Macron veut continuer à discuter avec la Russie malgré l’affaire Navalny

Emmanuel Macron estime qu'il est "impossible d'avoir la paix et la prospérité en Europe, en particulier à nos frontières, si nous ne sommes pas en situation de négocier avec la Russie". Ici, une visioconférence avec Vladimir Putin, en juin 2020. [Michel Euler/epa]

Emmanuel Macron affirme qu’il est indispensable de continuer le dialogue avec Vladimir Poutine pour « la paix et la stabilité européenne » malgré l’emprisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, qu’il qualifie d' »énorme erreur ».

« Je pense que c’est une énorme erreur, même pour la stabilité de la Russie aujourd’hui », déclare le président français au cours d’une vidéoconférence avec l’Atlantic Council diffusée jeudi (4 février).

Emmanuel Macron avait déjà dénoncé mardi la condamnation « inacceptable » de l’opposant, car « un désaccord politique n’est jamais un crime », et appelé à sa « libération immédiate ».

Mais, dans l’entretien avec l’Atlantic Council, il défend sa politique de « réengagement » entre l’UE et la Russie qu’il promeut depuis le début de son quinquennat. Car, explique-t-il, « il est impossible d’avoir la paix et la prospérité en Europe, en particulier à nos frontières, si nous ne sommes pas en situation de négocier avec la Russie ».

« Je suis extrêmement lucide. Dans le court terme, notre capacité à avancer et à obtenir des résultats concrets est très faible. Mais notre devoir est de préserver ou de relancer ces canaux de discussion et ne pas prendre la responsabilité d’arrêter le dialogue », ajoute-t-il.

« Si vous engagez en permanence le dialogue, vous pouvez obtenir quelques résultats, ou au moins éviter des divergences plus sérieuses. Cela va prendre des années, peut être des décennies, mais nous devons le faire pour la paix et la stabilité de l’Europe », insiste Emmanuel Macron, qui avait reçu Vladimir Poutine dans la résidence présidentielle de Brégançon en août 2019, suscitant des réactions mitigées de certains partenaires européens.

Pourquoi l’affaire Navalny embarrasse Yves Rocher

À l’origine de la plainte initiale qui a conduit à l’arrestation et à l’emprisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny, le groupe morbihannais de cosmétique se retrouve au cœur de la tourmente et d’une publicité dont il se passerait bien. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Par ailleurs, le président français souhaite que les membres de l’Otan « clarifient » le rôle de l’Alliance atlantique « dans les prochains mois ou semaines », en appelant à une coordination plus efficace entre les Européens et les Américains à l’occasion de l’arrivée au pouvoir du président Joe Biden, mieux disposé sur ce dossier que son prédécesseur Donald Trump.

Il appelle à « préserver la coordination, forte et politique, avec les Etats-Unis afin de définir le concept politique de l’Otan » et à « maintenir l’interopérabilité de nos armées ».

Fin 2019, Emmanuel Macron avait provoqué une polémique internationale en jugeant que l’Alliance était en état de « mort cérébrale » avec le désengagement des Etats-Unis.

Le chef de l’Etat annonce aussi qu’il « va pousser pour un sommet du P5 dans les prochains mois » afin d’« essayer de recréer des convergences entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie). » « Nous avons totalement perdu l’efficacité de ce forum au cours des dernières années », ajoute le chef de l’Etat, qui avait plaidé en vain pour qu’il se réunisse en 2020 sur la crise du Covid-19.

Enfin, Emmanuel Macron se dit « très heureux » du changement de ton récent du président turc Recep Tayyip Erdogan souhaitant normaliser ses relations avec les Européens après des mois de tensions. « J’espère maintenant que nous allons obtenir des résultats » en Syrie, en obtenant « le retrait des troupes turques en Libye », au Nagorny-Karabakh ou en « faisant baisser la tension en Méditerranée orientale, où la situation semble s’apaiser ».

Les dirigeants de l'UE réclament la "libération immédiate" de Navalny

Les présidents des institutions européennes ont réclamé mardi (2 février) la libération immédiate de l’opposant russe Alexei Navalny.

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