Les Verts soutiennent Farage dans la bataille des postes au Parlement européen

Nigel Farage. European Parliament, 2011. [EP/Flickr]

Contre toute attente, les Verts européens ont apporté leur soutien à Nigel Farage face à la tentative des groupes pro-européens de priver son groupe politique d’une présidence d’une commission au Parlement européen.

Après une entrée remarquée au Parlement européen lors de la session constitutive, le groupe Europe libertés démocratie de l’eurodéputé britannique Nigel Farage, connu pour son euroscepticisme prononcé, n’obtiendrait aucune présidence de commission, malgré ses 48 membres. Une situation en contradiction avec les règles de répartition des postes au Parlement qu’ont dénoncée les Verts européens.

Les différentes commissions du Parlement européen doivent élire leurs présidents et vice-présidents le 7 juillet prochain. Ces postes, aux prérogatives importantes, sont répartis entre les différents groupes politiques siégeant au Parlement européen.

Mais les présidents de commission sont élus à bulletin secret et les principaux groupes politiques ont conclu un accord pour se partager entre eux les différents sièges.

Hermann Kelly, porte-parole d’Europe libertés démocratie a dénoncé « un putsch fomenté à huit clos » par les trois principaux partis pro-européens, à savoir le Parti populaire européen (PPE), les Socialistes et Démocrates (S&D) et les centristes de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE).

Bien que les Verts soient des proeuropéens convaincus, ils ont fortement dénoncé cette stratégie et ont apporté leur soutien à l’ELD.

« Empêcher tout groupe politique d’obtenir le poste de présidence d’une commission qui lui revient normalement de droit selon le système établi – système dont le but est justement de distribuer ces postes le plus équitablement possible – serait une atteinte grave au processus démocratique au sein du Parlement européen », a déclaré Margrete Auken, porte-parole des Verts de la commission des pétitions.

>>Lire l’interview de l’eurodéputée Verte Michèle Rivasi: «Il faut prendre en compte l’europhobie, ou l’Europe sera une bulle»

Selon le système D’Hondt, les postes de présidence des différentes commissions sont distribués entre les groupes politiques en fonction du nombre respectif d’eurodéputés. Un système considéré comme une méthode équitable de répartition des postes clefs.

Or, aux yeux des Verts, un accord entre les principaux groupes politiques signifierait pour l’ELD la perte de son président à la tête de la commission des pétitions, qui lui revient pourtant de droit, selon le système D’Hondt.

« [Un tel accord] va au-delà de calculs mesquins et politiciens et touche directement le cœur de la démocratie européenne » a poursuivi Margrete Auken lançant un inattendu signe de soutien à Nigel Farage.

« Le candidat nommé par le groupe de l’ELD semble avoir toutes les compétences requises et la bonne approche en vue d’exercer sa fonction de manière adéquate. Dans un tel contexte, nous exhortons les autres groupes politiques à ne pas poursuivre leur machination contre le système D’Hondt, qui pourrait compromettre la coopération minimale nécessaire au bon fonctionnement du Parlement européen », a-t-elle déclaré.

« Si les grands groupes pro-européens s’unissent pour mettre en branle leur vile stratégie en ce qui concerne la distribution des présidences de commission, alors la fragile façade de démocratie, les faux-semblants d’État de droit et tous les vestiges de transparence seront mis à terre », a  déclaré Hermann Kelly, dans un courriel envoyé à EURACTIV

Le mode de désignation des présidents des différentes commissions au sein du Parlement européen se fait selon les principes du système d'Hondt - système appelé selon le mathématicien belge qui avait imaginé cette méthode. Selon ce système, la distribution des postes est faite selon la taille des groupes.

Cependant, l'affectation précise des sièges peut faire encore l'objet de changement jusqu'à la dernière ministre, tant que les négociations et marchandages se poursuivent entre les principaux groupes politiques. 

  • 7 juillet : les commissions du Parlement européen se réunissent en vue d'élire leurs présidents et leurs vice-présidents

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