L’objectif d’énergies renouvelables de 27 % devrait être revu à la hausse

Le rapport de l’IRENA affirme que les États membres disposent d’un potentiel suffisant d’énergies renouvelables pour atteindre un objectif de 34 % « rentable » d’ici 2030. [European Commission]

Selon une nouvelle étude de l’IRENA, l’Europe pourrait poursuivre un objectif plus ambitieux de 34 % d’énergies renouvelables pour 2030, tout en maintenant les coûts à un niveau abordable.

Un nouveau rapport de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) révèle qu’une exploitation plus complète des énergies renouvelables dans l’UE est l’un des éléments clés pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris.

En se basant sur les statistiques des États membres, l’IRENA a conclu que l’objectif de 27  % de renouvelables d’ici 2030 de la Commission européenne et du Conseil pouvait « être considéré comme une hypothèse prudente ».

Le rapport suggère que l’exploitation complète des ressources d’énergie propre européennes pourrait atteindre 33 %, ajoutant que si l’objectif de 30 % d’efficacité énergétique proposé par le Parlement européen était également mis en œuvre, les énergies renouvelables pourraient s’élever à 34 %.

L’agence insiste également sur le fait que cet objectif ambitieux serait « rentable » pour les États membres, faisant écho aux propos de la Commission l’année dernière lorsque Maroš Šefčovič, commissaire chargé de l’Union de l’énergie, a déclaré que l’objectif de 30 % était « abordable ».

La Commission révise timidement son objectif d'énergies renouvelables

La « chute impressionnante » des prix des renouvelables a persuadé la Commission européenne d’adapter ses projections énergétiques pour 2030, a indiqué Maroš Šefčovič, commissaire en charge de l’énergie.

L’étude indique qu’environ 20 milliards d’euros pourraient être économisés chaque année si l’objectif d’énergies renouvelables était revu à la hausse, ainsi qu’entre 15 et 58 milliards d’euros économisés dans les soins de santé pour des problèmes liés à la pollution.

Une étude de 2017 de l’Alliance pour la santé et l’environnement (HEAL) révèle en effet que les coûts de santé liés à l’utilisation des combustibles fossiles représentaient jusqu’à 600 % des subventions financées par des contribuables. De plus, les subventions du G20 en énergies fossiles s’élevant à plus de 324 milliards d’euros en 2014 ont généré plus de 1,6 trillion d’euros de frais de santé dans le monde.

Adnan Ami, le directeur général de l’IRENA, prévient donc que si l’UE ne prenait pas les « bonnes décisions financières maintenant », le bloc européen risquerait de se retrouver avec « de très importants actifs bloqués d’infrastructures énergétiques obsolètes ».

Les États membres visent actuellement 27 % de renouvelables d’ici 2030, un objectif fixé en 2014 qui est encore le pilier de la position commune du Conseil. Le paquet « énergie propre » de la Commission a choisi de s’en tenir à cet objectif, mais le rapport de l’IRENA prévient que « beaucoup de choses ont changé depuis lors dans le secteur de l’énergie ».

En janvier, le Parlement européen a décidé de modifier la proposition de la Commission pour inclure un objectif non contraignant de 35 %. Les trois institutions devraient se réunir pour négocier cette année et, à cette occasion, la Commission pourrait décider de revoir sa position.

Les pays cancres de la pollution de l’air seront fixés en mars

La Commission décidera en mars d’entamer ou non une procédure en justice contre les neuf États membres accusés d’avoir enfreint les seuils de pollution atmosphérique.

Miguel Arias Cañete, le commissaire chargé de l’action climatique, a soutenu les conclusions du rapport de l’IRENA, déclarant que « la forte baisse des coûts des énergies renouvelables nous permettra d’aller bien plus loin que l’objectif de 27 %, nous pourrions atteindre 34 % en 2030 ».

L’association WindEurope salue les résultats et souligne les emplois créés par le secteur des énergies renouvelables : « sans un objectif d’au moins 35 %, l’Europe passerait à côté de 92 milliards d’euros d’investissements et 132 000 emplois dans l’éolien ».

Le prix de l’énergie propre a suffisamment baissé fin 2017 pour tomber en dessous des coûts de nouvelles centrales nucléaires. Les PDG des fournisseurs avaient par ailleurs prévu que les infrastructures solaires et éoliennes deviendraient moins chères que les centrales à charbon d’ici 2020.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.