Le basque et le gaélique luttent pour leur survie

Le protocole de Donostia espère lutter contre les discriminations linguistiques. [Ferran Suay]

Les ambassadeurs de 25 langues européennes minoritaires, dont la langue basque, ont signé un protocole garantissant les droits linguistiques. Un article d’EURACTIV Espagne.

Kontseilua, une plateforme rassemblant des associations de développement du basque, a établi un protocole garantissant les droits linguistiques. Le document, intitulé protocole de Donostia (le nom basque de San Sebastián), propose 185 mesures concrètes de promotion de l’égalité linguistique.

L’objectif du protocole est de mettre en vigueur la déclaration universelle des droits linguistiques, adoptée en 1996 par l’UNESCO, qui aurait dû servir de cadre la formulation de stratégie afin de permettre la survie des langues « désavantagées ».

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Plus de cent ambassadeurs ont signé le protocole de Donostia. Si la plupart des organisations signataires œuvrent à la défense du basque, le document représente 25 langues minoritaires européennes. Ces organisations appellent à des mesures dans les domaines éducatif, socio-économique, médiatique et des nouvelles technologies, afin de permettre aux locuteurs des langues moins parlées d’utiliser leur langue maternelle dans tous les aspects de leur vie.

Dans de nombreux endroits en Europe, les droits linguistiques ne sont pas garantis, insiste Paul Bilbao, secrétaire général de Kontseilua. C’est le cas par exemple dans la région espagnole de Navarre, où les Basques ne peuvent passer leur permis de conduire dans leur langue, ou encore en Écosse, où il est impossible de fréquenter une école secondaire en gaélique d’Écosse.

« Ces situations sont fréquentes, et le protocole propose des mesures qui les supprimeraient », explique-t-il.

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Xabier Paya, directeur du programme culturel de San Sebastián pour 2016, estime également que la diversité linguistique est une « ressource » à défendre, et avertit que pour « retrouver la santé », les langues régionales doivent être préservées. « Sans multilinguisme, il ne peut y avoir de cohabitation », a-t-il conclut.

« La clé du succès de ce protocole a été la participation », assure Paul Bilbao, « nous avons montré que bien que nous soyons peu, si nous nous unissons, nous pouvons y arriver. »

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