Les députés britanniques commencent à soutenir Theresa May

La Première ministre britannique Theresa May [Handout photo/EPA/EFE]

Les parlementaires britanniques se sont mis d’accord pour laisser à Theresa May plus de temps pour travailler sur l’accord de retrait, après que la Première ministre a accepté le report de la date du Brexit.

Au total, 502 parlementaires sur 522 ont voté en faveur du projet de Theresa May. Ce changement radical survient à la suite de la menace de révolte des ministres qui craignent une sortie britannique catastrophique et sans accord le 29 mars.

Theresa May essaie encore de modifier l’accord de retrait conclu avec l’UE l’an dernier, avec l’espoir que cela suffise à ce que la Chambre des communes l’approuve. Si elle ne parvient pas à obtenir ces modifications, Theresa May a promis aux députés qu’un vote serait prévu les 13 et 14 mars pour décider de quitter l’Union sans accord ou de demander un report.

Les négociations du Brexit pourrait être décalées de trois mois

Les députés britanniques devraient voter un report de trois mois du Brexit, normalement prévu pour la fin du mois de mars.

« Nous voulons arriver à ces changements juridiquement contraignant afin de pouvoir proposer un accord à la Chambre des communes, et de quitter l’UE le 29 mars avec un accord », a-t-elle déclaré.

Toute décision de report devra être approuvée par les 27 autres États membres, et les dirigeants européens ont accepté d’examiner toutes les demandes du Royaume-Uni. Certains d’entre eux ont toutefois questionné l’utilité d’un tel report si les parlementaires britanniques ne parviennent pas à se mettre d’accord sur le Brexit.

« Nous n’avons pas besoin de plus temps, mais d’une décision », a déclaré le Président français, Emmanuel Macron, après sa rencontre à Paris avec la chancelière allemande, Angela Merkel. À Paris, le Premier ministre, Pedro Sánchez, a déclaré que « bien que l’Espagne ne s’oppose pas un éventuel report, celui-ci devra garantir une solution. »

Droits des citoyens européens

Theresa May avait précédemment exclu tout report du Brexit, et ce même après que son accord (traitant des droits des citoyens, de l’accord financier et d’une période de transition pour la frontière irlandaise) soit catégoriquement rejeté par les députés au mois de janvier.

Son changement de décision avait suscité l’indignation des Brexiters radicaux à la tête du parti conservateur. L’influent député eurosceptique Jacob Rees-Mogg avait déclaré que « toute tentative de différer le Brexit est un complot pour empêcher le Brexit ». 20 conservateurs se sont opposés à la Première ministre à l’occasion du vote principal de mercredi, et de nombreux autres se sont abstenus de voter. Ce changement de décision a également suscité l’opposition des pro-européens qui craignent un Brexit sans accord et le chaos économique qui s’en suivrait.

Dans un rare moment d’unité, les députés britanniques ont rappelé l’importance de protéger les droits des 3.6 millions d’Européens en terre britannique et du million de britannique résidant en Europe en cas de Brexit sans accord. Les députés n’ont pas voté, mais ont soutenu l’idée d’un amendement qui inciterait le gouvernement à préserver au mieux les droits des expatriés comme précisé dans l’accord de retrait, et ce quoi qu’il arrive.

Le gouvernement de Theresa May, qui avait déjà exprimé sa volonté de protéger les droits des citoyens européens résidant au Royaume-Uni, a accepté d’adopter une approche conjointe en la matière avec l’UE.

Le hard Brexit, un divorce particulièrement pénible pour certaines régions

Alors que la date du Brexit approche, les secteurs économiques tentent de s’organiser. Certaines zones d’Irlande, de la France, de l’Allemagne risquent d’être les pays les plus touchés.

Un nouveau référendum ?

L’opposition à l’accord conclu en décembre, après presque deux ans de négociations entre Bruxelles et Londres, s’est centrée sur la question du filet de sécurité irlandais, censé éviter le retour d’une frontière entre les deux Irlandes.  Theresa May cherche à obtenir des garanties juridiques concernant la nature de cet accord, mais les députés conservateurs craignent que celui-ci ne force le Royaume-Uni à rester dans une union douanière avec l’UE.

Le parti d’opposition Labour voulait quant à lui créer une nouvelle union douanière avec l’UE après le Brexit, mais 323 députés sur 563 ont voté contre ce projet mercredi soir. Le chef de file du parti, Jeremy Corbyn, a radicalement changé sa position cette semaine en appelant à la possibilité d’un deuxième référendum. Après la défaite de mercredi, il avait déclaré : « Nous devrons passer par un votre public pour empêcher le Brexit catastrophique des conservateurs ou le désastre qu’occasionnerait un Brexit sans accord ».

Le parti travailliste a toutefois déclaré qu’il continuerait « à se battre pour mettre en œuvre d’autres solutions qui empêcheraient ces scénarios catastrophiques, notamment via le maintien d’une bonne relation commerciale basée sur des élections ou sur une alternative crédible. » 324 députés sur 612 ont également voté contre une proposition du Parti national écossais en faveur d’un Brexit sans accord.

May diffère encore «l'heure de vérité» pour le Brexit

Theresa May a repoussé le vote sur le Brexit au 12 mars et espère décaler de deux mois la sortie de l’UE. L’opposition lui reproche de jouer la montre, alors que le Brexit est toujours prévu pour dans 32 jours.

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