Macron souhaite la création de « hot spots » en Libye

La côte libyenne, près de Tripoli. [joepyrek/Flickr]

La France souhaite créer des centres d’examen des demandes d’asile dès cet été en Libye si les conditions de sécurité le permettent, a déclaré jeudi Emmanuel Macron, à l’heure où les Européens peinent à adopter une stratégie commune pour enrayer les flux de migrants qui traversent la Méditerranée.

« L’idée est d’ouvrir des hot spots en Libye afin d’éviter aux gens de prendre des risques fous alors qu’ils ne sont pas tous éligibles à l’asile », a déclaré le chef de l’État en marge d’une visite d’un centre de réfugiés à Orléans (Loiret).

« Les gens, on va aller les chercher », a-t-il poursuivi. « Je compte le faire dès cet été (…) on va essayer de le faire avec l’Europe mais nous, la France, on le fera », a-t-il ajouté.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011, la Libye est plongée dans le chaos et est devenue une plaque tournante des réseaux de passeurs et de trafiquants.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 100 000 migrants et réfugiés sont arrivés depuis janvier en Europe, dont plus de 85 000 ont débarqué en Italie en traversant la Méditerranée depuis les côtes libyennes.

Une situation jugée intenable par les autorités italiennes qui lancent depuis plusieurs mois, en vain, des appels à l’aide et plaident pour un meilleur partage européen du « fardeau ».

L’ouverture de « hot spots » en Libye s’inscrit dans « la volonté du président de la République d’avoir un accueil qui soit digne pour ceux qui relèvent du droit d’asile », souligne-t-on dans l’entourage du chef de l’État, où l’on précise toutefois qu’« à ce stade les conditions de sécurité ne sont pas réunies ».

Au-delà de la Libye, d’autres pays africains pourraient être concernés.

« Nous créerons les voies et moyens de traiter les demandes d’asile sur le sol africain (_) pour éviter que des familles entières ne prennent des risques, parfois perdent la vie », a souligné Emmanuel Macron.

Pascal Brice, directeur de l’Office Français de protection des réfugiés (Ofrpa), a salué cette annonce, saluant « le caractère très complet de l’approche présidentielle ».

« Son plan consiste d’abord à protéger le plus en amont possible une partie des réfugiés sur les routes de l’exil. D’où son initiative africaine. Il veut, dans le même temps, stabiliser la Libye, lutter contre les passeurs, dépêcher des agents de l’Ofpra dans les hot spots, en Italie notamment, pour y instruire sur place les demandes d’asile », a-t-il réagi dans le Figaro.

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Depuis son arrivée au pouvoir en mai, le gouvernement français est sous le feu des critiques des associations de défense des migrants et du Défenseur des Droits pour sa politique d’accueil des migrants sur son sol.

Dans un nouveau rapport publié mercredi, Human Rights Watch dénonce l’usage « routinier » du gaz poivre par la police contre les migrants à Calais, y compris pendant leur sommeil, des accusations démenties par les autorités locales.

Dans ce contexte de défiance, le discours d’Emmanuel Macron à l’occasion d’une cérémonie de naturalisation à Orléans était très attendu, un mois après les propos du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb à Calais qui souhaitait ne pas laisser les migrants « s’enkyster » et éviter tout « appel d’air ».

« Aujourd’hui, le défi de l’Europe, c’est de tout faire pour se protéger et savoir accueillir celles et ceux que nous devons accueillir parce que leur vie est en danger, parce que ce sont des combattants de la liberté », a déclaré le chef de l’État.

« Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, des hommes, des femmes, dans les rues, dans les bois », a-t-il ajouté. « C’est une question d’humanité et d’efficacité. Je veux partout des hébergements d’urgence. »

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Pour Pierre Henry, directeur de France Terre d’asile, cela signifie qu’il faut créer de nouveaux centres de premier accueil dans les grandes villes, sur le modèle de celui de la porte de la Chapelle à Paris.

« Les mots du président impliquent donc un amendement du plan migrant, tel qu’il a été présenté il y a quinze jours. Sans nouveaux centres dans les grandes capitales régionales, ça ne peut pas fonctionner », a-t-il réagi dans Libération.

Reprenant une de ses promesses de campagne, le chef de l’État s’est une nouvelle fois engagé à réduire les délais de traitement des demandes d’asile et à fournir un « accueil digne ».

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