'elle devrait faire mieux en 2014. En 2012, ce parti a remporté les élections communales. Il est également le plus grand parti au Parlement belge depuis les élections fédérales en 2010. Au cours de cette campagne, il avait ouvertement plaidé en faveur d'une autonomie de la Flandre, plongeant le pays dans une crise politique sans précédent.

>> Lire : La Belgique n'a pas d'avenir, selon le leader séparatiste flamand

Au Parlement, l’ALE forme une alliance avec les Verts depuis 1999. L'ALE compte sept députés d’Écosse, du pays de Galles, de la Flandre, de la Catalogne, de la Corse et de la Lettonie. À l'instar de la N-VA, les membres soutiennent tous des thèses régionalistes, voire séparatistes.

M. Demesmaeker a remplacé Frieda Brepoels au seul siège de la N-VA en février 2013. Depuis lors, l'eurodéputé joue de plus en plus la carte de l'indépendance lors des votes. Selon des données publiées par VoteWatch.eu, 61 % de ses votes nominaux étaient conformes à la politique du groupe Verts/ALE, une chute de 16 % par rapport à sa prédécesseure.

« Même au sein de la coalition ALE, les points de vue de la N-VA s'éloignent de plus en plus ces huit derniers mois », explique M. Staes à EURACTIV.

Pour M. Demesmaeker, les commentaires de l'eurodéputé flamand sont de la rhétorique de campagne.  « Je vote en fonction de la ligne du parti N-VA et des souhaits des électeurs de ma circonscription. Ce n'est pas inhabituel d'aller à l'encontre d'un vote recommandé par le groupe », souligne-t-il.

« Au sein de l'Alliance libre européenne, nous sommes tout à fait d’accord avec le programme principal, le droit à l’autodétermination, mais nous avons des opinions différentes sur certains thèmes, comme sur l'orientation à donner à la politique socio-économique, par exemple. »

Élections cruciales

Les vives discussions sur la chaîne de télévision révèlent un désaccord de longue date entre les Verts et les nationalistes flamands. Cette prise de bec reviendra certainement sur le tapis étant donné que les élections européennes se rapprochent.

Désirant mettre le député de la N-VA sous pression, M. Staes explique à EURACTIV : « Mark Demesmaeker a du mal à expliquer pourquoi [la N-VA] est dans le même groupe que les verts. Mais nous avons un pacte politique, qu’ils ont accepté. »

Si les sondages d'opinion se confirment,la N-VA devrait obtenir un bon score lors des prochaines élections européennes. Les nationalistes flamands pourraient alors être tentés de se séparer des Verts.

Par le passé, il a été question d'un rapprochement entre la N-VA et les conservateurs britanniques, le parti fondateur du groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) au Parlement européen. En octobre 2012, le quotidien flamand De Standaard a annoncé que le premier ministre britannique, David Cameron, avait rencontré le président de la N-VA, Bart De Wever. Ce dernier partagerait la même idéologique que le parti au pouvoir au Royaume-Uni.

Les liens entre les deux partis sont tabous à l'échelle européenne en raison de l'alliance de la N-VA avec le Parti nationaliste écossais et le parti gallois Plaid Cymru au sein de groupe ALE.

M. Demesmaeker indique que la N-VA est « fidèle » à l'ALE. « Nous sommes un membre fondateur. Je ne peux pas imaginer une séparation. Nous restons où nous sommes », assure-t-il. Il ajoute néanmoins que la décision finale dépendra du congrès d'un parti à la suite des élections.

Les élections européennes de 2014 seront les premières organisées depuis le traité de Lisbonne, qui visait à renforcer le rôle du citoyen européen en tant qu'acteur politique dans l'UE.

Le 25 mai 2014, les citoyens belges se rendront aux urnes non seulement pour les élections européennes, mais aussi pour les élections fédérales et régionales. 

  • 25 mai 2014 : élections nationales, régionales et européennes en Belgique

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