L’exécutif européen au chevet des pollinisateurs

les abeilles, aujourd'hui menacées, pollinisent 84 % des cultures européennes.

Une consultation publique est ouverte jusqu’au 5 avril dans le cadre d’une initiative européenne, qui vise à enrayer le déclin inquiétant des pollinisateurs. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement

L’exécutif européen a lancé le 11 janvier dernier une consultation publique sur les causes et les conséquences du déclin des pollinisateurs, les mesures d’atténuation possibles et la dimension européenne du problème. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative européenne entamée en décembre 2017, quand la Commission a publié sa feuille de route pour les pollinisateurs.

Le déclin des insectes attise le débat sur les pesticides

Le nombre d’insectes volants dans les zones protégées a diminué de plus de 75 % depuis 1990. Si toutes les causes de ce déclin ne sont pas connues, les écologistes appellent à l’interdiction de plus de pesticides, dont le glyphosate.

« Les scientifiques nous ont avertis d’un déclin marqué des pollinisateurs en Europe, a déclaré Karmenu Vella, commissaire européen chargé de l’environnement. Nous avons une bonne compréhension des raisons du déclin de certains d’entre eux, mais nous manquons de connaissance pour d’autres. Il ne fait aucun doute qu’il est temps d’agir. Si nous ne réagissons pas, nous, tout comme les générations futures, le paierons très cher. »

Effondrement multifactoriel

C’est que l’heure est grave. Alors qu’une abeille et un papillon sur 10 sont menacés d’extinction — tout comme un bourdon sur 4 —, l’économie européenne pourrait sérieusement pâtir de cet effondrement. Chaque année, a calculé la Commission, ce sont près de 15 milliards d’euros qui sont à porter au crédit des pollinisateurs dans le domaine agricole, sans compter leur apport inestimable au processus plus large de fécondation des plantes sauvages.

La cause principale de ce déclin ? Les pathogènes, écrit la Commission dans sa feuille de route, quand des agences comme l’Anses incriminent plusieurs facteurs concomitants. Dans un rapport publié en septembre 2015, l’agence française soulignait certes « des interactions entre pathogènes, par exemple entre le parasite varroa qui agit comme vecteur, mais aussi amplificateur de virus », mais aussi « entre produits chimiques, par exemple les fongicides qui inhibent la détoxification de l’organisme et accroît l’effet d’autres produits chimiques, dont les insecticides », ainsi qu’entre pathogènes et pesticides, dont semblent particulièrement friandes les abeilles.

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